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Expositions . Quatorze présentations d’antiquités égyptiennes ont été organisées en 2004 dans différents pays du monde. Un record.

L’égyptomania a le vent en poupe

Le succès de l’exposition La Recherche de l’éternité — les trésors mystérieux de l’Egypte —, qui se tient aux Etats-Unis depuis deux ans et doit y rester encore trois ans, a inspiré le Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Sur sa lancée, le comité des expositions étrangères relevant de cette instance a organisé 13 autres expositions au cours de cette année. Quatre d’entre elles se tiennent toujours en plus de celle des Etats-Unis, à Grenoble en France, à Bonn et à Paris. Cette dernière étant celle de Pharaon à l’Institut du Monde Arabe (IMA).

Les autres expositions, dont la durée variait entre un et six mois, ont pris fin. Une politique qui semble être une constante du CSA, puisque trois autres expositions sont prévues au début de 2005. Il est à noter que l’essor des expositions égyptiennes à l’étranger remonte au début des années 1980. « Grâce au nombre croissant des demandes reçues de différents pays et aussi au nouvel esprit qu’essaye de diffuser Zahi Hawas, secrétaire général du CSA », explique Loutfi Abdel-Hamid, président du comité des expositions étrangères au CSA.

La question principale concernant ces expositions est celle des modalités permettant d’assurer leur sécurité. « Les expositions de cette année ont exigé trois ans de préparation. Pour garantir le maximum de sécurité pour les antiquités, les procédures à cet égard sont très compliquées », reprend Loutfi Abdel-Hamid. En fait, les demandes des pays étrangers, qui sont nombreuses, sont adressées au ministère de la Culture avec précision des pièces voulues ou du thème principal de l’exposition, ainsi que de la date où elle aura lieu. Cette demande est remise préalablement au comité des expositions qui juge, lui, de la possibilité d’envoyer les pièces désignées ou non. Parfois le comité refuse des demandes car les pièces sont rares, fragiles ou ne peuvent pas supporter le transport. Les organisateurs des expositions, eux, doivent de leur côté respecter quelques règles. La loi sur la sauvegarde des antiquités autorise le transport des objets anciens, à condition que le lieu d’exposition soit adéquat et la garantie de leur sécurité soit tout au long du voyage.

L’approbation du comité n’est qu’une étape. Tout le dossier est transmis au cabinet du premier ministre pour être discuté à travers d’autres comités techniques. Fin du parcours ? Non. L’exposition n’a lieu qu’après un décret présidentiel. « Toutes ces procédures ont pour but de garantir le plus de sécurité à nos trésors. C’est à nous d’imposer les conditions qui garantiront une meilleure sauvegarde de notre patrimoine », assure M. Loutfi. L’assurance sur les pièces se fait à travers de grandes compagnies égyptiennes contre des sommes très élevées. « Ces assurances sont primordiales pour la sécurité des antiquités, elles nous ont beaucoup aidés lorsqu’une toute petite partie de la couronne de la statue d’Akhenaton exposée à Valence, en Espagne, s’est fissurée, on a obtenu 250 000 dollars de la compagnie d’assurance », assure Akmal Mohamad, membre du comité des expositions. Une lettre de garantie d’une banque connue à l’adresse de la Banque Centrale égyptienne est nécessaire pour les cas de guerre ou de catastrophe naturelle.

L’argent perçu par le CSA est déterminé par le nombre de pièces exposées, la durée de l’exposition et le fait qu’elle seront transportées d’une ville à une autre à l’intérieur d’un même pays. Ceci dit, les revenus de l’exposition des Etats-Unis ont été de 13 millions de dollars. Les recettes contribuent à l’augmentation du maigre budget du CSA consacré à la restauration des autres antiquités.

Loin des intérêts financiers, ces expositions constituent une excellente propagande pour l’Egypte, qui met ainsi en relief son ancienne civilisation, et en même temps un moyen efficace de publicité pour attirer les touristes dans le pays. Quelques opposants pensent que de telles présentations peuvent diminuer le nombre de touristes en Egypte. Argument refusé, puisque le Louvre et le British Museum sont riches en antiquités égyptiennes, ce qui n’a pas empêché les touristes britanniques et français d’être la grande masse de la clientèle du tourisme en Egypte.

Abdel-Halim Noureddine, ex-secrétaire général du CSA, estime que ces expositions sont le meilleur moyen de présenter notre civilisation millénaire au monde, surtout si l’on expose nos antiquités dans des pays qui n’ont pas de fortes relations culturelles avec l’Egypte, comme la Chine, le Japon et les pays de l’Amérique Latine.

Dalia Farouk
 
 

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