Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Kiosque

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie
Carrefour
de Mohamed Salmawy
Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Femmes
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Kiosque. La course à la candidature présidentielle palestinienne a fait la une de la presse arabe et égyptienne cette semaine.
Le jeu de Barghouti

« Ce que nous voulons, c’est que chaque Palestinien puisse voter en toute liberté pour élire qui il veut. Cela est en soi plus important que le résultat », a déclaré Abou-Mazen dans un très long entretien accordé à Makram Mohamad Ahmad dans le magazine hebdomadaire Al-Moussawar.

La scène politique palestinienne connaît des bouleversements graves suite au changement surprenant survenu dans la position de Marwane Barghouti. « M. Barghouti, 45 ans, chef populaire de l’Intifada qui purge une peine de prison à vie en Israël, s’est porté candidat à la présidentielle à la surprise générale, quelques jours après avoir exclu lui-même cette possibilité », écrit Islam Kamal dans le magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef. Les instances dirigeantes du Fatah ayant désigné Abbass comme candidat du mouvement au scrutin, M. Barghouti s’est inscrit en tant qu’indépendant. « Pourquoi donc Marwane Barghouti a-t-il changé de position, alors qu’il avait annoncé avec conviction et sens des responsabilités politiques vouloir soutenir Abou-Mazen afin que sa victoire soit forte devant Israël et les Etats-Unis ? », poursuit Kamal.

Mais la personnalité du chef de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Mahmoud Abbass, candidat du Fatah à l’élection présidentielle palestinienne, continue de susciter quelques interrogations. Dans la revue hebdomadaire Al-Moussawar, Makram Mohamad Ahmad s’interroge : « Abou-Mazen réussira-t-il à unir les rangs palestiniens et à former un front national palestinien comprenant toutes les forces ? Comment Abou-Mazen — qui était il n’y a pas longtemps sujet de conflit palestinien —, peut-il remplir le vide laissé par Arafat. D’autant plus qu’il continue à faire l’objet de doutes palestiniens selon lesquels il serait moins attaché aux constantes de la question palestinienne ».

Sous le titre « La candidature douteuse de Marwane Barghouti » dans le quotidien londonien Al-Hayat, Bilal Al-Hassan écrit : « La candidature de Barghouti en tant qu’indépendant signifie-t-elle son départ du mouvement Fatah ? Et où est sa responsabilité en tant que symbole de l’unité des combattants et non de la division des rangs palestiniens ? Prendra-t-il la tête d’un conflit entre les générations ? Ou sera-t-il à la tête d’un conflit entre les habitants de l’intérieur et ceux de l’extérieur ? ».

Al-Ahram, dans l’un de ses éditoriaux, appelle toujours à l’unité des rangs palestiniens : « Il est certain que tout citoyen palestinien a le droit de se présenter aux élections présidentielles, mais la phase par laquelle passe la question palestinienne de l’après-Arafat exige la coordination, la compréhension et l’unité de la part de tout le monde autour des leaders et des règles du mouvement Fatah. Il s’agit en effet du mouvement le plus important de l’histoire de la lutte palestinienne. D’ailleurs, la question n’est pas du tout personnelle ».

Les titres du quotidien d’opposition Al-Wafd expriment plus clairement la gravité de la situation : « Le séisme Barghouti fait trembler le mouvement Fatah », « L’absence du symbole a entraîné un conflit entre les leaders à l’intérieur et à l’extérieur ».

Abou-Mazen aura donc de nombreux obstacles devant lui. Et Saleh Al-Kalab en identifie trois principaux : « Abou-Mazen doit d’abord combattre au sein du mouvement Fatah face à l’opposition palestinienne, ensuite il devra combattre dans le cercle israélien, et enfin dans le cercle de l’Administration américaine ».

« Il est certain que la chance est plus grande pour Abou-Mazen, sauf si Israël utilise ses sales manœuvres pour faire gagner Barghouti, et ainsi la question palestinienne sera prisonnière, derrière les barreaux », explique Samir Ragab dans son éditorial.

« Il semble que l’histoire du Fatah se terminera par un conflit entre Arafatistes (partisans d’Arafat), qui croient en la résistance et en un règlement, Abbassistes (partisans d’Abbass), qui se jettent dans les bras des Américains, et les héritiers qui transforment la question palestinienne en intérêts personnels », souligne Mahmoud Al-Tamimi dans Al-Osboue.

Enfin, pour que le chemin de l’après-Arafat passe forcément par la démocratie, Palestiniens de l’intérieur, de l’extérieur et de toutes les différentes factions doivent mesurer la gravité de la situation et s’unir

Hoda Ghali
Retour au sommaire
Un fauteuil pour deux

Pour la seconde élection présidentielle de leur histoire, les Palestiniens auront le choix entre deux personnalités très différentes, le candidat institutionnel du Fatah Mahmoud Abbass, et un symbole de l’Intifada, Marwane Barghouti, emprisonné en Israël.

Alors qu’Abbass représente un interlocuteur acceptable pour l’Etat hébreu, le gouvernement israélien a promis de maintenir Barghouti en prison pour les prochaines décennies. Secrétaire général du Fatah pour la Cisjordanie, Barghouti a été longtemps perçu comme le successeur potentiel de Yasser Arafat, décédé le 11 novembre dernier. Arrêté en avril 2003, il a été condamné en juin dernier à cinq peines de prison à vie par un tribunal israélien qui l’a reconnu coupable d’implication dans des attentats anti-israéliens. Pour la plupart des Palestiniens, il est le seul à jouir d’une légitimité suffisante pour imposer ses vues aux mouvements radicaux et le seul capable de négocier avec les Israéliens.

Abbass a quant à lui critiqué la « militarisation » de l’Intifada. Le 28 novembre, le chef de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) avait indiqué qu’il ne permettrait à personne de porter des armes en dehors des services de sécurité, alors que Barghouti a appelé à la poursuite de l’Intifada. Abbass, co-fondateur du Fatah dans les années 1960, est convaincu que c’est à travers les négociations qu’une issue pourrait être trouvée au conflit israélo-palestinien. Il était devenu en 1974 le premier responsable palestinien de haut rang à entreprendre des contacts avec l’Etat hébreu. Perçu comme un modéré à l’étranger, Abbass n’a toutefois pas le charisme de son jeune rival chez les Palestiniens. Peu de Palestiniens ont regretté sa démission du poste de premier ministre en septembre 2003, l’accusant de s’être trop rapproché du président américain George W. Bush, ainsi que du premier ministre israélien Ariel Sharon.

En annonçant sa candidature en tant que candidat indépendant au scrutin du 9 janvier, Barghouti compromet les chances du chef de l’OLP, jusqu’alors grand favori. Il sème le trouble et divise le principal mouvement palestinien Fatah. Il défie ainsi la vieille garde et devient le principal rival d’Abbass, 69 ans, désigné comme candidat unique du Fatah. Sans lui, la course à la présidence de l’Autorité palestinienne ressemblerait à celle de 1996 où Yasser Arafat était le candidat incontesté du peuple et avait été élu à une très large majorité. Sa candidature est donc bonne pour la démocratie palestinienne naissante .

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631