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kyoto . Le Parlement a ratifié le protocole qui s’attaque aux émissions de gaz à effet de serre. Ce protocole, qui menace les intérêts des pays industrialisés, permettra aux pays en voie de développement de profiter de donations et de subventions.

Compte à rebours lancé
« L’Egypte a déjà signé le protocole de Kyoto le 15 mars 1999, mais il restait au Conseil du peuple à le ratifier, c’était urgent car il y a un délai d’enregistrement bien précis pour les 126 pays signataires du protocole », explique Magued George, ministre d’Etat pour les Affaires de l’environnement.

Le protocole de Kyoto entrera en vigueur le 16 février 2005, soit presque sept ans après son adoption au Japon en 1997. Cet accord contraint les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % d’ici 2012 par rapport à leur niveau en 1990. Avec la ratification officielle de la Russie remise aux Nations-Unies, le 18 novembre dernier, le délai d’entrée en vigueur de 90 jours a commencé à s’écouler.

En fait, le protocole était suspendu car les Etats-Unis avaient tourné le dos au texte après l’élection de George Bush en 2000, de ce fait la ratification de la Russie, qui a négocié une place à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), était donc déterminante, puisqu’elle est responsable de 17 % des émissions de gaz à effet de serre.

Ce Protocole n’est qu’un premier pas contre le réchauffement climatique, mais il est néanmoins vital. Il représente un système d’industrialisation propre : les pays industrialisés pourront obtenir des crédits d’émissions s’ils financent des projets les réduisant dans les pays en voie de développement. Par exemple, une aciérie américaine devant réduire de 1 000 tonnes ses rejets de carbone d’ici 2012 pourra en finançant la même diminution de CO2 pour une aciérie indienne, à moindre coût, conserver la quantité de ses rejets.

Depuis la signature du protocole, l’Egypte a déjà donné le feu vert à plusieurs projets allant dans le sens du système d’industrialisation propre. « Nous avons commencé notre second dénombrement des sources d’émissions de gaz à effet de serre, nous favorisons également l’importation des pays développés de technologies respectant l’environnement et en même temps, nous avons mis en place des formations augmentant nos compétences pour leurs utilisations efficaces et durables », explique le Dr Mohamad Al-Chahawi, responsable du département des changements climatiques au sein de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE).

L’Egypte a commencé à investir dans plusieurs projets basés sur l’énergie renouvelable comme la production d’électricité à travers l’énergie éolienne (Zaafarana, Hurghada et la Côte Nord) ou l’énergie solaire (les projets de pompage de l’eau à Tochka, Al-Koraymate, et dans certains villages touristiques). Selon le Dr Chahawi, l’Egypte a également profité de la paille de riz pour produire de l’énergie organique, qui est le biogaz qui sert comme combustible pour les fours dans les logements à Charqiya et Daqahliya, au gouvernorat du Delta.

« Nous avons aussi commencé des plans d’arborisation qui aident à l’absorption du CO2. Nous essayons d’améliorer l’efficacité de l’énergie dans les industries de fer et d’acier, et remplaçons les lampes ordinaires par d’autres fluorescentes ou économiseurs d’énergie », assure Al-Chahawi.

De même, l’Egypte essaie de convertir le plus grand nombre de véhicules au Gaz Naturel (GN), mais aussi de reformer les briqueteries afin qu’elles utilisent le gaz naturel comme combustible.

Dalia Abdel-Salam
 
Adhésion bénéfique
L’adhésion des pays en voie de développement, y compris l’Egypte, leur est bénéfique à plus d’un titre.

« L’Egypte pourra réaliser un revenu annuel de 20 millions de dollars en vendant, sur le marché international, des certificats de réduction d’émissions de carbone nommés CER, nous pourrons de même profiter de la coopération internationale pour des projets favorisant la réduction des émissions polluantes, et en même temps se positionnant sur un développement durable », a indiqué le ministre Magued George.

Selon le Dr Chahawi, L’Egypte profitera largement de l’importation des technologies nouvelles et propres ainsi que des conseils d’experts et de formations. Il ne faut pas oublier qu’il y aura un développement de l’emploi accompagné d’aides financières.

En effet, le sauvetage du protocole, s’il a une portée diplomatique et économique considérable, aura néanmoins un impact important sur le climat. Car les gaz qu’il réglemente, issus surtout de l’usage du charbon et du pétrole, ont une durée de vie pouvant atteindre des centaines d’années, et leur accumulation dans l’atmosphère réchauffe déjà la planète. Il faut donc impérativement poursuivre les négociations pour aller plus loin. Selon les experts, une diminution de moitié des émissions mondiales serait nécessaire d’ici 2050 pour limiter le réchauffement mondial à 2 degrés supplémentaires à la fin du siècle. Or, l’objectif final ne peut donc être atteint sans les Etats-Unis, premier pollueur planétaire avec le quart des émissions de CO2. Selon des diplomates, la présidence propose d’organiser dans les prochains mois deux ou trois « séminaires », destinés à déminer le terrain avant l’ouverture des négociations officielles en novembre 2005 sur « l’après-2012 » .

D.A.S
 

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