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Euro-2024: l'Allemagne commence fort

AFP , Samedi, 15 juin 2024

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L’Allemand Thomas Mueller, au centre, célèbre lors du match de Groupe A entre l’Allemagne et l’Écosse au tournoi de football Euro 2024 à Munich, Allemagne. Photo : AP

Sous la pression de toute une nation pour "son" Euro-2024 à domicile, l'Allemagne a réussi des débuts idylliques en corrigeant l'Écosse 5 à 1 à Munich vendredi, et confirme son statut de prétendant au sacre dans un mois à Berlin.

La démonstration technique, physique et tactique de l'Allemagne, face à une équipe écossaise qui a joué pendant toute la seconde période en infériorité numérique en raison d'une très vilaine faute de Ryan Porteous, devra être confirmée dans cinq jours à Stuttgart contre la Hongrie, pour se placer en position idéale en vue de la première place du groupe, avant d'affronter la Suisse à Francfort le 23 juin.

En l'espace de neuf minutes grâce à des réalisations de ses deux pépites Florian Wirtz (10e) et Jamal Musiala (19e), l'Allemagne de Julian Nagelsmann a mis au placard les très mauvais souvenirs du passé, ces défaites en début de Coupes du monde en 2018 (contre le Mexique) et en 2022 (contre le Japon), et à l'Euro en 2021 (contre la France) qui avaient abouti à des tournois ratés (éliminations au premier tour ou en huitièmes de finale).

Seul petit regret pour la défense allemande: pour la douzième fois consécutive en grand tournoi, elle n'est pas parvenue à finir une rencontre sans encaisser de but, puisque Antonio Rüdiger a trompé de la tête son propre gardien Manuel Neuer en fin de rencontre.

Quadruple championne du monde (1954, 1974, 1990, 2014) et triple championne d'Europe (1972, 1980, 1996), l'Allemagne veut revivre son conte de fées d'été de 2006, lors de la Coupe du monde qu'elle avait organisée et terminée à la 3e place, début d'une décennie (2006-2016) de présence continue dans le dernier carré des grandes compétitions.

Missile de Füllkrug 

Et il y avait un parfum du "Sommermärchen" de 2006 dans l'air vendredi à Munich, dans le même stade ultra moderne qui avait lancé l'aventure il y a 18 ans contre le Costa Rica (4-2). A commencer par l'hommage rendu au Kaiser Franz Beckenbauer, grand organisateur du Mondial-2006 et décédé en janvier à l'âge de 78 ans.

A voir l'intensité mise par les Allemands dès les premières secondes de la rencontre sur la défense écossaise, le plan du sélectionneur allemand était bien clair: éteindre le plus rapidement la très bruyante Tartan Army écossaise. Et ça s'est déroulé sans accroc.

Dès la 10e minute, à l'entrée de la surface de réparation, Florian Wirtz a trompé Angus Gunn d'une frappe limpide que le portier des "Bravehearts" n'a pu que dévier sur son poteau. Le milieu offensif du Bayer Leverkusen est ainsi devenu le plus jeune buteur de la Mannschaft à un Championnat d'Europe, lui qui a soufflé ses 21 bougies le 3 mai.

Dépassée par la vitesse du jeu allemand, la défense écossaise a une nouvelle fois cédé à la 19e minute, sur une superbe combinaison entre Ilkay Gündogan, qui a trouvé dans la profondeur Kai Havertz. L'attaquant d'Arsenal a servi en retrait Jamal Musiala qui s'est ouvert le but sur un crochet avant de décocher une frappe en puissance sous la barre transversale.

Pour les hommes de Steve Clarke, les 45 premières minutes devront être très rapidement oubliées, car juste avant la pause, Ryan Porteous a vu rouge, pour une semelle bien appuyée sur Gündogan. Havertz a transformé le penalty accordé par l'arbitre français Clément Turpin après l'assistance de la vidéo.

En seconde période, Niclas Füllkrug a salé l'addition avec un missile flashé à 100 km/h après un nouveau travail exceptionnel de Jamal Musiala, sorti à la 74e minute sous les ovations du stade où il évolue avec le Bayern. Et Emre Can y est allé de son but dans le temps additionnel pour parachever le succès allemand.

Le match avait commencé après une courte mais très colorée cérémonie d'ouverture, la coupe Henri Delaunay a été apportée sur le terrain avant le coup d'envoi par l'épouse de l'ancien international allemand Franz Beckenbauer, décédé le 7 janvier dernier.

Moins d'une semaine après des élections européennes marquées par une poussée des partis populistes dans plusieurs pays, l'Euro-2024 doit rassembler les Européens autour du ballon rond, et ce au moment où la guerre fait toujours rage sur le continent. La sélection ukrainienne fait d'ailleurs partie des 24 qui rêvent de succéder à la Nazionale italienne, lauréate en 2021.

"Pour nos valeurs démocratiques et européennes, l'Euro-2024 peut être utilisé à tout moment", a estimé le directeur du tournoi Philipp Lahm, dans un entretien accordé à l'agence allemande SID, filiale de l'AFP, reconnaissant qu'une telle compétition est "toujours" une plate-forme pour des thèmes sociaux et politiques.

Premier choc samedi Espagne - Croatie 

Au-delà de l'invasion russe de l'Ukraine, le contexte de la guerre à Gaza entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas suscite aussi un "risque élevé diffus", selon la ministre de l'Intérieur Nancy Faeser, même si aucune menace d'attentat n'a été clairement identifiée.

Trois ans après un Championnat d'Europe décalé d'un an en raison de la pandémie de Covid-19, dans des stades à jauges réduites et éclaté dans 11 villes différentes du continent, allant de Séville à Bakou, l'édition 2024 revient à du plus classique, en Allemagne, forte de son expérience du Mondial-2006. Surtout, tous les stades ont désormais retrouvé une configuration normale, avec 2,7 millions de spectateurs attendus dans les 10 stades pour suivre les 51 matches du tournoi.

Privilège du pays-hôte, la Mannschaft de Julian Nagelsmann a donc ouvert le bal devant 66.000 spectateurs à Munich, en espérant fédérer derrière elle tout un pays, sur le modèle du "conte de fées estival" ("Sommermärchen") de 2006, lorsque les Allemands avaient terminé troisièmes d'une Coupe du monde marquée par une incroyable ferveur.

Eu égard à son palmarès (quadruple championne du monde et triple championne d'Europe) et au fait qu'elle évolue à domicile, l'Allemagne fait partie des favoris du tournoi, avec la France de Kylian Mbappé, vice-championne du monde en décembre 2022, et l'Angleterre de Harry Kane.

Après ce match d'ouverture, le premier choc du tournoi est prévu dès samedi en début de soirée à Berlin entre l'Espagne, championne d'Europe en 2008 et 2012, et la Croatie de l'inusable Luka Modric, vice-championne du monde en 2018 et encore demi-finaliste fin 2022 au Qatar.

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