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Peinture. Dans ses aquarelles qu’elle expose à la galerie d’art de Zamalek, Gazbia Sirry peint des espaces qu’elle a traversés et qu’il fait bon de rappeler.

Des lieux et des hommes

Evasion. C’est ainsi qu’on pourrait intituler cette nouvelle exposition de Gazbia Sirry. En effet, cette artiste qui sait jongler comme personne avec tous les matériaux, mais surtout avec l’huile, s’évade et nous emmène en escapade à travers ses aquarelles où des lieux privilégiés surgissent çà et là. Des lieux qu’elle a parcourus, qu’elle a aimés et qu’elle se remémore. Bien loin du Caire, ville tapageuse où les hommes semblent courir dans une course sans fin, Gazbia Sirry retrouve la quiétude des espaces où des femmes et des hommes qu’elle ne connaît pas prennent encore le temps de vivre à l’ombre des arbres ou sur les rivages des mers. A Paris, Alexandrie, Louqsor ou Hurghada.

Sur la terrasse d’un café, des inconnus sirotent un café à Paris ou un narguilé à Hurghada. Qu’importe le lieu. Autour d’eux des espaces de tranquillité s’ajoutent au bleu du ciel pour donner à ces moments de grâce encore plus d’intensité. Au jardin du Luxembourg, des jeunes et des moins jeunes lisent leur journal ou se promènent lentement. Sur les rives de la Méditerranée, des êtres attendent dans un port à Alexandrie. Une attente d’un autre temps, dans un lieu qui semble en dehors du temps. Entre jaune, bleu et vert les aquarelles de Gazbia Sirry portent les emblèmes de l’ouverture sur le large ou sur l’histoire. A Louqsor, tout près d’un temple, une calèche attend pour balader des touristes. Des passants en galabiya vaquent paisiblement à leur quotidien, presque indifférents à la grandeur des lieux qu’ils traversent.

Pas souvent solitaires, les êtres de Gazbia Sirry se retrouvent pour discuter ou pour travailler. Et même s’ils le sont, d’autres personnes se trouvent à proximité. D’autres hommes qu’ils ne connaissent pas et qui leur tiennent compagnie d’une certaine façon. Est-ce la raison pour laquelle l’artiste a une telle prédilection pour les cafés ? Ces lieux extraordinaires où des hommes sont en compagnie d’autres qu’ils ne connaissent pas alors que la vie déferle non loin d’eux. Sur les trottoirs, les passants n’ont pas le temps de laisser couler le temps et s’affairent. Les cafés changent de pays ; dans l’un d’eux en Egypte, un cireur de chaussures donne le ton du lieu comme pour ces petites échoppes d’Hurghada où le grand récipient de fèves nous apprend qu’en ces lieux les hommes parlent une langue différente. Il n’y a jamais dans ces sketches de Gazbia Sirry, où les traits des visages semblent disparaître pour laisser la couleur modeler les espaces, de différences. Si ce n’est par des signes imperceptibles d’objets ou par la manière de s’habiller. Que ce soit en France ou en Egypte, les cieux sont sereins et le temps est à la détente.

Mais ce qui touche le plus dans cette exposition, ce sont les petites barques de pêcheurs qui jonchent le vieux port d’Alexandrie comme autant de taches de couleurs qui rappellent la spontanéité des dessins d’enfants. Des taches qui restent lumineuses, qu’il pleuve ou qu’il vente. Car Gazbia Sirry a opté pour la bonne humeur sous toutes ses formes, envers et contre tout. Des aquarelles comme des rayons de soleil en ces temps de grandes difficultés.

Toutefois, ce n’est pas le site qui intéresse le plus l’artiste, mais ce mélange de lieux et d’hommes. Des hommes qui apparaissent pareils en Occident ou en Orient, au bord de la mer ou dans la vacuité du désert. Ils sont toujours les mêmes et c’est « leur essence » que Gazbia Sirry essaie de capter à travers son pinceau. Dans la dédicace du livre sur elle édité par l’AUC Press, elle confirme son parcours artistique : « J’ai le sentiment de fusionner avec les différents éléments de la nature et de la vie comme les hommes, le désert, la mer, les plantes et même les constructions des hommes. J’essaie de me libérer de toute chose. Essayant même l’impossible, en courant à travers le monde comme une folle, en espérant atteindre le bord uniquement pour m’asseoir et balancer mes pieds dans l’espace ».

A travers ces aquarelles toutes simples, peintes ces dernières années, Gazbia Sirry fait un pas encore plus loin dans la libération et la légèreté de son pinceau.

Soheir Fahmi

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