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Partis Politiques. Malgré un score faible enregistré lors des législatives, les trois principaux partis d’opposition traditionnels sont encore loin de faire leur mea-culpa. Retour aux sièges du Nassérien, du Tagammoe et du néo-Wafd.
Le Tagammoe à pied d’œuvre
Centre-ville du Caire. Place Talaat Harb. Sur la façade d’un immeuble de deux étages est marqué « Parti du Tagammoe (Rassemblement) unioniste progressiste. Ce parti de gauche y est installé depuis 28 ans. Le journal du parti, Al-Ahali, fondé en 1981, siège également ici. L’entrée est assez sombre mais le regard est vite attiré par des va-et-vient incessants. Le petit bureau du réceptionniste est placé sous un immense portrait de Khaled Mohieddine. Figure emblématique et ancien président du parti, il est sorti vaincu du scrutin législatif, pour la première fois de son histoire. C’est l’ancien secrétaire du parti et fils spirituel de Mohieddine, Réfaat Al-Saïd, qui a pris la relève. Pourtant, l’influence de ce leader historique du parti, un des Officiers Libres qui a pris part au mouvement de 1952, demeure intacte. « La défaite aux législatives ne veut pas dire la défaite du parti. En Europe, les partis extraparlementaires sont très influents. Ils arrivent à mobiliser les foules. Nous allons travailler sur ça », explique Nabil Zaki, rédacteur en chef du journal. Celui-ci est situé au même étage que les bureaux du parti. Le vestibule grouille d’activités en ce milieu de journée. Journalistes, secrétaires de rédaction, tous sont à pied d’œuvre. Règlements, horaires de travail, directives et autres sont clairement affichés sur des panneaux. Certains échangent les nouvelles du jour, alors que d’autres ont le nez plongé dans des journaux. Les premiers articles, pour le journal qui sort ce mercredi, sont déjà prêts.

Au même moment, dans une grande salle, les dirigeants du parti tiennent une réunion post-électorale. Rien ne filtre après la réunion ... Sur les visages, pourtant, l’on perçoit un air déterminé. Affairé à rédiger son article et à donner les dernières directives pour le débat politique sur l’analyse des élections qu’organise le parti le soir même, Nabil Zaki prend le temps d’expliquer le pourquoi de l’échec. Assis dans son bureau, sur sa table de travail des piles de livres, revues et autres, il n’hésite pas à faire une autocritique. « Cela est dû à des facteurs externes, déjà dénoncés. Mais également à des faiblesses du parti que nous analysons », explique-t-il. « Trop défaitiste, croyant la partie perdue d’avance face à la présence des Frères musulmans », explique-t-il. Alors que pour le vice-rédacteur en chef et membre du comité central du parti, Mahmoud Hamed : « Nous avons parfois été trop théoriques et pas assez actifs », souligne-t-il. « Nous étions absents des syndicats, des universités, et nous n’avons pas assez travaillé au niveau de la masse populaire », reconnaît-il. Mais les dirigeants du parti ne sont pas encore prêts à faire leur propre mea-culpa. Pour Khaled Harib, candidat du parti à Ismaïliya et également journaliste à Al-Ahali, il avoue que l’expérience des législatives n’a pas été simple. « Le parti m’a certes soutenu, mais moins que les candidats importants », explique-t-il. Mohieddine lui-même reprend ce même discours. Aussitôt après l’annonce de la défaite de ce dernier, le secrétaire général du parti, Hussein Abdel-Razeq, a déclaré à la presse que si la masse réclamait le départ du président du parti, cela pourrait se faire. Mais pour Nabil Zaki, « la responsabilité de cet échec pèse sur nous tous, il ne faut pas trouver de bouc émissaire mais il faut tenter de remédier à nos erreurs » .

Ida Ghali

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Mutisme et embarras
chez les Wafdistes

Juste derrière le cinéma Al-Tahrir, dans le quartier de Doqqi, s’élève un ancien palais style européen fondé par un architecte italien. A l’entrée, une plaque sur laquelle est marqué « R. Ciraldini Architectto. Anno 1932-33 ». C’est le siège du plus ancien parti politique d’Egypte, Al-Wafd, où s’est réunie la délégation des trois parlementaires égyptiens qui voulaient aller à Paris plaider la cause de l’indépendance égyptienne en 1919. Aujourd’hui, le lieu est presque déserté, mais il règne comme une ambiance de calme qui précède la tempête. Seuls sont présents les plantons et quelques employés qui passent nonchalamment d’une pièce à l’autre. Personne n’est à l’accueil à l’exception des photos des premiers leaders du parti. Une statue d’Ibrahim Farag, ancien secrétaire général du parti, des portraits de Fouad Séragueddine et de Saad Zaghloul puis, plus loin, une porte sur laquelle on peut lire, « Salle du leader Moustapha Al-Nahhas ». Ce vide de l’endroit correspond-il à ce vide politique dont a témoigné le Wafd lors des présidentielles puis encore aux législatives ? En dépit des six sièges qu’il a déjà réservés au Parlement, le Wafd ne semble-t-il pas le grand perdant de ces élections ? Des conflits internes ne cessent de s’amplifier mettant en doute sa popularité.

En fait, le débat sur l’avenir du Wafd a commencé un peu après les élections présidentielles, quand Noamane Gomaa est arrivé troisième après le président Hosni Moubarak et le dissident du Wafd, et président du parti Al-Ghad, Aymane Nour. A ce moment, des voix s’étaient élevées au sein du parti, appelant à une réforme rapide et globale pour éviter de subir le même revers lors des élections législatives. Une fois ce scrutin achevé, la crise atteint son apogée. Une décision jugée unilatérale prise par Gomaa, d’expulser Mounir Fakhri Abdel-Nour, vice-président du parti, met au grand jour la crise par laquelle passe le parti, jadis le plus influent. S’agit-il vraiment d’une crise de leadership comme certains prétendent ? Noamane Gomaa, par sa personnalité jugée sévère ou encore autoritaire, est-il la cause de cette décadence du Wafd ? Difficile de trouver une réponse au siège du parti. « Il nous est interdit de faire aucune déclaration à la presse. Vous pouvez vous adresser aux hauts responsables », dit un membre du parti sous couvert d’anonymat. Mais où sont ces responsables ? « Le président du parti n’est pas là et son secrétaire général est très occupé ». Tout le monde a peur de parler. « Si on dit un seul mot, on sera immédiatement reconnu », chuchote un autre. Pourtant, on est dans les locaux du parti censé être le plus libéral du pays. Un parti connu depuis l’époque royale par ses réalisations et ses démarches en faveur de la démocratie et la liberté d’expression, on se demande pour autant si on n’est pas au siège d’un appareil de renseignement, où tout est classé top-secret ? On dirait une administration de l’Etat lui-même. Le monopole du chef du parti ressemble à celui exercé par le parti au pouvoir sur la scène politique, les restrictions au sein du Wafd sont similaires à celles dont souffrent les partis d’opposition .

Aliaa Al-Korachi

 

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