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Iraq . La situation sécuritaire est de plus en plus alarmante, après des heurts entre les forces d'occupation et une faction chiite. Des sénateurs américains parlent d’un éventuel report du transfert de la souveraineté aux Iraqiens, prévu le 30 juin prochain.
Sadr entre en jeu

Dimanche dernier, dans plusieurs villes iraqiennes, des chiites se sont opposés aux forces de la coalition. La principale cause du déclenchement des violences : l’arrestation samedi de Moustapha Yacoubi, assistant du Moqtada Al-Sadr, leader chiite que les Américains soupçonnent d’être impliqués dans le meurtre d’un autre leader chiite en avril 2003. La réponse des partisans d’Al-Sadr ne s’est pas fait attendre : des manifestations ont éclaté pour protester contre l’arrestation et le bilan fut lourd. D’abord près de Nadjaf, les forces de la coalition, notamment les Espagnols, ont tiré sur les manifestants, faisant 22 morts et 200 blessés côté iraqien tandis que deux soldats américain et salvadorien ont trouvé la mort. Plus tard dans la nuit, à Sadr City, principal quartier chiite de Bagdad, 7 Américains et 28 Iraqiens ont été tués lors de heurts entre manifestants chiites et forces américaines. A Amara, quatre manifestants iraqiens ont été tués par les forces britanniques. Lundi, les partisans de Sadr se sont emparés du siège du gouverneur de Bassora. Une situation sécuritaire qui risque de se détériorer davantage. Car pour le leader chiite, les manifestations sont devenues désormais « inutiles ». « Je vous demande de ne plus manifester, car c’est inutile à partir du moment où votre ennemi aime terroriser, fait taire les opinions et méprise les peuples », a déclaré Al-Sadr, qui a par conséquent appelé ses partisans à « terroriser l’ennemi ».

De son côté, Paul Bremer, administrateur américain en Iraq, a déclaré le leader chiite hors-la-loi. « Nous avons un groupe mené par Moqtada Sadr qui s’est placé en dehors de la légalité de la coalition et des responsables iraqiens », a-t-il déclaré. Autrement dit, entre les deux parties, la guerre est belle et bien déclarée. Les Américains se retrouvent donc dans une situation encore plus difficile. Jusque-là, ils s’étaient convaincus que leurs opposants étaient issus principalement de la communauté sunnite qui a énormément perdu de son pouvoir à la suite de la chute du régime baasiste. Ils doivent désormais compter une partie des chiites parmi les rebelles, même si l’Ayatollah Ali Al-Sistani, autre leader chiite, a pour sa part appelé au « calme et au sang-froid », et à la résolution du conflit par les négociations.

Preuve des difficultés sécuritaires des Américains, la semaine dernière, à Falloujah, ville sunnite, quatre gardes américains avaient été tués et deux des corps mutilés par une foule en colère. Un acte qui a été largement condamné par les imams des mosquées de la ville comme étant en contradiction avec la religion et les valeurs musulmanes, mais qui montre sans équivoque la haine ressentie par une partie de la population envers l’occupation américaine et l’insécurité qui continue à régner dans le pays. L’incident a surtout rappelé aux Américains un acte similaire qui a eu lieu en Somalie en 1993, qui avait poussé les forces américaines à se retirer du pays. C’est la raison pour laquelle Washington s’est empressé de déclarer que les Américains ne seraient en aucun cas intimidés par cet acte et que la présence américaine perdurerait jusqu’au transfert de souveraineté le 30 juin prochain.


Doutes sur la date de retrait

Or cette date a été mise en doute cette semaine par un certain nombre de sénateurs américains. Le président de la commission des relations extérieures du Sénat, Richard Lugar, a ainsi déclaré que le transfert pourrait devoir être reporté car la situation sécuritaire est préoccupante et que la police iraqienne n’était pas prête à l’assumer. Plus encore, il estime que les troupes américaines en Iraq sont insuffisantes et ont besoin de renforts. Une suggestion reprise par le principal sénateur démocrate de la commission, Joseph Biden, qui a déclaré que la formation des forces iraqiennes nécessiterait des années et non pas des mois, et qu’un transfert prochain pourrait engendrer une guerre civile avec toutes les milices armées du pays.

Des déclarations qui pourraient sans aucun doute compromettre la crédibilité de Washington et alimenter les craintes des opposants iraqiens qui n’ont jamais cru à un départ proche des forces américaines. D’où le fait que les Américains encouragent un rôle plus poussé de l’Onu dans la crise iraqienne. Après avoir fait cavalier seul durant la guerre contre l’Iraq l’année dernière, Washington mise aujourd’hui beaucoup sur l’émissaire de l’Onu, Lakhdar Brahimi, en mission actuellement en Iraq, espérant que l’Onu donnera une légitimité au transfert de souveraineté au nouveau gouvernement iraqien ainsi qu’à un éventuel prolongement de la présence des forces de la coalition dans le pays. La tâche de Brahimi, arrivé dimanche à Bagdad, est donc très lourde. Il doit aider les Iraqiens à organiser des élections et à former un gouvernement. Mais le plus dur reste de trouver une structure qui pourrait aider à surmonter les rivalités intercommunautaires qui ont émergé après la chute de l’ancien régime en proposant une répartition du pouvoir qui satisferait les différents partis et surtout donnerait une crédibilité à un gouvernement transitoire dont beaucoup d’Iraqiens mettent en doute la légitimité.

Heba Zaghloul
 

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