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Patrimoine. Eva Schubert, PDG et directeur du musée sans frontières, se félicite de l’apport égyptien à cette présentation virtuelle de l’art islamique.

« C’est le témoignage visible de l’histoire des civilisations»

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi le projet Discover islamic art s’est-il concentré uniquement sur l’art islamique et non pas sur l’histoire ou la civilisation islamique en général ?

Eva Schubert : Discover islamic art parle en effet logiquement de la civilisation et de l’histoire. Mais ce qui est vraiment attrayant pour le grand public et ce qui est plus facile de communiquer, c’est justement l’art. En effet, l’art et l’architecture sont le témoignage visible de l’histoire des civilisations. Cependant, tout ce qui nous reste aujourd’hui, ce sont leurs productions artistiques et leurs productions architecturales. Et donc, c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de parler de l’art, mais derrière cet art il s’agit effectivement de raconter les différentes histoires et de raconter les différentes civilisations qui ont contribué à cet art islamique.

— Qu’en est-il de la seconde phase du projet ?

— La deuxième phase du projet sera accomplie en mai 2007. Aujourd’hui, on présente la collection permanente de notre musée virtuel que nous sommes en train de créer. On a créé un musée virtuel où pour la première fois, dix-sept musées de quatorze pays européens et méditerranéens ont décidé de créer ensemble une collection permanente. Chaque musée a choisi un certain nombre d’objets et de monuments pour cette collection conjointe, une fois que tout sera terminé et bien mis en place.

Nous sommes maintenant en train de préparer un programme d’expositions temporaires toujours virtuelles, qui sera inauguré en 2007. Ce sont des expositions qui changeront. Ça ne veut pas dire qu’elles vont disparaître.

Ce sont des expositions virtuelles mais qui iront dans les archives et nous aurons donc de nouvelles expositions qui vont au fur et à mesure apparaître.

— Les objets de ces expositions temporaires seront toujours des dix-sept musées participants ?

— Oui. En effet, si je dis dix-sept, ce sont les musées coordinateurs parce qu’en réalité il y a vingt-cinq musées contribuants, associés. Et donc, au total nous avons un réseau de quarante-deux musées de quatorze pays qui sont justement représentés par 120 personnes qui ont travaillé ensemble pour réaliser ce musée virtuel en une seule année. Ces personnes ont choisi les objets, ont choisi les monuments, ont décidé la relation entre les différents éléments, ont élaboré un texte scientifique totalement mis à jour. Ce texte a été traduit en trois langues. Donc, pour un travail d’une année, c’est quand même assez important.

— Est-ce que vous avez affronté n’importe quel genre d’obstacles lors de la réalisation du projet ?

— Pas du tout. Au contraire, on était vraiment très surpris justement de ne trouver aucun obstacle. Au départ, on avait un peu peur des deux côtés, disant qu’on ne se connaît pas encore parce que si on se connaît pour la premières fois, les conservateurs des musées européens travaillent avec les conservateurs des musées méditerranéens. Donc, pour les deux parties, c’est un peu une nouvelle expérience.

Du côté sud-méditerranéen, on avait peur quand même d’être un peu traité avec un minimum d’arrogance, ce qui n’était pas du tout le cas, et de l’autre côté, on avait peur de ne pas connaître un peu le langage pour communiquer. En effet, la communication était excellente. Il y a plein d’amitiés qui ont été créées. Et en parallèle avec ce projet, il y a maintenant même des conservateurs qui ont décidé de travailler ensemble. C’est le cas du musée de Damas qui travaille avec le British Museum sur des choses qui ne sont pas de ce projet mais qui sont contenues à l’intérieur du projet. Donc évidemment, ça leur permet de développer d’autres coopérations.

— Et qu’en est-il de la coopération avec l’Egypte ?

— C’est une collaboration qui est parmi les plus agréables et les meilleures. D’ailleurs, on collabore depuis douze années. C’est une collaboration excellente à tous les points de vue. Je peux dire qu’on est très fier de pouvoir collaborer avec nos partenaires égyptiens. Cette collaboration est très satisfaisante du point de vue scientifique tout d’abord, mais aussi du point de vue humain et aussi de la précision parce qu’il faut dire que l’équipe scientifique égyptienne a toujours respecté toutes les dates limites.

D’ailleurs, même dans les projets précédents, nous avons réalisé l’itinéraire exposition sur l’art mamelouk. Donc, des circuits thématiques sur le terrain. Il y a une collaboration avec un éditeur égyptien, Al-Dar al-masriya al-lébnaniya, qui a publié le catalogue de cette exposition en quatre langues. Nous sommes maintenant en train de réaliser l’édition arabe de ce catalogue.

— Est-ce que vous avez déjà précisé le prochain thème de musée sans frontières ?

— On a précisé, mais nous avons encore une année et demie, donc on ne va pas annoncer maintenant. On a annoncé juste le baroque parce que c’est un projet qui va un peu en parallèle, et que l’Egypte va participer à ça également. C’est un peu bizarre, mais finalement, on a décidé qu’il y aura trois pays qui ont manifesté leur intérêt de participer aussi au projet qui est logiquement principalement européen, mais c’est intéressant d’avoir trois partenaires. C’est justement l’Egypte, la Syrie et la Turquie.

Le baroque, c’est une forme d’art européen qui existe normalement en Europe et qui existe dans l’art islamique également. C’est l’influence occidentale sur l’art ottoman. C’est-à-dire, c’est un peu la période tardive. C’est un style très important pour l’art européen qui correspond avec la fin de l’époque coloniale et qui a quand même un peu influencé également les pays méditerranéens. Et quand on a parlé de ça, nos collègues égyptiens nous ont informés qu’il y a beaucoup de baroque au Caire.

La prochaine réunion des partenaires va se tenir au Caire au mois de mars de la prochaine année 2006 et c’est lors de cette réunion qu’on va prendre la décision pour le prochain projet musée sans frontières.

Propos recueillis par
Amira Samir

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