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Inauguration . Le Centre Français de Culture et de Coopération d’Alexandrie a rouvert sa salle de spectacle entièrement refaite à neuf. L’espace servira à réactiver le rôle culturel de la ville.
Une salle, une ville, des dimensions infinies

En l’an 52 av. J.-C., César s’adresse à Cléopâtre dans son palais égyptien : « Ton peuple est en déclin. Il n’est plus celui qui a érigé les pyramides. Aujourd’hui, il n’en serait plus capable ». Il est question d’une scène du film Astérix et Obélix : mission Cléopâtre, d’Alain Chabat, lequel a été donné entre autres lors de l’inauguration de la salle de spectacle rénovée du CFCC d’Alexandrie, les 9 et 10 décembre dernier. La belle reine, incarnée par l’Italienne Monica Bellucci, promet alors à César de lui construire un palais en trois mois, pour défendre l’honneur de son peuple. De quoi présager les aventures d’Astérix le Gaulois, qui a marqué la culture française depuis les années 1960. L’intrigue précédente amorce bien la conversation car il s’agit bel et bien de culture et d’échange. D’une part, il y a une ville, celle d’Alexandrie, qui rime avec nostalgie mais qui ne veut pas vivre en autarcie. Et d’autre part, il y a une présence française et une tradition francophone qui n’est plus ce qu’elle a été. La participation d’une comédienne italienne dans le rôle de Cléopâtre ne manque pas de refléter la dimension méditerranéenne des choses, très en vogue d’ailleurs. Ainsi, tous les éléments faisant l’importance de l’événement sont là présents.

Visant à réactiver le rôle culturel d’Alexandrie et à redynamiser sa tradition francophone, l’ouverture de cette salle de spectacle s’inscrit dans le même cadre que celui de l’Université Senghor, de la Bibliotheca Alexandrina et des multiples ONG et centres œuvrant dans le domaine culturel dans la ville-port. Celle-ci a évolué dans un sens ou dans un autre et la religion fait d’ailleurs de plus en plus partie de son identité culturelle. Ceci dans un contexte où l’on est face à un sud méditerranéen qui s’islamise, à une Europe qui se replie sur soi par la force des choses, faisant parfois du terme « Méditerranée créatrice » une utopie. « Il faut éviter que les pays du sud s’isolent ou se prêtent à une sorte de repli identitaire. L’Euromed doit prendre tout son sens pour en faire une zone de paix et de coopération. Le sud de la Méditerranée est tout à fait stratégique pour nous, c’est notre frontière sud. L’une des missions du Centre culturel est en effet de confronter les cultures au sens noble du terme. (…). Et Alexandrie, c’est une ville de projets, une ville en devenir », précise Marie-Christine Glas, consul général de France et directrice du CFCC d’Alexandrie.

La salle entièrement refaite, qui comprend 240 sièges et deux cabines de traduction, permettra de lancer une programmation encore plus riche et plus enracinée dans une région spécifique. Cela paraît évident à travers les spectacles donnés pour l’inauguration qui s’est déroulée en grande pompe. Le choix a été pertinent, avec Sapho et Claude Barthélémy en tête d’affiche. La diva française, d’origine marocaine, réputée dans le monde arabe pour avoir chanté Oum Kalsoum, a présenté un récital Ferré Flamenco, avec des chansons de son nouveau CD disponible début 2006. Barthélémy, guitariste-compositeur-arrangeur, admiratif du feu luthiste iraqien Monir Bachir, est surtout intéressé par la tradition d’improvisation entourant le oud (luth), mais aussi par les influences mésopotamiennes en musique. Les danseurs tunisiens Hafiz Dhaou et Aïcha M’Barek ont brillé avec deux chorégraphies ; leur itinéraire étant très marqué par la voix d’Oum Kalsoum. L’écrivain Mohamed Salmawy a participé à une projection-débat autour du film Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, suivie d’une dédicace de sa traduction de cette œuvre d’Emmanuel Schmitt vers l’arabe. La compagnie La Pendue nous a fait découvrir, à travers son spectacle de marionnettes, le secret de polichinelle : pour fuir le mal, il faut rire de tout même du pire ! Une devise très égyptienne d’ailleurs, ayant sans doute marqué l’intelligentsia alexandrine au cours de sa lutte pour réaffirmer sa particularité cosmopolite en opposition à la culture cairote. Les autorités s’approprient parfois le même discours.

Dalia Chams

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