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Débats. La presse s’est largement penchée cette semaine sur l’arrivée en force de la viande soudanaise bon marché.

Une histoire de viande

Avec la hausse vertigineuse des prix, le problème de l’importation de viande soudanaise a eu de vastes échos. Celle-ci aux prix relativement abordables a dévoilé les abus du marché de la viande en Egypte. Wagdi Zeineddine, dans le quotidien d’opposition libérale Al-Wafd, s’en prend à la « mafia » qui serait la maîtresse du marché. « Les pauvres consommateurs sont victimes du gouvernement qui n’a pas réussi à résister à la mafia que de cette dernière qui ne connaît que le langage de l’argent ».

Somme toute, cette viande venue soulager les consommateurs qui ne savent où donner de la tête est quasiment introuvable. De quoi susciter des interrogations de toutes sortes et des réactions des plus cocasses. « Le marché avale la viande soudanaise », « Etat d’urgence dans les rues égyptiennes à cause de la viande soudanaise ».

Sous le titre « Un accueil chaleureux à la viande soudanaise : craintes et espoirs », l’hebdomadaire Al-Mossawar publie une enquête sur « l’insuffisance de la quantité disponible, faisant face à une forte demande dans les coopératives ». Avec un prix aussi abordable, 15 L.E. le kg, plus de la moitié du prix de la viande locale, une question s’est cependant posée. L’offre n’était pas suffisante par rapport à une demande qu’a encore accentuée la couverture médiatique de l’affaire. « Ceux qui ont gagné cette bataille (le gouvernement) sentent qu’ils sont dans l’impasse à cause de l’accueil populaire, face à des quantités jugées insuffisantes », souligne Al-Mossawar. Mais le plus important, explique l’hebdomadaire, est que « si jamais le gouvernement tente maintenant de tirer son épingle du jeu, laissant au secteur privé le soin d’appliquer le reste de l’accord d’importation, ceci représentera un très grand danger ». Il semble d’ailleurs, selon le quotidien Al-Ahrar (opposition libérale) que déjà « la mafia » soit entrée en contact avec le gouvernement soudanais. Dans ce contexte, Al-Ahrar publie un dossier sur « Les énigmes de la viande soudanaise », où Ahmad Al-Dessouqi s’interroge : « Comment donc laisser la mafia de la viande conclure des accords secrets avec le gouvernement soudanais sans prendre en considération les accords conclus avec le gouvernement ? »

Retour au Wafd qui dénonce, par contre, les « coopératives qui ont le monopole de la distribution », et insiste sur le fait « qu’un contrôle s’impose pour garantir que cette viande ne soit pas vendue à des bouchers qui pourraient la distribuer de nouveau sur le marché à un prix plus élevé ».

L’affaire n’a pas même laissé indifférent un spécialiste de la stratégie, en l’occurrence Amine Howeidi, qui a soulevé dans l’hebdomadaire Al-Ahali (gauche) le slogan de l’autosuffisance en blé et en viande : « Pourquoi ne pas faire de l’autosuffisance en viande en 4 ans un projet stratégique et une exigence vitale, en prenant les décisions nécessaires pour son application ? ».

Dans le même esprit, Al-Osboue, hebdomadaire indépendant, se demande : « Malgré son climat, la Syrie a une autosuffisance en blé, et bien d’autres produits. Le citoyen égyptien, lui, continue à faire la queue pour le pain et la viande ».

Cette affaire de viande soudanaise a suscité, entre autres, une question très importante, celle des « Cartes d’approvisionnement ! » (destinées aux consommateurs aux revenus modestes s’approvisionnant dans les coopératives d’Etat). Abdel-Mohsen Sallam écrit à cet égard dans Al-Ahram : « Il faut que ces subventions arrivent aux personnes qui les méritent réellement. Ainsi, on mettra fin au phénomène des queues interminables ». Et d’ajouter : « Je pense que l’idée d’une carte d’approvisionnement électronique peut évoluer pour se transformer en nouvelle carte de crédit concernant uniquement les subventions des produits, loin des problèmes des courtiers de tout genre ». Mais tout le monde n’est pas du même avis. Madiha Al-Nahrawi insiste dans son article dans le même quotidien sur les cartes d’approvisionnement traditionnelles : « Ces cartes sont la meilleure alternative, car elles arrivent à toutes les classes sociales, et garantissent les subventions » .

Hoda Ghali
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Bonnet blanc, blanc bonnet

Qu’il s’agisse du Républicain George W. Bush ou de son rival démocrate John Kerry, les Palestiniens espèrent que Washington, qui a marginalisé leur dirigeant Yasser Arafat et apporté un soutien sans faille à Israël, changera sa politique après la présidentielle. Mais le fera-t-il ?

En dépit du rôle central traditionnellement joué par les Etats-Unis dans toute initiative de règlement du conflit israélo-palestinien, l’Autorité palestinienne s’est soigneusement gardée de faire le moindre commentaire susceptible de trahir une préférence pour l’un des deux candidats. Tout porte cependant à croire que les Palestiniens ne verseraient pas de larmes si M. Bush venait à mordre la poussière, tant il a traité par le mépris Yasser Arafat incarnation de la cause palestinienne. Kerry a toutefois d’ores et déjà douché tout espoir d’une nouvelle lune de miel entre l’Autorité et l’Administration américaine en affirmant qu’il n’entendait pas, s’il était élu, renouer avec Arafat. Les Palestiniens n’ont pas eu le moindre encouragement de Bush ou de Kerry qui en revanche n’ont pas tari d’éloges pour Sharon et son plan de retrait de la bande de Gaza.

Il n’y a pas de différence fondamentale entre Kerry et Bush concernant le conflit israélo-palestinien, mais la politique du président actuel a tendance à alimenter la violence alors que Kerry a laissé entendre qu’il pourrait s’investir davantage dans la recherche d’un règlement.

Jamais à court d’arguments pour se critiquer l’un l’autre, Bush et Kerry ont au moins un point commun : ils semblent faire des efforts concertés pour esquiver la question israélo-palestinienne, un dossier phare pour la diplomatie américaine depuis plus de trente ans. Les candidats semblent soucieux de ne pas aggraver davantage l’image des Etats-Unis dans le monde arabe et de ne pas s’aliéner l’électorat juif américain. Alors que la Feuille de route, le plan de paix soutenu par Washington, semble ne mener nulle part, Bush et Kerry se sont jusqu’à présent essentiellement contentés de platitudes sur ce dossier.

Les responsables palestiniens semblent partagés entre deux analyses. Certains estiment que la communauté internationale fera pression sur la prochaine Administration américaine, quelle que soit son appartenance politique, afin qu’elle revoie sa politique à l’égard de l’Autorité palestinienne. D’autres pensent qu’une réélection de Bush ne signifiera pas nécessairement la poursuite de sa politique vis-à-vis de la direction palestinienne et que son expérience passée l’amènera à la changer .

 

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