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Partis Politiques. Malgré un score faible enregistré lors des législatives, les trois principaux partis d’opposition traditionnels sont encore loin de faire leur mea-culpa. Retour aux sièges du Nassérien, du Tagammoe et du néo-Wafd.
Les Nassériens dans la désolation

Il est le dernier des grands exclus de la course électorale. Les regards étaient braqués sur Diaeddine Daoud, porteur du dernier espoir, mais le Parti arabe nassérien a fini avec zéro siège. Quelques jours après la défaite du chef du parti, presque rien n’a changé au 8, rue Talaat Harb. Au premier étage de l’immeuble situé sur la rue principale, c’est le silence. Dans un grand appartement, récemment repeint en blanc, un portrait taille réelle du président Nasser accueille les visiteurs, suivi d’un buste en bronze installé dans le grand vestibule aux murs nus. Pas de livre, aucune publication, rien. Tout est blanc et vide. Seule derrière un petit bureau, dans une des huit pièces que compte le siège principal du Parti nassérien, une jeune femme de 27 ans, au visage affable, assure la permanence. Aucune trace des membres du parti. Sur les portes des bureaux, seules des plaques marquent les noms des chefs. Ce jour-là, personne. Les bureaux sont soigneusement fermés.

« Non, raïs Diaa est absent aujourd’hui. Il est fatigué. Le secrétaire général du parti, Ahmad Hassan, non plus, car il s’est cassé la jambe lors du scrutin », dit-elle avec un ton de circonstance. Et d’ajouter : « Il y a eu des fraudes, c’est évident ». Pour passer le temps, elle lit un livre religieux. « C’est la meilleure lecture en cette période de crise », avance-t-elle. Pense-t-elle peut-être à son chef, avocat, et figure emblématique du parti, Daoud, qui était ministre sous Nasser, puis ferme opposant à son successeur Sadate ! Ce qui lui a valu de faire dix ans de prison pour avoir fait partie du mouvement des « marakèse al-qowa » (centres du pouvoir) le 15 mai 1971, qui visait à déstabiliser Sadate. Un vieux planton au regard vague entre dans la salle éclairée par la lumière du jour et commence à enlever soigneusement la poussière.

Marwa est là depuis deux ans, mais elle avoue ne pas être membre du parti : « J’ai lu rapidement la charte du parti, mais je ne veux pas faire de politique. Je ne suis pas la seule, et pour preuve, il n’y a pas beaucoup de jeunes nouveaux adhérents au parti. C’est à cause du climat d’insécurité et du manque de démocratie. Je pense qu’il y a beaucoup de Nassériens dans le pays, surtout en province. Mais ils n’adhèrent pas au parti à cause des problèmes internes qui y règnent », explique-t-elle. Mais elle reconnaît que la vingtaine de locaux du parti situé de part et d’autre dans les provinces égyptiennes sont plus actifs que ceux du Caire.

Ici, le bureau est ouvert de 10h à 22h. « Ils viennent souvent le soir, surtout pour une réunion ou un congrès », dit la fonctionnaire. Une façon d’expliquer ce vide glacial des lieux, dans lequel il ne reste aucune trace d’une quelconque animation ou réunion. Et surtout pas de cellule de crise post-électorale pour faire le bilan. Les membres du parti sont-ils encore sous le choc, ou bien jugent-ils inutile de s’auto-critiquer. « Mais on n’a pas perdu, les électeurs ont été empêchés de se rendre aux urnes », se défend Ahmad Abdel-Hafiz, membre du comité politique au sein du parti. L’air blasé, un peu désœuvré, de taille moyenne, il est de passage au siège de l’hebdomadaire Al-Arabi al-nasséri, organe du parti et connu pour son ton virulent contre le pouvoir. Celui-ci est situé à une station de métro du siège du parti, place Lazoghli. Encore ici, une gigantesque photo de Nasser et plus personne. « Nous bouclons aujourd’hui, les journalistes ne sont plus là », explique Amr Al-Guindi, jeune journaliste scientifique qui assure la permanence dans ces locaux, logés dans une maison de deux étages. Il n’est pas membre du parti mais il est pour le panarabisme. Il y aurait selon lui une vingtaine de journalistes actifs.

« C’est simple à comprendre, la défaite de Diaa est une sorte de punition à cause de la campagne menée par le journal contre la présidence héréditaire », explique Al-Guindi. Sur un ton plus animé, il reconnaît que tous les partis, y compris le Parti nassérien, défendent d’abord leurs propres intérêts alors que le quotidien et les problèmes des gens demeurent sans solution. « Nous n’avons pas assez d’organes pour travailler dans la continuité ni à une grande échelle pour atteindre la rue au niveau populaire », explique-t-il. Comme seule issue à la crise, il préconise que tous les partis travaillent dans une coalition réelle et efficace, sinon « cela sera la déclaration de la fin de tous les partis » .

Ida Ghali

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