Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Affaires

Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Af faires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Telecom egypt . La vente de 20 % de son capital a provoqué un afflux sans précédent. Sociétés de courtage et banques ont eu du mal à répondre à la demande.
L'action qui fait tourner les têtes

Le début des échanges en Bourse de l'action Telecom Egypt commence ce mercredi et met fin à une agitation jamais rencontrée auparavant dans le milieu. Depuis le lancement de 20 % du capital de la société de télécommunication publique, le 29 novembre dernier, les Egyptiens n'ont en effet eu qu'une question à la bouche : comment s’inscrire dans les sociétés de courtage et obtenir son code client avant la fin du délai de 7 jours consacré à l’achat des actions, soit le 7 décembre ?

Investisseurs, hommes d’affaires, fonctionnaires, paysans, chauffeurs de taxi, toutes les catégories sociales, même les plus modestes, ont tenté l'aventure, la plupart ignorant les règles du jeu de la Bourse. De longues queues aux portes des sociétés de courtage pour s’inscrire, d’autres à celles des banques pour retirer ou déposer l’argent nécessaire à la souscription, c'est-à-dire 50 % de la valeur souhaitée, voilà le paysage cairote de la semaine dernière.

« J’ai décidé de retirer tout l'argent que j'avais placé à la banque. Tous mes amis experts m'ont assuré que je réaliserai des profits d'au moins 30 ou 40 % après 3 ou 4 jours d'échanges des actions à la Bourse », raconte Mohamad Ismaïl, petit investisseur qui s'est vu octroyer un crédit auprès de la Banque Ahli pour compléter la somme réclamée par la société de courtage. Des milliers d’investisseurs ont souscrit à la dernière minute, ce qui a causé de nombreux problèmes aux banques, aux sociétés de courtage et même à la Bourse égyptienne. « Le fait que la durée de la souscription soit limitée à seulement sept jours nous a causé de gros problèmes. Il nous était très difficile de fournir toute cette liquidité dans un laps de temps si réduit », déplore Moustapha Kamel, un caissier auprès de la Banque Misr.

Rien n'a en fait été facile pour personne. Beaucoup se sont plaints de la lenteur des procédures dans les banques. Zinat Al-Sayed, vendeuse de volailles à Ataba, raconte qu’elle a dû attendre plus de six heures à la Banque Ahli pour pouvoir retirer son argent. Ahmad Abdel-Gawwad, fonctionnaire dans un bureau de conseils financiers, raconte, quant à lui, qu’il a été obligé d'attendre à l'intérieur des locaux de la Banque Misr jusqu’à 19h pour obtenir son argent. « Les liquidités ayant été épuisées, nous avons été contraints d’attendre l’arrivée de l’argent de la branche principale », se plaint-il.

Selon les responsables des banques, le problème ne résidait pas seulement dans le retrait des fonds, mais aussi dans le dépôt des grandes sommes nécessaires à la souscription. « Pour déposer l’argent nécessaire à la souscription, il nous a fallu passer 4 heures dans la Banque CIB. Vu le grand nombre de clients, la banque a dû employer tout son personnel pour le comptage des sommes déposées. Les machines ne suffisaient pas. Nous avons perdu beaucoup de temps », explique Hassan Omar, investisseur travaillant dans une société d'entrepreneurs.


Désordres divers

Les banques ne sont pas les seules à avoir souffert de cet afflux. La Bourse, elle aussi, a subi des désordres dus à l'augmentation vertigineuse des échanges, les intéressés voulant vendre leurs titres pour pouvoir acheter les actions de Telecom Egypt.

Le marché des voitures mais aussi celui de l’or n'ont pas non plus été épargnés, certains clients à la souscription ayant décidé de vendre leur véhicule ou une vieille parure en or afin de récolter les fonds nécessaires. « Cette semaine a été la plus active en ce qui concerne la vente de l'or. Jamais, depuis plus de 3 ans, je n'ai vu les gens vendre leur or de cette manière », assure Walid, un bijoutier de Guiza.

En une semaine, 250 000 nouveaux clients ont pu s'inscrire et obtenir leur code à la Bourse égyptienne. Et les banques ont récolté des liquidités à hauteur de 55 milliards de L.E. pour cette souscription publique, qui a réussi à mobiliser les Egyptiens désireux de réaliser des bénéfices rapides, notamment après le succès enregistré par l’action d’Amoc (pétrochimie) émise il y a deux mois. Il suffit de savoir que les 170 millions d’actions de Telecom Egypt mises en vente pour les particuliers ont été couvertes 10 fois, alors que les autres 170 millions d’actions consacrées aux institutionnels ont été couvertes 60 fois.

Mais les particuliers n'ont pas bataillé à armes égales. Ceux ayant des relations avec un responsable de la Bourse se sont contentés de ne payer que 25 % de la valeur totale des actions désirées. Certains n'ont pas versé une piastre, ce qui a d'ailleurs suscité la colère de certains. « Comme d’habitude, c'est la classe moyenne et modeste qui assume le lourd fardeau. Aucun petit dépositaire n’a pu échapper aux 50 % nécessaires à la souscription. Une mesure qui a limité les chances des petits porteurs d’obtenir le nombre d’actions souhaité », regrette un petit investisseur. Peut-être pourra-t-il se consoler autrement : l'action Telecom Egypt se vendait déjà sous la table lundi entre particuliers à 28 L.E., contre un prix initial de vente de 14,8 L.E..

Névine Kamel
Dahlia Réda

Retour au Sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631