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TPI. L'arrestation du général croate Ante Gotovina et sa remise au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie de La Haye mettent Belgrade sous de fortes pressions afin de délivrer les deux criminels de guerre serbes, Radovan Karadzic et Ratko Mladic.

L'étau se resserre sur Belgrade

Après quatre ans de cavale, le général croate Ante Gotovina, 50 ans, un des criminels de guerre présumés les plus recherchés par le Tribunal Pénal International (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, a été arrêté, jeudi dernier, en Espagne, puis transféré, samedi, vers les Pays-Bas où il a été remis au TPI. Inculpé en 2001 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre contre des Serbes de Croatie, il devra répondre devant les juges de toutes ces accusations. Poursuinat de 150 civils serbes dans la région de Knin (centre de la Croatie), le général Gotovina encourt la réclusion criminelle à perpétuité. « Je suis très reconnaissante à la Croatie pour tout le travail qu'elle a réalisé avec nous et les autorités espagnoles », a souligné, vendredi, le procureur du TPI, Carla Del Ponte.

L'arrestation du général Gotovina a été fort saluée par l'Union Européenne (UE) et les Etats-Unis comme la levée d'un « obstacle majeur » à l'adhésion de la Croatie à l'UE et à l'Otan. Elle a, néanmoins, suscité des protestations en Croatie où le général Gotovina est considéré par de nombreux Croates comme un héros de l'indépendance. Samedi, des milliers de personnes ont manifesté à Zadar (sud) pour exprimer leur soutien au général croate : « Nous demandons au gouvernement de fournir au général Gotovina et à ses avocats tous les documents nécessaires à sa défense », a déclaré Ante Martinac, dirigeant d'une association regroupant des anciens combattants de la guerre serbo-croate de 1991-1995. « Nous demandons aussi que le général Gotovina soit jugé en Croatie », a-t-il lancé à la foule rassemblée sur la place Narodni Trg, dans le centre de Zadar. Vendredi, d'autres manifestations ont éclaté à Zagreb pour dénoncer l'arrestation du général croate. « Ante ! Ante ! Ivo Sanader (le premier ministre croate) t'a trahi ». « Il est un héros, pas un criminel », « Ante, tu n'es pas seul tant que les cœurs croates continueront à battre », proclamaient des pancartes portées par les manifestants.

Face à cette vague de manifestations, le premier ministre croate, Ivo Sanader, a, une nouvelle fois, appelé les Croates au calme et leur a demandé de faire confiance à son gouvernement.


Progrès majeurs

Ouvrant le feu sur Belgrade, le président croate, Stipe Mesic, a demandé, cette semaine, à la communauté internationale d'exercer des pressions sur la Serbie afin d'obtenir l'arrestation des « pires criminels de guerre », Radovan Karadzic et Ratko Mladic. Anciens chefs militaire et politique des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic et Radovan Karadzic sont en fuite depuis leur inculpation en 1995 par le TPI de génocide pour leur rôle dans le massacre, la même année à Srebrenica, de près de 8 000 musulmans. « Il revient maintenant au TPI, à la communauté internationale et aux institutions européennes d'exercer un maximum de pression sur la Serbie pour qu'elle extrade les pires criminels de guerre et je parle de Karadzic et Mladic », a déclaré M. Mesic. La communauté internationale estime que Mladic se cacherait en Serbie et Karadzic dans les territoires bosniaques majoritairement peuplés de Serbes ou au Monténégro voisin.

La semaine dernière, le haut représentant de l'Union européenne, Javier Solana, a souligné que Belgrade devait coopérer avec le TPI pour pouvoir intégrer l'UE. Mi-octobre, l'UE a ouvert des négociations avec la Serbie pour un accord de stabilisation et d'association, premier pas vers son intégration dans les institutions euro-atlantiques. Le rythme et la durée de ces négociations, qui pourront être suspendues à tout moment, dépendent des arrestations de Mladic et Karadzic.

Dans une tentative de prouver le sérieux des efforts de recherche, le chef de la police serbe bosniaque, Dragomir Andan, a fait état samedi de « progrès majeurs » dans la traque des deux hommes, sans toutefois donner davantage de détails. Il a affirmé qu'il ne pouvait pas donner plus de détails sur ces opérations. « Notre souhait est de mettre un terme à ce problème qui pèse sur la Republika Srpska (RS, entité serbe de Bosnie) et la Serbie », a poursuivi M. Andan. Inquiet, le président de la RS, Dragan Cavic, a une nouvelle fois appelé les fugitifs à se rendre. « Je demande encore une fois à Karadzic et à Mladic de se rendre volontairement au TPI et s'ils ne le font pas, alors je demande au ministère de l'Intérieur de la RS et à d'autres agences régionales de renseignements de les arrêter », a dit M. Cavic.

Sur les 161 personnes inculpées par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie depuis sa création en 1993, six sont toujours en fuite, dont Karadzic et Mladic. Outre l'échec du TPI à arrêter ces fugitifs, les procédures du jugement de cette instance demeurent toujours lentes. Preuve : le procès de l'ancien président yougoslave, Slobodan Milosevic, entamé il y a 4 ans, n'a pas encore pris fin. Risquant prison à vie, Milosevic répond de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle dans les trois conflits qui ont déchiré la Yougoslavie dans les années 1990, faisant plus de 200 000 morts.

Maha Al-Cherbini

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