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Egypte-israël. Le Caire a remis dimanche aux autorités israéliennes l’espion Azzam Azzam. De son côté, Tel-Aviv a libéré le même jour six étudiants égyptiens détenus pour complot et tentative d’assassinat. Un geste mutuel traduisant le début d’un dégel.
Le réchauffement

S’agit-il d’un arrangement entre l’Egypte et Israël ? Tandis que Le Caire libérait cette semaine l’espion israélien Azzam Azzam, condamné en 1997 à 15 ans de travaux forcés, Tel-Aviv relâchait au même moment six étudiants égyptiens arrêtés le 25 août dernier sur son territoire et accusés d’avoir planifié l’enlèvement et l’assassinat de militaires israéliens. L’échange a eu lieu dimanche au poste-frontière israélo-égyptien de Taba, sur la mer Rouge. « La libération des six étudiants égyptiens est un geste de bonne volonté en réponse à un geste similaire du président Moubarak, qui a accepté à la demande de Sharon de réduire la peine d’Azzam Azzam », affirme-t-on du côté israélien. Pourtant, en Egypte comme en Israël, les responsables ont évité de parler d’un échange de prisonniers en bonne et due forme. Le porte-parole de la présidence égyptienne, Magued Abdel-Fattah, a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas eu à proprement parler de transaction. « Il n’existe pas de marché sur cette question », a-t-il insisté. Pourtant, la libération des six étudiants était l’une des principales questions à l’ordre du jour de la visite le 2 décembre en Israël d’une délégation égyptienne formée du chef de la diplomatie, Ahmad Aboul-Gheit, et du chef des services de renseignements, Omar Solimane. Plus qu’un simple arrangement, l’échange des prisonniers est perçu par certains observateurs comme le signe d’un réchauffement des relations égypto-israéliennes. C’est ce qu’explique une source diplomatique ayant requis l’anonymat. « C’est un geste mutuel, mais il faut le placer dans un contexte plus large », assure la source. C’est le début d’un dégel entre Le Caire et Tel-Aviv, dont les relations s’étaient quelque peu tendues depuis le déclenchement de l’Intifada palestinienne en septembre 2000. Dégel qui est perceptible depuis quelques semaines déjà. Pour preuve, le premier ministre israélien et le président Moubarak ont convenu dans un entretien téléphonique de « poursuivre leur coopération dans l’intérêt des générations à venir ». Selon la source diplomatique, la prochaine étape du rapprochement entre Le Caire et Tel-Aviv pourrait se traduire par un retour de l’ambassadeur égyptien en Israël dans un proche avenir. Le porte-parole de la présidence a expliqué dans des déclarations à l’Hebdo que « l’Egypte et Israël sont liés par des accords de paix et il est normal que l’Egypte ait un ambassadeur en Israël. Bien sûr, le retour de l’ambassadeur est lié à des progrès dans le processus de paix ». Et d’ajouter : « Nous pensons qu’il y a un début de coopération de la part des Israéliens, reflétée par les engagements israéliens de faciliter les élections palestiniennes du 9 janvier pour désigner un successeur à Yasser Arafat à la tête de l’Autorité palestinienne ». Ariel Sharon est prêt à faciliter la tenue du scrutin palestinien du 9 janvier en échange de l’arrêt des violences, avait affirmé jeudi le président Moubarak. « Le premier ministre israélien s’est déclaré prêt à faire ce que les Palestiniens demandent pour faciliter le déroulement du scrutin, et à lever les barrages », a déclaré le chef de l’Etat. « Sharon ne demande qu’une seule chose, qu’ils arrêtent les violences pour faciliter la tenue du scrutin », a poursuivi Moubarak. Il a estimé nécessaire que Palestiniens et Israéliens contribuent aux efforts pour assurer le succès des élections palestiniennes.

Selon la source diplomatique, l’Egypte a subi des pressions américaines pour relancer la normalisation avec Israël. Et pour parvenir à ce rapprochement, il fallait faire un geste, ce qui fut le cas avec cet échange de prisonniers. « Je suis convaincu que si les Palestiniens n’arrivent pas à réaliser une avancée dans le processus de paix durant l’ère de M. Sharon, il sera difficile de réaliser une quelconque avancée dans l’avenir, car il est capable d’œuvrer pour la paix et de trouver une solution s’il le veut », avait déclaré Moubarak. Ces propos ont eu des échos favorables chez les responsables israéliens. Lundi, l’Egypte, Israël et les Etats-Unis ont signé au Caire un protocole d’accord pour l’établissement d’une zone de libre-échange. L’information a été donnée par la présidence du conseil israélien à Jérusalem et par le Conseil des ministres égyptiens. L’accord prévoit l’établissement de zones franches, appelées « Qiz », entre Israël et l’Egypte, dont la production pourra entrer sans droits de douanes aux Etats-Unis, sans respect de quotas d’importation. Les produits seront fabriqués dans deux zones « Qiz » en Egypte et comporteront au moins 11,25% de composants israéliens. De telles zones existent déjà en Jordanie. Pour des raisons politiques, l’Egypte était jusqu’à présent très réticente à signer les accords « Qiz », qui lui avaient été proposés dès 1995. L’abrogation en janvier 2005 de l’accord Multifibre, qui se traduira par la suppression des quotas d’importations aux Etats-Unis, l’a contrainte à chercher à préserver le marché américain, débouché principal pour son industrie de l’habillement.

 

 

 

Chérif Ahmed

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