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Kiosque. La presse revient cette semaine sur la violence qui a marqué les élections législatives, et s’interroge sur l’avenir du nouveau Parlement.
Panser les blessures

Cette semaine, la presse s’est profondément alarmée face à la violence qui a marqué les dernières élections législatives. Le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom titre : « Cessez le feu ! Neuf morts et des dizaines de blessés lors de la dernière journée électorale ». « Les alentours des bureaux de vote se sont transformés en champs de bataille », écrit le journal. La presse d’opposition attribue essentiellement cette violence aux forces de sécurité qui ont encerclé les bureaux de vote dans de nombreuses circonscriptions et usé de la violence contre les électeurs. Mohamad Salah, éditorialiste dans le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom, déplore : « Couteaux, armes blanches et pierres sont désormais des termes courants utilisés par nos analystes experts et chercheurs sur les chaînes satellites arabes et dans la presse internationale pour parler des élections ». Quant à la presse pro-gouvernementale, elle note également un développement très important de la violence lors de ces législatives, mais l’attribue à des affrontements entre partisans. Le quotidien gouvernemental Al-Ahram titre : « La plus violente journée électorale des législatives », tandis que le quotidien Al-Akhbar, également proche du gouvernement, affirme : « Les forces de sécurité ont cherché à empêcher la violence et n’ont pas empêché les électeurs de voter ». Le quotidien met également l’accent sur les réalisations du PND, largement majoritaire dans la nouvelle Assemblée, en rapportant les déclarations du secrétaire général du parti : « Le PND a obtenu 75 % des sièges du Parlement du futur, avant même la publication officielle des résultats ». Dans Al-Ahrar, Gamil Kamal n’hésite pas à parler de « marché conclu entre le PND et les Frères musulmans contre les autres partis d’opposition ».

Certains titres de la presse ont exprimé l’espoir en un avenir meilleur pour les uns, et le désespoir pour les autres : « Le changement est exigé », « La nouvelle carte de l’opposition et l’avenir de la réforme », « La démocratie est la solution », « Le futur Parlement est celui des milices ».

Le parti du président Moubarak, quant à lui, gardera la mainmise sur l’Assemblée du peuple, mais devra faire face à la plus forte opposition parlementaire islamique de l’histoire de l’Egypte. Certains sont sceptiques, comme Amine Yousri qui affirme dans l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi « qu’il n’y aura pas de véritable réforme politique sous le régime actuel ni maintenant, ni dans l’avenir (...) et que le grand perdant sera le régime et la nation tout entière ». « Des élections dépourvues de politique », souligne Ahmad Bahaeddine dans Al-Arabi. Ce dernier prévoit que « le prochain Parlement sera bipolaire entre, d’un côté, l’Etat et ses corrompus, et de l’autre les Frères musulmans avec leurs slogans religieux. Ce avec une absence totale des autres secteurs de la société ». Pour Chérif Chéhata, dans Al-Arabi, il s’agit de « redéfinir et soutenir une autre démocratie permettant aux citoyens de réaliser pour eux plus de justice, de liberté et de paix. Cette nouvelle démocratie permettra aussi de dévoiler la corruption. Pour se réaliser, cette prise de conscience a besoin d’une nouvelle pensée travaillant avec le peuple et ses différentes catégories sociales ».

Les journaux pro-gouvernementaux Al-Ahram et Al-Akhbar sont plus optimistes. L’éditorial d’Al-Akhbar parle « d’un pas important vers un avenir meilleur (...). Tous les indices affirment que l’Egypte se dirige vers un avenir démocratique meilleur ». Alors que celui d’Al-Ahram « considère le nouveau Parlement comme la porte d’entrée vers le futur ».

Emadeddine Adib reconnaît dans le quotidien Nahdet Misr que « la bataille électorale a pris fin avec beaucoup de blessures, et la période de la législation et des réformes doit commencer ». Mais la carte politique égyptienne a-t-elle pour autant changé ?

L’hebdomadaire d’opposition Sawt Al-Omma, quant à lui, ne mâche pas ses mots : « Fin de la pièce de théâtre des élections ». La solution est, pour l’éditorialiste Waël Al-Ebrachi, « un véritable soulèvement populaire juste et démocratique ».

Hoda Ghali

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L’attente de Gaza

Trois mois après le retrait israélien, les ambitieux projets de développement de la bande de Gaza restent dans les limbes, suspendus au déblayage des gravats des anciennes colonies et à la réparation du sabotage par les colons du réseau de distribution des eaux.

Israël a achevé son retrait de la bande de Gaza le 12 septembre dernier, après 38 ans d’occupation, laissant derrière lui les gravats des 21 colonies juives qui s’étendaient sur un quart de la superficie du territoire palestinien et le morcelaient. Dans la foulée du retrait, des responsables palestiniens, forts de promesses d’aide internationale totalisant quelque trois milliards de dollars, répétaient à l’envi que de nombreux projets d’infrastructure et de logement seraient mis en œuvre à l’emplacement des colonies rasées. Mais aucun projet n’a été exécuté et rien n’a changé sur les terres évacuées par les colons et l’armée israélienne. Quelques routes traversant les ex-colonies ont certes été rouvertes et des serres agricoles réhabilitées, mais les montagnes de décombres et de ferraille, ruines des quelque 1 200 maisons, se dressent toujours.

En fait, Israël traîne les pieds dans l’élimination des gravats qui constituent un énorme obstacle à tout projet de développement dans la bande de Gaza. Cela devrait toutefois être chose faite à partir de janvier 2006, selon le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), chargé de superviser le déblayage. Selon Timothy Rothermel, représentant spécial du PNUD à Jérusalem, le déblayage, qui durerait un an, devrait commencer dans un mois, avec un coût d’un peu moins de 25 millions de dollars, financé par le gouvernement israélien. Le déblayage et le recyclage seront effectués par des compagnies palestiniennes choisies par voie d’appels d’offres. Les gravats non recyclables doivent être enterrés dans le Sinaï égyptien.

Si aucun chantier de construction n’a été encore lancé, l’Autorité palestinienne a en revanche réhabilité et remis en service quelque 300 des 400 hectares de serres rachetées aux colons pour 14 millions de dollars grâce à des donations privées. Deux cents hectares des serres ont d’ores et déjà été plantés et la première récolte doit être exportée vers l’Europe bientôt. La remise en service des serres a permis l’embauche de près de 4 000 ouvriers palestiniens, dont la plupart y avaient déjà travaillé à l’époque des colonies .

 

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