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La vie mondaine
Liban. Un attentat perpétré lundi à Beyrouth a coûté la vie au député chrétien anti-syrien Gebrane Tueini. Il intervient au lendemain de la présentation du rapport Mehlis sur la mort de Hariri.

Damas à nouveau pointé du doigt

Lundi 12 décembre. Alors que le Conseil de sécurité de l’Onu commence à étudier les conclusions du rapport de l’enquêteur Detlev Mehlis sur l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafiq Hariri, un nouvel assassinat secoue la capitale libanaise. Il s’agit du meurtre du député libanais chrétien anti-syrien Gebrane Tueini, élu député de Beyrouth lors des législatives de mai-juin derniers qui ont dégagé une majorité parlementaire anti-syrienne menée par Saad Hariri, fils de Rafiq Hariri, et qui est aussi directeur du journal à grand tirage An-Nahar. Il a été tué dans un attentat qui a coûté la vie à trois autres personnes et qui en a blessé une dizaine. Cet attentat est le 13e du genre depuis l’assassinat de Hariri en février 2005. Tous ont visé des personnalités anti-syriennes et des régions chrétiennes.

Ce nouvel acte intervient au moment où la Syrie est accusée d’être impliquée dans l’assassinat de Hariri et de maintenir une pression majeure au Liban.

Mais les Syriens seraient-ils capables d’un tel acte en ce moment précis, alors qu’ils subissent de plus en plus de pressions et qu’ils sont dans la ligne de mire de la communauté internationale ? « Il est peu probable que les autorités syriennes soient impliquées dans cet assassinat. Vu les pressions dont Damas fait l’objet, il serait insensé pour les Syriens de commettre maintenant un tel acte qui ne ferait qu’aggraver leur cas. Donc, il est possible que ce soit l’œuvre de factions libanaises anti-syriennes qui souhaiteraient justement enfoncer la Syrie et ses alliés au Liban », répond Hicham Ahmad, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire.

Pourtant, à Beyrouth, aussitôt après l’attentat, le député druze Walid Joumblatt a accusé sans la nommer la Syrie du meurtre de Tueini. « Le message terroriste nous est parvenu (...). Quelqu’un a menacé à la télévision russe de faire payer au monde entier le prix d’éventuelles sanctions », (contre la Syrie), a déclaré M. Joumblatt à la chaîne de télévision privée LBC, en allusion à des propos tenus dimanche par le président syrien Bachar Al-Assad (voir encadré). « Les menaces ne nous font pas peur et nous continuerons notre combat pour l’indépendance du Liban, et de réclamer la vérité sur l’assassinat de Rafiq Hariri », a fustigé M. Joumblatt qui a accusé à maintes reprises Damas d’être derrière la mort de Rafiq Hariri.


Appel à un tribunal international

Le ministre druze des Télécommunications, Marwane Hamadé, oncle de Gebrane Tueini, a de son côté réclamé « l’enquête sous la supervision du Conseil de sécurité de l’Onu sur tous les crimes commis par la Syrie » au Liban. Hamadé a lui-même échappé, en octobre, à une tentative d’assassinat, qu’il impute à Damas. L’affaire risque donc de prendre une plus grande dimension. En effet, aussitôt après l’attentat, le ministre libanais de l’Information, Ghazi Aridi, a déclaré que son gouvernement envisageait de faire appel à un tribunal international pour juger les coupables impliqués dans la série d’attentats visant des personnalités libanaises. « Nous continuerons à mener la bataille de la liberté, car le Liban est la patrie de la liberté et de la démocratie dans cette région (le Proche-Orient), il faut pour les consolider des sacrifices et des martyrs », a ajouté le ministre, après avoir rendu un hommage appuyé à Gebrane Tueini qu’il a qualifié de « plume courageuse ». M. Aridi a réclamé « plus de cohésion et de prudence, car le feuilleton terroriste n’épargnera personne », a-t-il dit. « Le terrorisme menace tous ceux d’entre nous qui ont dit non à la répression et à la terreur, et je n’exclus pas que d’autres régions du Liban soient visées », a-t-il ajouté.

Côté syrien, les autorités ont vite fait de condamner l’attentat. Le ministre syrien de l’Information, Mehdi Dakhlallah, a ainsi affirmé que « l’ingérence étrangère est à l’origine du chaos actuel » au Liban, « dénonçant avec force » l’assassinat de Tueini. « Cet attentat intervient à ce moment précis pour que la Syrie en soit accusée », a ajouté le ministre. « La Syrie dénonce tous les attentats quelles qu’en soient les victimes » et réaffirme que « quelles que soient ses divergences avec telle ou telle personnalité, elle ne souscrira jamais à ces méthodes (les attentats), qui sont utilisées par les nombreux ennemis du Liban », a-t-il souligné. Selon Damas, ils se trouvent derrière la série d’attentats intervenue ces derniers temps. Mais le ministre syrien n’a voulu désigner aucune partie étrangère nommément. Il s’est contenté de dire que cette série d’attentats « est peut-être le fait de règlements de compte entre différentes parties », sans indiquer s’il s’agit de parties étrangères ou libanaises .

Abir Taleb
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Anxiété de part et d’autre
Le rapport du juge Mehlis parachevant la fin officielle de son mandat d’enquête sur l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri suscite des craintes à Damas comme à Beyrouth.

Remis dimanche soir à New York au secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, les résultats de la commission d’enquête du magistrat allemand Detlev Mehlis sur l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri ont été distribués lundi aux 15 membres du Conseil de sécurité. M. Mehlis ayant, par ailleurs, appuyé la requête libanaise de renouveler le mandat de l’équipe de l’Onu pour six mois supplémentaires.

Face aux menaces qui pèsent sur elle, la Syrie a du mal à cacher ses craintes quant aux résultats de cette enquête qui implique ses responsables ou ex-responsables des services de renseignements. En effet, les autorités syriennes ont alterné, ces derniers jours, les propos rassurants et les mises en garde à la veille de la réunion du Conseil de sécurité de l’Onu chargé de discuter des conclusions de l’enquête. Devançant l’Organisation internationale, le président syrien a averti, dimanche, et à la limite de la menace que « toute erreur militaire ou politique dans la région la précipitera dans le chaos ». « Le Proche-Orient est le cœur du monde et la Syrie est le cœur du Proche-Orient. Si la situation en Syrie et en Iraq n’est pas bonne, toute la région sera instable et le monde entier le paiera », a-t-il affirmé dans un entretien à la télévision russe. Il n’y a « aucune raison pour que le Conseil de sécurité prenne des mesures contre la Syrie », a lancé le vice-ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, en dénonçant « ceux qui tentent d’utiliser l’enquête (de l’Onu) à des fins politiques ». Dans le même temps, il a voulu rassurer la communauté internationale ajoutant qu’à l’appui de preuves, tout responsable syrien impliqué dans cet assassinat serait puni, réitérant les propos de la veille, à savoir la volonté de son pays de « coopérer pleinement » avec la commission d’enquête de l’Onu.

De son côté, le Liban craint que le rapport, n’ayant pu aller trop loin dans ses conclusions, ne conduise à blanchir Damas. Or, dans le contexte du nouvel attentat qui a visé le député libanais anti-syrien Gebrane Tueini, les autorités syriennes apparaissent encore plus suspectes.

L’enquête de M. Mehlis a, pour cela, de quoi susciter les inquiétudes. Mettant en cause la mauvaise coopération de la Syrie et surtout l’implication de certains hauts responsables baassistes dans le crime du premier ministre libanais le 15 février dernier, elle pourrait mener la Syrie vers des sanctions internationales.

Mehlis, dont les fonctions prennent fin le 15 décembre, suscitant la déception de beaucoup de Libanais, s’est montré satisfait du travail accompli à ce stade. « Nous avons réalisé des progrès considérables, dit-il : l’enquête a montré que nul, quel qu’il soit, n’était à l’abri des investigations ». Cette allusion vise les officiers supérieurs libanais et syriens que son rapport accuse d’être impliqués dans l’assassinat. En effet, les auditions des cinq hauts responsables des services de renseignements syriens mis en cause par la commission d’enquête ont commencé lundi 5 décembre à Vienne, alors que la Syrie a observé un silence total. Les journaux libanais s’accordaient, lundi, sur l’identité de trois des cinq officiers supérieurs concernés par ces premières auditions. Il s’agit du général Rostom Ghazalé, qui dirigeait les services de renseignements militaires syriens au Liban jusqu’au retrait de l’armée syrienne de ce pays, le 26 avril dernier, de celui qui était son adjoint, le général Jameh, et du général Abdel-Karim Abbass. Le conseiller juridique du ministère syrien des Affaires étrangères, Riyad Daoudi, aurait également été présent à Vienne, en même temps qu’une pléiade d’avocats syriens.

Laïlla Choug
 

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