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Festival international du film du caire. Les pays du Sud et leurs difficultés sont à l’affiche de cette 28e édition, notamment à travers les films en compétition.

Le sud dans tous ses états

Chérif Al-Choubachi, président du festival l’avait bien annoncé. Les films de la compétition seront à l’image du monde et de ses conflits, notamment ceux du Sud. « Le cinéma du Sud ne cesse de récolter les prix des festivals internationaux. Il s’est fait son petit bonhomme de chemin et a surmonté les contraintes hollywoodiennes, imposant quelques thèmes prédéterminés, pour garantir la distribution des films », affirme le critique Magdi Al-Tayeb.

Les pays du Sud continuent à se comporter en tant que consommateurs principaux de films produits par le nord, tout en essayant de s’attirer toutes les chances de la distribution extérieure.

Dans les pays du Sud, les marchés cinématographiques sont de plus en plus fragilisés, de quoi rendre la lutte contre l’hégémonie occidentale en termes de production, de distribution ou de marketing, de plus en plus difficile.

Toutefois, il existe un programme de l’Union Européenne (UE) de coopération avec le Sud, Europe Aide, qui accorde annuellement à chacun des pays la somme de 150 millions d’euros. Pour sa part, la France alloue d’autres sortes d’aides au cinéma du Sud, à travers ses chaînes de télévision. Il s’agit d’un support efficace visant à enrichir ce genre de cinéma au contenu local.

Au programme des films en compétition cette année : pauvreté en Argentine, guerres civiles en Grèce et en Hongrie, problèmes sociaux en Turquie ... Comme c’est souvent le cas, ces films sont d’un bon niveau artistique, mais sont parfois incapables de surprendre.

Par souci de réalisme, nombre de ces films adoptent une esthétique de reportage-télé : la caméra sans cesse en mouvement, plongeant dans les méandres des personnages en détresse. Ay Juancito, le film argentin, du réalisateur Hector Olivera, en est l’exemple patent. On y suit Juan, élevé par sa sœur aînée Evita qui l’aide à réaliser ses rêves et à être le point de mire de son entourage. Une fois sa sœur décédée, sa vie chamboule notamment après l’intervention du despote, Perron, lequel va assassiner Juan. L’histoire est un miroir réel de la corruption politique qui régnait en Argentine. Toujours inspiré de la réalité politique locale, le film grec Dust (Poussière), de Tassos Psarras, jette la lumière sur les guerres civiles grecques, à travers le personnage du Conis, le journaliste quinquagénaire engagé qui mène une vie paisible, très fier du rôle tenu par son père, membre de l’armée grecque pendant la guerre civile. Un jour, il apprendra à travers un documentaire projeté à la télé que son père combattait aux côtés des rebelles et non de l’armée. Le sujet est un peu lourd, mais le ton choisi par le réalisateur prend son scénario à rebours.

Le film turc The Ivy Mansion Life (La Vie au Palais Ivy), d’Abdallah Oguz, plonge dans un problème assez local, celui des couples mixtes euro-turcs. Cela, à travers le héros Semin qui, pendant un séjour d’affaires à New York, épouse l’Américaine Bahar. Ils rentrent en Turquie et découvrent de nombreux problèmes dus à la différence des mœurs et des coutumes.

La Slovaquie, nouvelle venue de la compétition, présente Autumn yet Strong Love (L’Amour est encore fort en automne), de Zita Furkova. Basée sur une histoire sans nouveauté aucune, celle de la relation égoïste entre un vieux compositeur et un jeune poète, l’intrigue est sublimée par une succession de scènes bien dessinées et finement écrites. Une véritable révélation du festival.

Si le cinéma du Sud manque parfois d’esthétisme visuel, cela se fait au seul profit d’idées et de sujets locaux. Le film espagnol Fragil (Fragile), de Juanma Bajo Ulloa, ressemble à un conte de fées. On assiste à une belle idylle entre la petite fille de 9 ans, Vénus, et David, le fils du boulanger. Séparés après le déménagement de la famille de David, la fille part à la recherche de son amour 15 ans plus tard. De quoi donner lieu à l’une des belles histoires d’amour et de souffrance du cinéma espagnol moderne.

Yasser Moheb

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