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Le Royaume-Uni veut s'attaquer aux algorithmes pour protéger les enfants sur internet

AFP , Mercredi, 08 mai 2024

​Les autorités britanniques ont sommé mercredi les réseaux sociaux de modifier leurs algorithmes pour empêcher les enfants d'être exposés à des contenus nocifs et de mieux contrôler l'âge de leurs utilisateurs, faute de quoi ils s'exposeront à des amendes.

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Archives - Les jeunes filles utilisent leurs appareils électroniques. Photo : UNICEF

La quarantaine de mesures, annoncées mercredi pour les plateformes, vont entrainer d'"importants changements", a promis sur la BBC Melanie Dawes, la directrice générale du régulateur des médias Ofcom.

Ces mesures visent à assurer la sécurité des enfants et adolescents sur les réseaux sociaux, dans le cadre de la loi "Online safety act". Cette loi, adoptée en 2023, impose de nouvelles obligations aux sites accessibles aux mineurs sur internet.

"Actuellement, les jeunes sont exposés sans cesse à des contenus nocifs sur leur page, (...) il faut que cela change", a résumé Melanie Dawes. Sont particulièrement visés les contenus sur le suicide, l'automutilation, la pornographie, les contenus haineux etc.

Ainsi, les réseaux sociaux qui n'interdisent pas les contenus nocifs "devront mettre en place des contrôles d'âge très efficaces pour empêcher les enfants de les voir". Dans certains cas, cela ira jusqu'à empêcher les enfants d'accéder à l'ensemble du site ou de l'application, assure l'Ofcom.

Les réseaux sociaux devront par ailleurs s'assurer que les algorithmes "ne fonctionnent pas d'une manière qui porte préjudice aux enfants" en les configurant pour filtrer les contenus nocifs.

Les algorithmes sont "la principale voie par laquelle les enfants sont exposés au danger" sur internet, relève le régulateur.

Selon l'Ofcom, les plateformes ne respectant pas les règles pourraient recevoir une amende de 18 millions de livres (21 millions d'euros), ou jusqu'à 10% de leur revenu.

Les mesures vont être soumises à une consultation, à laquelle devraient participer les plateformes. Le code final, attendu début 2025, devra être approuvé par le gouvernement.

Mais des familles ont déjà critiqué la lenteur du processus et l'insuffisance des mesures.

"Ce qui est triste, c'est que l'Ofcom et les réseaux sociaux prennent leurs responsabilités à un rythme d'escargot et la réalité, c'est qu'il y aura de plus en plus" de victimes, a dit à la BBC Lisa Kenevan, dont le fils est mort à 13 ans après avoir participé à un défi sur internet.

"Mon message aux plateformes est le suivant: engagez-vous avec nous et préparez-vous. N'attendez pas l'application de la loi et les lourdes amendes, agissez maintenant", a pour sa part dit la ministre de la Technologie Michelle Donelan.

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