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Libéralisation . Le nouvelle configuration de l’échiquier politique en 2005 aura pour effet une accélération de l’ouverture économique.
La voie est résolument ouverte

La politique économique du régime de Moubarak se caractérise depuis 1990 par une tendance vers le libéralisme économique. C’est du moins ce qui ressort du discours officiel. Ce passage a suivi la décennie 1980, marquée par un certain retour de l’étatisme avec son accent mis sur le rôle de l’Etat dans la production et sur la planification économique. La poussée libérale du début des années 1990 a coïncidé avec une certaine croissance économique due aux retombées de la guerre du Golfe qui a généré beaucoup de flux financiers à un Etat presque en faillite. Cette poussée et cette croissance ont atteint leur limite à la moitié des années 1990. Depuis lors, l’économie égyptienne sombre dans la récession. L’arrivée du gouvernement Nazif en 2004 a entamé une reprise du passage vers le libéralisme économique. L’équipe économique est constituée de personnes connues comme à « l’extrême droite » du régime en place. Derrière elles, pour les appuyer, il y a le fils du président, chef du Comité des politiques au sein du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) et chef d’orchestre (dit-on) du cap actuel vers le libéralisme. Le gouvernement a effectivement fait quelques pas sur la voie de la libéralisation : accélération de la privatisation, libéralisation du commerce extérieur par le biais de la baisse des taxes douanières et réforme fiscale réduisant l’imposition sur les entreprises.

L’accélération de la libéralisation économique qui prendra lieu actuellement est différente de celle des années 1990. L’Egypte se caractérise actuellement par un niveau de mobilisation politique sans précédent depuis l’arrivée de Moubarak au pouvoir en 1981. Sous des pressions externes et internes, le régime a dû créer une certaine ouverture dans l’espace politique à l’opposition. Ouverture que les Frères musulmans ont occupée. Mais la succession à la présidence reste ambiguë. Le régime semble plus faible aujourd’hui par rapport au début des années 1990. Le principe de la priorité des réformes économiques et le report des réformes politiques a été contesté à l’intérieur comme à l’extérieur. Le régime a fini par accepter le principe que les réformes économiques doivent être associées à des réformes politiques, même s’il fait des manœuvres pour stériliser ces dernières.

L’affaiblissement du régime aura-t-il l’effet de faciliter ou d’entraver la libéralisation de la politique économique ? Cet affaiblissement a été au profit des islamistes qui ont remporté autour de 20 % des sièges au Parlement. Ceux-ci sont réputés pour adopter un certain libéralisme avec une coloration islamique. La sainteté de la propriété privée est un principe de base chez les islamistes. D’autant plus que des études entreprises récemment sur ce courant ont montré une tendance néolibérale forte chez les néo-islamistes (comme Amr Khaled) et également, quoique moins fort, chez les Frères. Certaines sensibilités chez les Frères adoptent un discours plus libéral que les faucons du libéralisme au sein du régime, dont Youssef Boutros-Ghali, ministre des Finances. Mais la question pour les Frères n’est pas aussi facile que ça. Ils ont une base sociale chez les fonctionnaires. En outre, les indicateurs primaires montrent qu’une bonne partie des votes pour la confrérie dans les dernières élections provient des couches sociales modestes. Les Frères subissent des pressions donc pour adopter un discours social. Néanmoins, les Frères semblent confiants de pouvoir régler les contradictions pouvant émerger dans cette organisation constituée des sensibilités sociales différentes.

Selon Abdel-Moneim Aboul-Fotouh, membre du bureau de guidance de la confrérie, les Frères ont la capacité de mettre en application des réformes radicales réduisant le nombre des fonctionnaires d’Etat au tiers, même si cela ira contre les intérêts d’une couche des Frères ou de leurs sympathisants. Le camp du libéralisme économique sera beaucoup plus appuyé si les islamistes y prennent place.

Au moment où les islamistes ont fait une percée dans le Parlement, la gauche a vu ses sièges diminuer pour atteindre seulement deux et un nassérien en plus. En outre, les élections législatives de cette année ont apporté au Parlement un nombre élevé d’hommes d’affaires qui ont investi massivement des millions de L.E. afin de gagner des sièges. En effet, l’appropriation du secteur privé d’un pourcentage ascendant de ressources économiques lui donne la possibilité de traduire cela par un pouvoir politique. Avec un tel Parlement et un tel contexte politique, il faut s’attendre à une accélération de la libéralisation économique.

Samer Solimane

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L’homme qui a révolutionné Doubaï
Doubaï a fait cette semaine ses adieux au souverain cheikh Maktoum bin Rached Al Maktoum, 62 ans, qui a transformé cette cité portuaire tranquille en un géant économique régional souvent comparé aux Tigres asiatiques. Son empreinte reste indélébile sur l’économie. Doubaï est ainsi devenue la ville de tous les excès et le tigre économique régional avec une croissance phénoménale de 16 % en 2005. Il s’agit sans doute d’un record mondial. Cette croissance météorique est en réalité le résultat d’une stratégie de développement à marche forcée lancée il y a une vingtaine d’années par l’ancien homme fort de l’émirat et nouveau souverain, cheikh Mohamad bin Rached Al Maktoum. De même, le Produit Intérieur Brut (PIB) a plus que triplé en dix ans, pour atteindre 136 milliards de dirhams (37 milliards de dollars).

Les revenus du secteur pétrolier se sont accrus de 18 % grâce à l’envolée des cours. Doubaï est devenue également un centre touristique non seulement régional, mais mondial. Ce boom économique, sans équivalent dans la région, a fait de Doubaï une sorte d’eldorado pour les pays d’Asie du sud-ouest, notamment l’Inde et le Pakistan.

 

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