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Spectacle . Le roman de Naguib Mahfouz Miramar se transforme en opéra grâce à la plume du poète Sayed Hégab et la musique de Chérif Mohieddine. Une adaptation fidèle au texte de l’auteur.

Ils chantent Mahfouz

Après avoir donné Trois Opéras en une heure et l’Opéra de quat’sous, le trio formé par le poète Sayed Hégab, le maestro-compositeur Chérif Mohieddine et le metteur en scène Mohamad Aboul-Kheir se lance dans une troisième aventure. Ils relèvent en effet le défi de présenter Miramar, un opéra adapté d’un roman du même titre de Naguib Mahfouz. « Il y a 4 ans, après avoir présenté Trois opéras en une heure, d’après trois nouvelles de Youssef Idriss, Chérif Mohieddine m’a proposé de travailler sur l’œuvre de Mahfouz Miramar. Un roman riche en symboles. Mahfouz y traite avec une grande subtilité les différents aspects de la société égyptienne, avant et après la Révolution de Juillet 1952 », souligne Mohamad Aboul-Kheir, très préoccupé par les questions que soulève l’écrivain dans son roman, ajoutant : « Les six personnages principaux de Mahfouz sont bien différents. Je pouvais déjà les classer en soprano, mezzo-soprano, ténor, baryton, etc. J’ai eu l’impression que le roman était écrit pour être interprété par des chanteurs d’opéra ».

En fait, le roman publié dans les années 1960 avait déjà été adapté au grand écran. Mais il n’est plus question de faire la comparaison avec cette nouvelle version d’opéra. Chaque médium artistique ayant sa spécificité. Dans le but de créer un opéra plus proche du public ordinaire, il fallait recourir au langage parlé. L’adaptation du roman à un texte lyrique théâtral en dialectal a constitué un vrai défi pour le poète Sayed Hégab. Il a créé toute une série de dialogues et de conversations lyriques, prenant en considération le nombre de scènes chantées en solo, en duo, en trio, etc. « Comme d’habitude, l’espace où se déroulent les événements d’un opéra se caractérise par une ambiance plaisante et magique tels l’Egypte, le Japon. Parfois, il est question d’une atmosphère pastorale à l’italienne. Mais ceci n’est pas le cas dans Miramar. Au niveau dramatique, le roman repose sur plusieurs intrigues ; les événements sont narrés à travers quatre voix représentatives de quatre points de vue : Amer l’intellectuel, Ihsane l’ivrogne coureur, Hosni le rusé et Mansour le très proche d’Hamlet », explique Sayed Hégab.

La composition orchestrale de Chérif Mohieddine rapproche davantage l’opéra du public égyptien grâce à des mélodies arabes jouées par le oud (luth), le qanoun (instrument à cordes) ou le nay (flûte en bois). Et chanter en dialectal permet aux interprètes d’établir un rapport intime avec le public, en toute simplicité. D’ailleurs, parmi eux figurent certains jeunes chanteurs, qui essayent de manier la voix, variant leurs styles entre les critères occidentaux de l’opéra et la volupté du chant arabe.

La mise en scène quant à elle tente de s’écarter du traditionnel. Certaines scènes sortent du cadre du proscenium, faisant jouer les acteurs dans les balcons du théâtre à titre d’exemple. Et le décor a toute son importance, l’intrigue se déroulant en grande partie dans la pension Miramar. Il s’agit d’une construction de deux étages, comptant 6 chambres. La scénographie assez riche permet de voir les six personnages sur scène et de suivre leurs actions et leurs silences sans confusion aucune.

May Sélim

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Opéra Miramar. Les 14 et 15 décembre, à 20h, au théâtre Gomhouriya. Rue Gomhouriya.

Tél. : 390 77 07

 

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