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Publication. Abdel-Aal Al-Hamamsi vient de sortir C’est ainsi qu’a parlé Naguib Mahfouz, un livre d’entretiens avec le prix Nobel égyptien.  

La belle époque de la culture égyptienne

Ce petit livre de 175 pages, petit format, ressemble à une clé : dès les premières pages, il introduit le lecteur dans un vaste espace, l’espace culturel de l’Egypte des années 1970 et 80. Bien qu’ils se centrent sur les prises de position de Naguib Mahfouz, ces entretiens menés par Hamamsi évoquent d’autre part ces années 1970 et 80 avec leurs grands débats et leurs visages de proue tels que les écrivains Tewfiq Al-Hakim, Sarouat Abaza, Louis Awad, le peintre Seif Wanli, le réalisateur Ahmad Kamel Morsi et plusieurs autres. Ces entretiens montrent à quel point l’interaction entre la vie politique et la vie intellectuelle en Egypte était vive et étroite. Si l’on se demande quelles étaient les raisons de cette interaction, l’on pourrait répondre que cette communauté d’écrivains et d’intellectuels, quoique restreinte en nombre, croyait très fortement au rôle de l’intellectuel dans la promotion de la vie humaine et sociale. Le passage suivant du livre le prouve. Evoquant une ancienne réunion d’intellectuels arabes qui a eu lieu à Londres dans les années 1970, Hamamsi pose — à l’époque — cette question embarrassante à Mahfouz : « Halim Barakat vous accuse d’être un écrivain qui tente toujours de ménager le pouvoir politique de la Révolution, ce qui fait que vous n’êtes pas un écrivain engagé. Et Louis Awad, rédigeant un article à Al-Ahram défend le même point de vue. Qu’est-ce que vous en dites ? ». Mahfouz répond : « S’ils m’accusent ainsi, c’est parce qu’ils supposent que je suis contre la Révolution de Juillet 1952 et par conséquent, je tente de ménager son pouvoir. Mais la réalité qui ne peut pas être mise en doute est que j’appartiens à la Révolution et je crois à ses principes ainsi qu’à la réforme agraire et à la justice sociale. (...) Mais je me trouve en contradiction avec la Révolution pour deux raisons : les politiques de la Révolution lors de leur application ont été déformées par plusieurs aspects négatifs. Par ailleurs, la Révolution n’a pas poursuivi sa démarche par l’adoption de la démocratie. Ainsi, si j’ai critiqué la Révolution, c’est plutôt parce que je m’y identifie et non pas parce que je la refuse ». Un esprit et un état de conscience culturelle devenus rares à l’époque actuelle, où les intellectuels se trouvent pris dans l’engrenage d’une vie quotidienne et publique de plus en plus irrégulière et compliquée, rendant la compréhension des causes moins claire .

Khaled Abdel-Azim
Abdel-Aal Al-Hamamsi, Hakasa takalama Naguib Mahfouz, Mohawarat (C’est ainsi qu’a parlé Naguib Mahfouz, Entretiens), Al-Haya al-amma li qosour al-saqafa, 2005.
 

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