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Israël . La crise gouvernementale déclenchée par le limogeage des cinq ministres du parti centriste laïque Shinouï risque de compromettre le plan de retrait de la bande de Gaza.

Sharon contre le Likoud

Pour la première fois de l’histoire d’Israël, le premier ministre Ariel Sharon présidait dimanche une réunion du cabinet composé des représentants d’un seul parti, le sien, le Likoud. Ce gouvernement ne comprend plus que treize ministres, le chiffre le plus bas dans les annales politiques du pays depuis les premières élections en 1949.

Depuis l’entrée en fonctions du deuxième gouvernement Sharon en février 2003, en sont sortis successivement les ministres d’extrême droite, puis religieux, et enfin les ministres du Shinouï.

La crise politique a commencé quand Sharon a démis le mercredi 1er décembre les cinq ministres de cette formation centriste laïque pour sanctionner leur vote au Parlement contre le projet de budget 2005 qui accordait plus de 60 millions de dollars aux institutions scolaires contrôlées par le parti Judaïsme Unifié de la Torah.

Sharon compte élargir au plus tôt sa coalition en faisant entrer dans le gouvernement des représentants du Parti travailliste et d’au moins de l’un des deux partis ultra-orthodoxes (le Judaïsme Unifié de la Torah et le Shass). A cet égard, le Comité central du Likoud doit décider jeudi 9 décembre d’un tel élargissement à la demande de Sharon.

Pendant ce temps, Sharon tente de mettre les bouchées doubles pour surmonter l’opposition au sein de son parti, à l’entrée des Travaillistes au gouvernement. Selon lui, si ses efforts échouent, « il n’y aura pas d’autre choix que des élections anticipées », tout en réaffirmant son opposition à tenir ces élections anticipées, car il n’est pas sûr de pouvoir les emporter.

« Nous ne devons pas revenir sur les erreurs passées », a-t-il ajouté en allusion au vote en août par la Convention du Likoud d’une motion contre l’entrée des Travaillistes au gouvernement. Mais Sharon est encore optimiste. « J’espère et je crois que nous parviendrons à constituer une coalition stable qui gouvernera jusqu’en novembre 2006 », la fin de la législature actuelle. Sharon ne peut compter pour l’heure que sur les 40 députés de son parti. En cas de succès, Sharon disposerait d’une majorité absolue au Parlement.

Le premier ministre brandit la menace d’élections anticipées s’il n’obtient pas gain de cause tout en intensifiant les contacts avec le chef de l’opposition travailliste, Shimon Pérès, qui se verrait offrir un poste de premier plan — restant encore à définir — dans le prochain cabinet. Sharon a proclamé jeudi sa volonté de constituer rapidement une nouvelle coalition avec les Travaillistes et au moins un parti religieux pour mener à bien son plan de retrait de Gaza.

Mais il reste toute une série d’obstacles à franchir, relève son conseiller médiatique Eyal Arad. « Il va falloir convaincre le Comité central du Likoud qui avait voté en août contre l’entrée des Travaillistes ; il va falloir aussi l’accord du Comité central travailliste et il faut espérer que les ultra-orthodoxes n’auront pas des exigences excessives pour entrer au gouvernement », a-t-il précisé.

Un autre obstacle demeure à surmonter, celui du budget. Ce dernier doit être voté avant le 31 décembre après trois lectures. Si le gouvernement ne respecte pas l’échéance, il dispose d’un délai de grâce de trois mois pour le faire adopter. Mais si le texte n’a toujours pas été voté au 31 mars, le gouvernement tombe et des élections doivent avoir lieu.

L’un des enjeux de la crise gouvernementale est le retrait israélien prévu pour 2005 de la bande de Gaza et de quatre colonies isolées au nord de la Cisjordanie. Sharon a proclamé sa volonté de constituer rapidement une nouvelle coalition pour mener à bien ce retrait. « Le plan de désengagement sera appliqué. Point à la ligne », a-t-il martelé à deux reprises jeudi. Si Sharon parvient à former une nouvelle coalition avec le parti travailliste, le plan de retrait serait appliqué. Les Travaillistes font de l’application de ce plan une condition sine qua non pour leur entrée au gouvernement. Cependant, une éventuelle participation du Shass peut se révéler problématique pour le plan de Sharon. Le parti ultra-orthodoxe a toujours refusé de cautionner un retrait israélien des Territoires palestiniens occupés. En revanche, l’échec de Sharon à former une collation avec ces deux partenaires et donc la tenue d’élections anticipées serait fatale pour le plan de séparation. Dans le meilleur des cas, il sera reporté aux calendes grecques.

Le plan de retrait prévoit une évacuation de la bande de Gaza, ainsi que les 8 000 colons israéliens installés dans cette région et dans quatre autres petites colonies isolées du nord de la Cisjordanie

Maha Salem
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