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Énergie . Le dernier rapport de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) annonce, à l’horizon 2030, une croissance considérable de la part du Moyen-Orient dans la production et l’exportation du pétrole. De quoi inquiéter les pays consommateurs. Explications.

Pas d’alternative
au pétrole du Moyen-Orient

Bonne nouvelle pour les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (Mena). Les prévisions par rapport à la demande internationale du pétrole montrent une hausse de cette demande et une augmentation de la part du Moyen-Orient dans la production du brut pour atteindre 44 % de la production mondiale en 2030 contre 35 % actuellement. Autre bonne nouvelle : le prix du baril atteindra 64 dollars en 2030.

Ces annonces positives pour la région provoquent néanmoins du souci chez les pays développés car l’inquiétude domine dans le ton du dernier rapport de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) qui a fait état d’une inquiétude provenant, en partie, des situations politiques incertaines dans cette région tourmentée par plusieurs conflits menaçant la sécurité de l’approvisionnement. Rappelons que cette agence ayant son siège à Paris représente les intérêts des pays consommateurs de pétrole. C’est l’autre pôle qui doit contrebalancer l’Organisation des Pays Exportateurs du Pétrole (OPEP).

Le rapport note que la majeure partie des réserves mondiales restantes se trouve dans les pays du Mena. Elles sont relativement sous-exploitées et suffisent pour répondre à la demande mondiale croissante du prochain quart de siècle et au-delà. Cependant, la fraction de l’augmentation prévue des approvisionnements qui sera disponible pour l’exportation est un paramètre extrêmement incertain. Cela dépendra du rythme auquel les investissements se concrétiseront dans le secteur pétrolier de la région, et également de la consommation interne de l’énergie dans une région qui connaît un taux élevé de croissance démographique. A l’horizon de 2030, la région du Mena représentera 7,5 % de la demande mondiale d’énergie primaire, soit deux points de plus qu’à présent. En dépit de la croissance rapide de la consommation d’énergie dans la région du Mena, la consommation par habitant prévue pour 2030 représentera encore tout juste la moitié du niveau actuel de cette consommation dans les pays de l’OCDE (Organisation de la coopération et du développement économique, qui regroupe les pays occidentaux).

Quant au gaz naturel, le rapport indique que celui-ci prendra le pas sur le pétrole après 2020 et deviendra ainsi la principale source d’énergie destinée à la consommation intérieure, sous l’effet des politiques visant à dégager du pétrole pour l’exportation. La production de gaz de la région du Mena devrait s’accroître encore plus vite que celle de pétrole, jusqu’à tripler durant la période de projection, pour atteindre 1 210 milliards de mètres cubes en 2030. Cet essor est plus rapide que dans presque toutes les autres grandes régions du monde. Les recettes pétrolières et gazières totales de la région du Mena devraient passer de quelque 310 milliards de US$ en 2004 à 360 milliards de US$ en 2010 et à 635 milliards de US$ en 2030.

Doublement du volume d’investissement annuel

Par ailleurs, en 2030, la planète consommera 16,3 milliards de tonnes d’équivalent pétrole, soit 5,5 milliards de plus qu’aujourd’hui. Plus des deux tiers de la progression de la consommation mondiale d’énergie seront imputables aux pays en développement, où la croissance économique et l’essor démographique sont les plus vifs. Le rapport plaide pour une augmentation de l’investissement dans le secteur pétrolier des pays MENA, au risque de voir les bilans énergétiques mondiaux radicalement modifiés. Depuis quelques années, l’investissement mondial destiné aux capacités de production et de raffinage est en perte de vitesse par rapport à la progression de la demande, ce qui pousse les prix pétroliers à la hausse. Les prévisions optimistes du rapport indiquent un doublement du volume d’investissement annuel dans les pays du Mena.

Le rapport encourage aussi le recours à des mécanismes plus efficaces pour l’échange d’informations entre producteurs et consommateurs de pétrole, ainsi que pour un dialogue approfondi entre eux. Aux préoccupations des pays consommateurs au sujet de la sécurité des approvisionnements font écho celles des pays producteurs concernant la sécurité de la demande. Les premiers poursuivront leurs efforts afin de diversifier leur palette énergétique, tandis que les pays producteurs chercheront sans cesse à diversifier leurs économies.

Samer Soliman

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« L’Egypte est un pays stable sur lequel on peut compter »

Entretien avec Jean-François Cirelli, président-directeur général de Gaz de France.

Al-Ahram Hebdo : Quelle est l’activité principale de Gaz de France en Egypte ?

Jean-François Cirelli : Gaz De France (GDF) achète à l’Egypte du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) à une valeur de 500 millions d’euros par an sur 20 ans, soit un montant total qui dépasse les 10 milliards d’euros. Cela selon un contrat signé en 2002 portant sur une quantité annuelle de 4,8 milliards de m3 de gaz, soit la totalité de la production de l’usine d’Idku (gouvernorat d’Alexandrie), construite et mise en opération par Egyptian LNG. Les actionnaires d’Idku sont le britannique BG, le malaysien Petronas, les compagnies égyptiennes EGPC et EGAS, et Gaz de France. Cette transaction a fait de l’Egypte l’un des plus grands fournisseurs de Gaz de France avec 10 % de son approvisionnement. Il s’agit de la plus grande transaction qui ait jamais eu lieu entre les deux pays. Gaz de France prévoit également de livrer le GNL égyptien à son futur terminal de Fos Cavaou, près de Marseille (France), qui sera mis en service en 2007. Par ailleurs, on a remporté un contrat pour l’exploration et l’extraction du gaz dans la région de l’ouest de Borollos (nord de l’Egypte). Gaz de France mènera une inspection sismique dans les eaux profondes de la région l’année prochaine. Et on doit forer notre premier puits en 2007.

— Cependant, les investissements de Gaz de France en Egypte sont limités ; avez-vous un plan pour élargir vos investissements dans l’avenir ?

— Il est vrai que nos investissements en Egypte sont presque négligeables. On n’investit que 15 millions de dollars à Idku. Alors que nos investissements dans le domaine de l’exploration sont de 8 millions de dollars qui vont arriver à 10 ou 15 millions de dollars. Mais il faut savoir qu’en général les investissements dans le domaine de l’exploration ne sont pas énormes. Quand on arrivera à découvrir du gaz naturel, on injectera de plus gros investissements dans le domaine de la production et de la construction de pipe-lines. On étudie actuellement la possibilité de construire de nouveaux pipe-lines à Damiette et Idku. En outre, nous sommes prêts à franchir un autre pas dans le domaine de l’exploration et de l’extraction du gaz naturel en Egypte l’année prochaine.

— L’Egypte et d’autres pays de la région commencent à remplacer le pétrole par le gaz naturel, ce qui leur permet d’exporter une plus grande partie de leur production. A quel point l’Egypte pourra-t-elle assumer le coût de cette opération ?

— Ce qui est clair est que le marché du gaz est un marché en très forte expansion partout dans le monde, en Europe comme ailleurs. Et donc on doit développer ce marché au cours des années qui viendront. Quant au marché du pétrole, c’est moins le cas puisque aujourd’hui dans nos pays consommateurs il y a une politique pour réduire la place du pétrole dans les moyens de transport et dans les logements pour des raisons relatives à l’environnement. Je crois en tout cas que pour les pays qui ont la chance d’avoir du gaz comme l’Egypte, c’est un facteur supplémentaire de meilleure valorisation de son potentiel gazier. Donc, le mouvement que nous observons dans le monde de l’énergie est dans son intérêt.

— Selon un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie sur la région du Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord), la part du Moyen-Orient dans la production du brut est en augmentation. Ce qui fait que le monde dépendra davantage de cette région qui souffre d’instabilité politique ...

— Oui, l’Europe en tout cas est peu producteur en énergie. Mais heureusement elle peut utiliser des sources d’énergie d’autres continents. Je crois qu’il est important de renforcer les liens qui existent entre l’Europe et le Moyen-Orient. D’autant plus qu’entre les deux régions il n’y a qu’une petite mer finalement qui les sépare. Donc, je crois que nous devons davantage commercer ensemble. L’Egypte est un pays stable sur lequel on peut compter.

 

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