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Le soulèvement de la démocratie
Par Salama A. Salama
Personne ne s'attendait à ce que la violence lors du second tour de la troisième phase des élections législatives atteigne un tel degré d'intensité et que des personnes tombent victimes de tirs d'armes à feu. Nous avons assisté à des jets de pierres qui nous rappellent l'Intifada palestinienne. Une situation qui a entraîné la fermeture de centaines de bureaux de vote, barrant ainsi la route aux électeurs et leur interdisant d'arriver aux unes. Conformément au communiqué promulgué par l'Organisation égyptienne des droits de l'homme, les forces de l'ordre n'ont permis qu'aux partisans des candidats du PND d'atteindre certains bureaux de vote. Naturellement, cela justifie la baisse de la participation aux élections au point de remettre en cause leur légitimité.

Dans le cadre de cette violence sanguinaire et des accusations mutuelles entre le PND et les Frères, et entre la sécurité et les électeurs, on est en droit de considérer ces événements comme un soulèvement de la démocratie. En effet, la rigidité politique actuelle découle d'un demi-siècle de monopole d'une élite politique archaïque et obsolète. Cette élite se devait de résister aux facteurs de changements pour défendre ses intérêts et ses postes de distinction. Donc, cette dernière ne voit pas d'inconvénient à utiliser avec excès les procédés de répression sécuritaire, les pots-de-vin, les falsifications, les surenchères et les dépenses qui ont atteint des sommes colossales. Avis à ceux qui ne veulent pas comprendre : la responsabilité de cette violence excessive et pour le moins équivoque ne retombe pas uniquement sur les Frères musulmans. Elle est surtout celle d'un régime qui a continuellement refusé l'évolution et la réforme. Un régime qui n'a avancé que sous les pressions étrangères, qui n'ont pas réellement abouti. D'ailleurs, les organisations internationales et américaines qui n'ont rien dit depuis le début des événements ont été obligées à un moment d'exprimer leur colère. Sans quoi elles seraient devenues complices du complot contre la démocratie.

Personnellement, je n'ai pas été étonné et je ne me suis pas non plus réjoui du fait que ces personnalités politiques sont incapables de réaliser qu'elles sont dépassées par le temps aussi bien sur le plan politique que populaire. Et je dirai également que j'ai été déçu par ces mêmes personnes qui auraient dû renoncer par elles-mêmes à leurs postes. Elles restent malheureusement convaincues qu'elles n'ont pas perdu une bataille.

Ce qui incite le plus à l'inquiétude est que la façon avec laquellef a été orchestrée la dernière phase des élections prouve que le parti au pouvoir n'a rien appris de l'expérience, ni des résultats des deux premières phases. S'il continue sur cette même voie dans la gestion des affaires, avec la même mentalité et en regardant la nouvelle carte politique et le Parlement qui en a résulté, nous sommes au seuil de heurts et d'instabilité très dangereux. Cette conjoncture confuse aura bien sûr des retombées négatives extrêmement compliquées. Nous avons grand besoin d'une mentalité politique raisonnable susceptible de gérer la prochaine étape avec sagesse et de préférence sans violence.

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