Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Kiosque

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie
Carrefour
de Mohamed Salmawy
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Kiosque. Condamné à cinq ans de prison pour falsification de documents officiels, l’opposant Aymane Nour, chef du parti Al-Ghad, défraie la chronique dans la presse cette semaine.

Manchettes de soutien à Nour

La condamnation d’Aymane Nour a fait beaucoup de bruit sur la scène politique égyptienne. La presse arabe et égyptienne n’a pas hésité à parler de « vengeance », de « jugement inéquitable », d’« atteinte aux droits de l’homme », de « scandale ». Tous les termes les plus forts étaient permis à l’issue du procès de Nour pour falsification de documents officiels. « Ce verdict est un obstacle sur le chemin du processus de démocratisation de l’Egypte », « Le procès de Nour est purement criminel », « Le scénario américain de Saadeddine Ibrahim se répète avec Aymane Nour », « Mystère autour de l’avenir d’Al-Ghad après la condamnation de Nour », « La condamnation de Nour : un jugement très violent », a notamment titré la presse. « Le régime se venge de Nour en le condamnant à cinq ans de prison », a titré en une et en rouge l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi.

Dans son éditorial du quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom, Magdi Mehanna compare même la condamnation d’Aymane Nour à celle de Saadeddine Ibrahim, condamné en 2001 à sept ans de prison. Sa condamnation avait suscité la protestation des pays occidentaux, avant d’être cassée en appel.

« Le gouvernement égyptien n’avait nullement besoin de tout cela, de ce problème qui s’appelle Nour ... le résultat sera plus de pressions et le procès se transformera — si ce n’est pas déjà fait — en procès des libertés et des droits de l’homme », ajoute Mehanna. Mais s’agit-il uniquement de falsification de documents officiels ? « Non », affirme Mehanna, qui ajoute que « Nour paye le prix de son opposition virulente au régime et ses grandes ambitions politiques. Comment ce petit Nour ose-t-il concurrencer Moubarak, ou encore promettre la défaite à son fils Gamal aux prochaines élections présidentielles ? ».

Sous le titre « Les plumes et les jugements », Abdallah Kamal s’interroge, dans son éditorial de Rose Al-Youssef : « L’indépendance de la justice s’obtient-elle par petits bouts, et selon l’humeur de certains ? N’oublions pas qu’il n’existe aucune relation entre la cour de justice d’une part et la politique d’autre part. Les jugements émanent directement de la loi ».

Certains commentateurs mettent en avant la politique de deux poids deux mesures de la justice.

Mais que va devenir Aymane Nour ? Disparaîtra-t-il de la vie politique ? Mohamad Al-Chébh répond dans le quotidien Nahdet Misr : « Je crois que la prison pour une personne comme Nour le transformera en héros populaire. (...) Les Egyptiens oublieront tout, il ne restera que les sentiments envers un homme incarcéré qui faisait un jour la une des journaux (...). Nous sommes pour une justice juste, mais contre les deux poids deux mesures ». Même les plus forcenés des opposants à Nour s’interrogent dans Nahdet Misr : « Pourquoi ne mettons-nous pas les autres corrompus de la vie politique derrière les barreaux ? Pourquoi l’Etat ne juge-t-il pas tous ceux qui sont coupables de fraudes lors des élections et qui ont pratiqué la violence et la baltaga, et ont ainsi déformé le processus démocratique en Egypte ? Ces crimes ne sont-ils pas bien plus graves que ceux commis par le chef du parti Al-Ghad ? ».

L’hebdomadaire Al-Osboue, qui consacre une page entière au jugement de Nour, met l’accent sur les réactions : « Protestations intérieures et extérieures contre l’incarcération de Nour ». Et Al-Osboue n’hésite pas à parler de « fin dramatique pour le procès de Nour ». « Beaucoup d’énigmes dans le procès de Nour resteront sans réponses, même après le verdict », ajoute Al-Osboue.

Dans la presse arabe, le quotidien paraissant à Londres Al-Hayat affirme que « la justice égyptienne punit Aymane Nour en le condamnant à cinq ans de prison ». Alors que le quotidien saoudien Al-Charq Al-Awsat annonce sur un ton ironique que « la séance a duré cinq minutes, et l’annonce du jugement deux minutes. (...) De leur côté, les Etats-Unis durcissent le ton en se disant préoccupés et inquiets »

Hoda Ghali
Retour au sommaire

Voie escarpée

L’ancien dictateur Saddam Hussein en procès, des attentats sanglants, des détenus torturés et trois élections, autant d’images fortes de l’Iraq en 2005, un pays qui hésite entre le chaos et l’espoir.

Le nouveau pouvoir, dominé par les chiites et les Kurdes, est en brouille avec la plupart de ses voisins arabes, gouvernés par des sunnites, auxquels il reproche de ne rien faire pour l’aider à contenir la rébellion qui ensanglante le pays. Loin de refluer, la violence a empiré en 2005, avec des attentats spectaculaires. La plupart de ces attentats ont été revendiqués par le groupe Al-Qaëda en Iraq du Jordanien Abou-Moussab Al-Zarqaoui, qui a déclaré une « guerre totale » aux membres de la communauté chiite majoritaire. Cet homme, dont la tête est mise à prix par les Américains pour 25 millions de dollars, reste insaisissable. D’aucuns en Iraq disent douter de son existence.

La découverte d’au moins un centre secret de tortures du ministère de l’Intérieur et l’implication présumée de miliciens chiites dans les mauvais traitements de détenus sunnites ont ravivé la crainte d’une guerre civile. Certains, d’ailleurs, n’hésitent pas à parler d’une guerre civile non déclarée entre sunnites et chiites.

Mais le pays ne s’est pas désintégré comme le prédisaient les plus pessimistes. Il a progressé sur le chemin de la transition politique, avec des élections générales au début de l’année, un référendum sur une Constitution permanente en octobre et des législatives le 15 décembre dernier. Ces dernières se sont cependant soldées par un vote communautaire, un risque pour la réconciliation dans le pays. Ainsi, les partis ont fait le plein des voix au sein de leurs propres communautés, tandis que la liste laïque de l’ex-premier ministre chiite, Iyad Allaoui, semble échouer à transcender les clivages entre communautés.

Iraqiens et Américains espèrent toutefois voir engager le pays sur la voie de la stabilité, d’autant plus que les Arabes sunnites ont participé à la dernière consultation. L’espoir d’une stabilisation de l’Iraq a ouvert la voie au débat sur le retrait des forces étrangères, principalement américaines, qui pourrait intervenir fin 2006. Pour le moment, Washington et Londres le subordonnent à la formation et à l’augmentation des forces de sécurité iraqiennes, un thème majeur, au plan intérieur. Les Arabes sunnites l’appellent de leurs vœux, alors que les autres craignent une catastrophe en cas de retrait précipité .

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631