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Réforme Administrative. A la demande du gouvernement, l’Organisme central de l’administration a effectué une étude sur une éventuelle réduction du nombre de ministères qui passeraient de 34 à 23.
L’Etat veut réduire les frais

Moins de ministères en guise de parade aux problèmes enchevêtrés de la bureaucratie. C’est la solution que propose une étude de l’Organisme central de l’administration. Le nombre de ministères en Egypte dépasse celui des pays arabes et africains. L’organisme a entamé cette étude il y a trois mois à la demande du premier ministre, Ahmad Nazif, qui avait mentionné que le grand nombre de ministères représente un lourd fardeau pour le budget de l’Etat, soit un milliard de L.E. annuellement. Cette somme énorme est dépensée dans les équipements et le matériel nécessaire à chaque ministère, les voitures de fonction et les salaires des conseillers et du personnel de sécurité.

Le document a précisé les ministères qui pourraient être concernés par cette mesure. Par exemple, le ministère de la Main-d’œuvre peut être incorporé à celui du Développement administratif, le ministère de l’Environnement à celui de la Santé, le ministère de la Coopération internationale à celui des Affaires étrangères, le ministère de la Production militaire à celui de la Défense, etc.

En outre, l’étude propose d’annuler des ministères comme celui de la Jeunesse, du Développement municipal et celui de la Planification. Ces ministères peuvent être remplacés par un organisme national qui sera chargé de ces secteurs du fait que le financement de ces organismes est beaucoup moins coûteux. Noureddine Mohamad, responsable à l’Organisme central de l’administration, explique que de telles mesures diminueraient de 25 % les sommes assumées par l’Etat pour le fonctionnement de ces ministères.

Hamdi Abdel-Azim, professeur des sciences administratives à l’Université de Hélouan, explique que l’Etat ne suit pas une politique administrative bien étudiée. Il rappelle qu’en 1999, le ministère des Télécommunications et celui des Transports étaient un seul ministère, mais avec la répétition de certains accidents dans les différents moyens de transport, le gouvernement a décidé de les séparer pour que chaque secteur puisse mener à bien sa tâche. En 1996, le gouvernement a décidé de créer un nouveau ministère comme celui de l’Environnement. « Et maintenant, il cherche à revenir à l’ancien système qu’il a jugé non efficace, alors que dans les sciences administratives, la spécification de domaines est nécessaire pour améliorer la compétence des services », assure Abdel-Azim. Selon Ibrahim Mesbah, expert en sciences administratives, l’incorporation de certains ministères à d’autres peut compliquer les choses. « Le fait d’unir le secteur de la santé et de l’environnement, qui sont deux secteurs très sensibles, pourrait provoquer de gros problèmes. Ces derniers souffrent déjà de problèmes chroniques. Chacun de ces secteurs a besoin d’un responsable qui gère ses programmes, car du point de vue administratif, la division des tâches mène à des résultats plus efficaces », assure Meshab. Et d’ajouter : « L’application de cette étude va aggraver les problèmes, et dans quelques années, l’Etat va découvrir la nécessité de retourner à l’ancien système. Conséquence : il va dépenser des milliards de L.E. pour créer à nouveau des ministères. C’est toujours un cercle vicieux ».

Al-Sayed Eleiwa, professeur de sciences politiques à l’Université de Hélouan, soulève un autre problème concernant les emplois dans les ministères qui seront annulés. « La mise en œuvre de ce système nécessiterait la révocation d’un certain nombre de fonctionnaires. Dans ce cas, l’Etat n’a qu’un seul choix qui est celui de dispenser les fonctionnaires de plus de 45 ans et de les mettre en retraite anticipée. Résultat : ces fonctionnaires vont perdre les droits dont ils allaient jouir s’ils continueraient dans leurs fonctions jusqu’à l’âge de 60 ans », explique Eleiwa, en ajoutant que cela contredit aux déclarations de l’Etat qui annonce à plusieurs reprises qu’il accorde une importance particulière au côté social des citoyens.

Le débat n’est pas encore tranché, car le gouvernement a déclaré que cette étude sera discutée au Parlement durant la nouvelle session parlementaire.

Marianne Youssef
 

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