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Le tsunami qui nous attend
Salama A. Salama

Selon le ministère de l’Intérieur, le jeune homme qui a commis l’explosion d’Al-Azhar est un étudiant en ingénierie dont l’âge ne dépasse pas 18 ans. Il n’appartiendrait à aucun groupe ou organisation extrémiste et les disquettes trouvées chez lui dévoilent une personnalité introvertie s’abreuvant d’idées islamistes diffusées sur Internet. Il n’aurait aucune relation en dehors de sa petite famille et de son monde limité à une ruelle, une maison quasi effondrée et une vie très modeste.

Un jeune homme très doué qui a bien réussi ses études aurait donc décidé de commettre un attentat suicide qu’il aurait préparé seul sans exécution d’ordres d’un chef ou autre émir de groupe. Ce terroriste en herbe n’a pas fait l’objet d’une opération de lavage de cerveau qui lui aurait inculqué des convictions et des idées perverses. Nous avons toujours pensé que l’extrémisme était diffusé par des groupes fondamentalistes extrémistes, par certains programmes télévisés, par des cassettes et des livres religieux, ou dans de petites mosquées. Il faut prendre en considération que la crise dont souffrent les jeunes en Egypte et dans le monde arabe en général a atteint un degré de complexité tel que le danger est imminent.

A mon avis, nous sommes face à un phénomène que l’on peut appeler « l’étouffement intellectuel et social » de la jeunesse. C’est-à-dire que des idées obsédantes prennent possession de leurs esprits et de leurs états d’âme ; ils sont ainsi en quête de solutions individuelles, puisque toutes les portes du dialogue, de l’interrogation et du droit à la critique sont closes. Il n’y a donc pas moyen de s’exprimer, de se défouler ou de s’enfuir de la cage étroite de la maison et de la mosquée que de recourir aux sites électroniques radicaux. Cette jeunesse est laissée pour compte, elle fait les frais de procédures répressives, d’arrestations pas toujours justifiées et de torture pratiquée de façon systématique. C’est un rideau noir qui se dresse face à la jeunesse qui devient une proie rêvée pour la pensée terroriste qu’elle soit individuelle ou collective.

Les jeunes en Egypte dont le taux dépasse 30 % de la population vivent un état de blocage psychique et politique et sont exposés à des pressions économiques et sociales qui créent un environnement idéal au déchaînement de la violence et à l’escalade du terrorisme.

Il ne leur est pas permis de se faire entendre par l’intermédiaire de voies pacifiques à cause du monopole du pouvoir. Et alors que l’élite politique, les partis de l’opposition et les organismes de la société civile sont très occupés à prouver leur existence, ignorant totalement les jeunes pour les laisser se transformer avec le temps en véritable tsunami qui surgira sans crier gare des profondeurs des sociétés arabes avec tous leurs déséquilibres politiques et sociaux. Il semble que c’est le cas du jeune homme qui a commis l’attentat d’Al-Azhar, et qui nous a tellement surpris.

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