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OMC. Près de deux mille altermondialistes et membres d’ONG se sont regroupés à Hongkong pour protester contre les accords de l’OMC.

Alterconférence en plein air

A midi, le parc géant situé non loin du Centre des conférences de Hongkong, siège de la sixième conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), est animé par des activités variées. Des discours, de la musique, des sit-in. Des centaines de personnes participent aussi à une marche pour la paix. Dans un coin, le groupe des agriculteurs coréens commémore la mémoire de leur président qui s’est suicidé en 2003 à Cancun devant le siège de la 5e conférence ministérielle. Dans un autre coin, des femmes peignent sur le visage de qui veut leur slogan « Femmes contre l’OMC », d’autres encore chantent contre « le capitalisme impérialiste ».

Tout comme la sixième conférence ministérielle de l’OMC, c’est le dossier agricole qui a pris le dessus lors de la réunion parallèle tenue par les ONG regroupées à Victoria Park. Des paysans des quatre coins du monde brandissent le slogan « Agriculture hors l’OMC ». Walden Bello, directeur de Focus on Global South, explique le slogan : « L’agriculture est un mode de vie, il ne s’agit guère d’un bien à échanger. Les accords qu’ils sont en train de négocier ne pensent qu’aux produits et aux profits à en tirer, mais pas aux gens ». Badrul Allam, de l’Union des paysans du Bangladesh, défend quant à lui le droit d’aider les paysans à faire entendre leurs voix : « Les accords avec la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI) nous ont forcés à ouvrir nos marchés, l’accord sur l’agriculture signé à l’OMC, il y a déjà dix ans, n’a rien présenté pour protéger notre agriculture ». « Le résultat est alarmant : rien qu’en Inde, 3 000 paysans indiens se sont suicidés parce qu’ils ne pouvaient plus vendre leurs récoltes. Au Bangladesh, le gouvernement a dû supprimer les subventions agricoles, lors d’un accord avec le FMI, les paysans ont protesté contre la décision et 18 paysans ont perdu la vie lors des protestations ».

Si le dossier agricole dans les négociations de l’OMC semble diviser les pays membres Nord contre Sud, là-bas, au sein de cet événement parallèle, des agriculteurs européens et américains sont également présents. Il ne s’agit pas de sympathiser avec les camarades agriculteurs des pays pauvres, mais plutôt de souligner qu’ils sont aussi affectés par la libéralisation de leur agriculture. LA Via Campasina est une des plus grandes ONG qui œuvre en réseau regroupant des coalitions de paysans d’un certain nombre de pays, sous le slogan « L’OMC tue les paysans ». Des paysans de l’Inde, du Bangladesh, du Mexique, de Madagascar, mais aussi des Etats-Unis, de Norvège et de France. Des représentants de tous ces pays sont assis sur le sol pendant des heures, sans perdre de leur enthousiasme. Quelle que soit la langue des paysans qui participent, tout le monde répète les mêmes slogans, ou tambourine pour montrer leur soutien.


« Les agriculteurs traditionnels agonisent »

Georges Naylor, agriculteur américain, insiste pour que l’on freine tout accord sur l’agriculture. Etant membre de la coalition National Family Farm, il explique comment les subventions à l’agriculture américaine vont principalement aux grands agriculteurs. « Ce ne sont que des firmes qui peuvent inonder les marchés par leurs produits moins chers. Alors que nous, les agriculteurs traditionnels, nous agonisons, et il devient de plus en plus difficile de concurrencer ces géants. Afin de pouvoir réduire nos coûts de production, en utilisant des équipements modernes, nous devons nous endetter. Aujourd’hui, je ne peux plus payer mes dettes. C’est fichu pour moi et ma famille qui m’aide », s’insurge-t-il devant une dizaine de paysans japonais qui brandissent leurs pancartes. Sur un podium, une paysanne coréenne vient raconter aux centaines de personnes regroupées devant elle, l’expérience de collègues qui ont dû abandonner leurs terres, parce qu’ils ne pouvaient plus vendre leurs récoltes, à cause de la concurrence des produits importés. « Les femmes sont les plus grandes victimes de la libéralisation de l’agriculture. Regardez ce que l’OMC nous apporte en dix ans : landlessness, faim et pauvreté ». Elle prévient aussi contre le phénomène de la privatisation de l’eau. « Il faut vraiment freiner les négociations actuellement en cours au sein de l’OMC. Transformer l’eau en bien échangeable serait vraiment notre fin ». Pour Johannis, membre d’ATTAC Allemagne, les dossiers de l’énergie et de la santé ne sont guère moins importants. « Là aussi, il ne faut pas mêler commerce avec la vie des gens ».

Vers 15 heures, les deux milliers sont devenus une dizaine de milliers d’opposants. Ils effectuent une marche sur le bord de mer, à côté de Victoria Park. Quelques-uns font un plongeon dans l’eau en signe de protestation contre les accords de l’OMC. Pour eux, l’application de ces accords va faire couler.

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