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Partis Politiques. Le PND, largement majoritaire dans la nouvelle Assemblée, l’avait promise. Mais c’est le parent pauvre de ces dernières élections législatives, selon l’opposition et les observateurs.
Désillusion

Le tumulte des élections législatives a pris fin, laissant les Egyptiens sceptiques quant au sort de la réforme politique. En effet, malgré les promesses du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) d’instaurer la réforme politique et de tenir des élections intègres, la violence et la fraude suspectées en faveur des candidats du PND ont été le fait marquant de ces législatives. Instaurer ou non la réforme politique est donc aujourd’hui une décision qui dépend uniquement de la volonté du parti au pouvoir. Ce dernier ayant largement conservé sa majorité des deux tiers au Parlement avec 75 % des sièges, même sans les 12 sièges des six circonscriptions où la justice a reporté les élections sine die. Les 326 sièges du PND permettent ainsi au parti au pouvoir de maîtriser de bout en bout toute réforme de la Constitution où sont notamment inscrites les conditions de candidature pour l’élection présidentielle. Une question s’impose maintenant : le PND fera-t-il le choix de la réforme ?

En fait, la majorité des voix tend à croire qu’il n’est plus question de penser à une éventuelle réforme politique. Le chef du parti du Rassemblement (gauche), Réfaat Al-Saïd, estime que la réforme dépend d’une véritable volonté politique. « Or, tous les indices prouvent que le PND ne veut pas procéder à une véritable réforme politique. Pour ne citer qu’un simple exemple, notre parti avait demandé, lors du congrès du dialogue national qui s’est tenu avant les élections, de mettre des restrictions sur les dépenses lors de la campagne électorale. Les représentants du parti de la majorité au dialogue national, Safouat Al-Chérif et Kamal Al-Chazli, avaient exprimé leur soutien à ces demandes. Toutefois, les modifications qu’ils ont faites à la loi sur l’exercice des droits politiques n’ont pas pris cette proposition en considération, ce qui prouve que le parti au pouvoir voulait laisser la porte ouverte à certains candidats pour verser des pots-de-vin. Un phénomène qui s’est largement manifesté lors des dernières législatives », lâche-t-il. Pour lui, il est impossible de parler de réforme au moment où les élections n’ont pas été libres, honnêtes ni démocrates.

Le chef du Parti constitutionnel social libre, Mamdouh Qénawi, ne s’attend à rien tant que la Constitution n’a pas changé. « A mon avis, c’est une chose à laquelle il ne faut pas rêver pour le moment. Le PND, qui a la majorité des sièges, n’y procédera jamais », dit-il.

Pour Aïda Seiffel-Dawla, du Front populaire pour le changement, les pratiques de la sécurité égyptienne lors des élections ont été très décourageantes et ne laissent pas augurer d’un changement dans la volonté politique. « Il suffit de voir l’usage du gaz lacrymogène, les soldats qui interdisaient aux électeurs d’accéder aux bureaux de vote, le nombre de morts, les violations contre les journalistes et les représentants des ONG pour savoir que le mot réforme n’existe pas dans le dictionnaire du pouvoir », affirme-t-elle. Et d’ajouter que tant que les mêmes figures politiques seront reconduites à leur poste au gouvernement et au sein du parti au pouvoir, il n’y a aucun espoir. Même si le chef de l’Etat avait affirmé lors de la modification de l’article 76 de la Constitution, le 26 février 2005, avoir pris cette initiative « afin d’entamer une nouvelle ère sur le chemin de la réforme ».


« Prouver qu’il est un parti démocratique »

Pour le chef du parti des Libéraux, Helmi Salem, le PND n’a pas d’autres choix. « L’important pour le parti au pouvoir était de gagner. Un but qu’il a réalisé avec tous les moyens possibles. A mon avis, le PND devra maintenant faire preuve de bonne foi et procéder à la réforme politique qu’il avait déjà promise ne serait-ce que pour prouver à la communauté internationale qu’il est un parti démocratique », estime Salem. Pour lui, c’est le seul scénario possible si le PND veut commencer à avoir une certaine crédibilité.

Guéhad Ouda, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, est du même avis. Selon lui, la baisse du taux de la violence lors de ces élections, comparé à celui enregistré aux législatives de 2000, est la preuve notamment que le PND « n’était pas cette fois-ci le seul responsable de la violence ». Et d’insister : « Si le PND ne veut pas nuire à sa réputation, il ne lui reste plus qu’à procéder à une réforme réelle. Et je crois que c’est ce qu’il va faire. La révision de l’article 76 et des 4 lois sur les partis politiques, l’exercice des droits politiques, l’Assemblée du peuple et le Conseil consultatif, étaient à mon avis un bon début qui prouve que le parti va poursuivre dans cette voie ».

Ces dernières élections ont donné chaud au PND, et pas peu fier de les avoir finalement remportées, il semblerait que le parti au pouvoir se dirige effectivement vers la réforme promise, il en va de sa crédibilité, outre l’urgence de battre en brèche les arguments des tenants de « l’islam est la solution ». Mais les prévisions les plus optimistes n’effacent pas la déception ambiante sur la scène politique égyptienne. Et la majorité s’attend à un recul remarquable des libertés octroyées à la société égyptienne au cours de l’année dernière, et qui n’étaient autres, selon les observateurs, que des promesses électorales qui ne seront pas tenues .

Ola Hamdi
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