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Iran. Le durcissement de la position de Téhéran étouffe tout espoir en un compromis diplomatique lors des discussions avec les Européens prévues le 18 janvier. Une saisine du Conseil de sécurité semble l’ultime recours.

Négociations à bout de souffle

L’Occident lance des cris de menaces et Téhéran poursuit son chemin. La situation ressemble, en fait, à un dialogue de sourds. Ce qui réduit fort les chances du succès des discussions du 18 janvier entre Européens et Iraniens.

Cette semaine, la République islamique a une fois de plus scandalisé la communauté internationale en affirmant qu’elle va reprendre le 9 janvier ses recherches nucléaires suspendues il y a deux ans. Et cela bien que les pays occidentaux l’aient avertie qu’elle compromettrait ainsi les efforts pour trouver un compromis diplomatique à la crise nucléaire. « Cette décision n’est pas négociable », a tranché le président iranien ultraconservateur, Ahmadinejad, lors d’un discours dans la ville sainte de Qom, ajoutant que « la nation et le gouvernement iraniens défendront le droit à la recherche et à la technologie nucléaires ». Un discours qui a été fort salué dans la foule aux cris : « Ahmadinejad, notre héros, nous te soutenons ».

Passant à l’acte, l’Iran s’est déclaré, dimanche matin, prêt à lever les scellés de centres de recherches nucléaires, sous la supervision des inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), qui se trouvent à Téhéran, contre l’avis de l’agence. « Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique se trouvent à Téhéran pour lever les scellés des centres de recherches », a déclaré Hossein Entezami, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, en charge du dossier nucléaire. Pour calmer un Occident inquiet, M. Entezami a ajouté : « Nos activités de recherche seront sous le contrôle et sous le regard des caméras de l’agence ». Pourtant, un porte-parole de l’AIEA a toutefois déclaré que les inspecteurs se trouvaient en Iran pour une mission de routine et que l’agence n’avait « toujours pas reçu de clarification » sur les intentions iraniennes.

Déjà, un coup de théâtre a eu lieu jeudi à Vienne, où une délégation iranienne venue expliquer à l’AIEA la reprise de recherches nucléaires sensibles en Iran, a rebroussé chemin pour Téhéran sans finalement rencontrer les experts onusiens. « La délégation est arrivée de Téhéran puis est repartie de Vienne sans explications », a déclaré un responsable de l’AIEA. Ce geste est un signe de plus de l’indifférence iranienne quant aux pressions occidentales. Déjà, le directeur de l’AIEA, Mohamad Al-Baradei a demandé, la semaine dernière, à connaître précisément quelles activités technologiques l’Iran veut reprendre ces jours-ci.

Nouveau défi. Le président iranien ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad, a lancé, jeudi, une nouvelle diatribe contre Israël, alors que le premier ministre israélien, Ariel Sharon, était hospitalisé dans un état grave. « Pourquoi imposeriez-vous un régime aussi méchant et corrompu sur les nations de la région, à moins que l’Holocauste soit un grand mensonge historique ? », a dit le président à l’adresse des pays occidentaux. Le président iranien a également exprimé l’espoir qu’Ariel Sharon avait « rejoint ses ancêtres ». « J’espère que le criminel de Sabra et Chatila a rejoint ses ancêtres, et si Dieu le veut, les autres vont aussi le rejoindre bientôt », a dit le président.

Tout ce déluge de défis intervient alors qu’une importante délégation russe, dirigée par Valentin Sobolev, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale et comprenant le vice-ministre des Affaires étrangères Serguei Kislyak, menait à Téhéran des discussions avec les responsables iraniens sur le plan de Moscou visant à transférer en Russie les activités d’enrichissement iraniennes. Le plan russe, qui a le soutien des Européens et des Etats-Unis, propose à Téhéran de transférer en Russie les activités d’enrichissement iraniennes. Ces dernières semaines, les responsables iraniens ont soufflé le chaud et le froid à propos du plan russe, déclarant dans un premier temps que l’Iran pouvait l’envisager, avant d’insister sur le droit de l’Iran à faire de l’enrichissement sur son propre sol.

Dimanche matin, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi, a semé un brin d’espoir en une percée diplomatique de la crise en affirmant que « le processus des négociations en cours entre l’Iran et la Russie sur l’enrichissement d’uranium iranien est positif ». Mais comme l’a rappelé M. Assefi, « différents plans sont à l’étude, l’essentiel étant que les droits de l’Iran soient respectés ».


Mises en garde occidentales

Pour l’Occident, cette attitude arrogante de l’Iran constitue un point de non-retour qui impliquerait une saisine du Conseil de sécurité des Nations-Unies, implicitement prévue dans une résolution adoptée fin septembre par le conseil des gouverneurs de l’AIEA. Samedi, l’Union Européenne (UE) a une nouvelle fois demandé à l’Iran de maintenir la suspension de ses activités de recherche nucléaire, sous peine de « compromettre » la reprise des négociations le 18 janvier à Vienne. « L’UE engage l’Iran à ne pas prendre cette mesure, qui constituerait une violation tant de la lettre que de l’esprit de résolutions adoptées par l’AIEA sur le programme nucléaire iranien », a déclaré la présidence autrichienne de l’UE. Berlin, Londres et Paris ont averti, de leur part, Téhéran que toute reprise des recherches remettrait sérieusement en cause la poursuite des discussions avec l’UE-3 (Allemagne- France-Grande-Bretagne), en principe le 18 janvier en Autriche. « Les dernières annonces de l’Iran sont inutiles et provocatrices », a déclaré un porte-parole du Foreign Office. « Une reprise de l’enrichissement de l’uranium aggraverait sérieusement la situation », a-t-il mis en garde.

Quant à la réaction américaine, elle était la plus virulente. Commentant la nouvelle diatribe iranienne contre Israël, le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack, a déclaré : « Les propos du président iranien concernant le premier ministre israélien, Ariel Sharon, sont odieux et répugnants », a-t-il estimé vendredi. « Une fois encore, cela montre la vraie nature du gouvernement iranien actuel. Voici un homme (Ahmadinejad) qui se drape lui-même dans le manteau d’un Islam pacifique », a-t-il ajouté. Plus menaçante encore, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, a averti, vendredi, que Washington saisirait le Conseil de sécurité de l’Onu si Téhéran persistait dans sa décision de reprendre les recherches nucléaires sensibles. « Les Iraniens ne devraient pas le faire, parce que ce serait alors le signe qu’ils ne sont pas véritablement disposés à régler le dossier par la voie diplomatique », a dit Mme Rice, tout en refusant de donner l’éventuel calendrier d’une saisine du Conseil de sécurité.

L’Iran a suspendu en 2003 une partie de son programme sur le combustible nucléaire dans le cadre des négociations avec l’UE-3. Ces négociations ont été interrompues en août après que l’Iran eut repris ses activités de conversion d’uranium d’Isphahan dans le centre du pays. Depuis cette date, les relations entre l’Iran et l’Europe sont sur une pente très difficile. Selon les experts, l’attitude défiante de Téhéran est le signe que les négociations avec l’UE ne sont plus porteuses d’espoir .

Maha Al-Cherbini
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