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Le théâtre du Studio Nassibian retrouve son lustre

May Sélim, Mercredi, 22 mai 2024

Ravagé par un incendie, le théâtre du Studio Nassibian rouvre ses portes, en programmant une série d’activités jusqu’au 24 mai. Il est géré par l’association culturelle Al-Nahda, créée par les pères jésuites.

Le théâtre du Studio Nassibian retrouve son lustre
Père Micheal Zammit, Provincial du Proche-Orient.

Il y a deux ans, le théâtre du Studio Nassibian, dirigé par l’association Al-Nahda (les Jésuites du Caire) a été ravagé par un énorme incendie. Malgré ceci, l’association Al-Nahda (renaissance), fondée en 1998 par le père jésuite William Sidhom, a poursuivi ses activités et a lancé une campagne pour collecter les fonds nécessaires à la restauration du théâtre.

Celui-ci vient d’être réinauguré samedi 18 mai, avec une série d’activités artistiques qui s’étendent jusqu’au 24 mai, et ce, à l’occasion du 25e anniversaire de son installation et en commémoration du père William, décédé il y a un an.

L’association tient un rôle indéniable quant au développement du mouvement des artistes dits indépendants, c’est une pépinière de talents. Elle vise à donner aux artistes marginalisés les moyens et les outils de s’exprimer à haute voix. « Je fréquente l’association Al-Nahda depuis les années 2000. J’étais un fan du cinéclub qui constituait son activité principale. Au début, les films se projetaient au siège du Collège de la Sainte Famille à Faggala avant qu’une salle ne soit consacrée aux projections dans les locaux permanents de l’association, 15 rue Al-Mahrani, toujours à Faggala. J’ai signé quelques articles, publiés dans la revue de l’association sur le cinéma, intitulée Al-Film, dont je suis devenu le rédacteur en chef en 2016. Un an plus tard, je suis devenu le directeur exécutif de l’association », lance Sameh Samy.

Un théâtre ou un parking ?

Créée en 1998 et enregistrée comme une ONG auprès du ministère de la Solidarité sociale, l’association suit la pensée des pères jésuites qui croient fortement en l’impact de l’art et de la culture. « Les pères jésuites ont déjà débuté leurs activités au siège de l’école de la Sainte Famille, avec l’organisation du cinéclub des Jésuites, de quelques projets et des cours d’alphabétisation, la création d’une bibliothèque, etc. Dans les années 1990, ils ont acheté le Studio Nassibian fondé en 1937 par l’Arménien Nassibian qui travaillait dans le temps à la compagnie Kodak. Ce studio cinématographique est l’un des plus anciens d’Egypte ; différents films égyptiens y ont été tournés comme Fi Baytona Ragol, Om Al-Aroussa, Abou-Halmous, Ismaïl Yassine fil Gueich, Ismaïl Yassine fil Police, Mouled ya Dounia, 30 Youm Fil Segn, et beaucoup d’autres. Le studio était en ruine et les pères jésuites voulaient le transformer en un parking pour les autobus du Collège de la Sainte Famille. Mais le père William et le père Nabil Gabriel ont protesté, jugeant qu’un studio pareil constitue un site historique et culturel d’une grande valeur et qu’il faut absolument le préserver. Alors, ils ont pensé à le transformer en un centre culturel. Donc, une partie du studio a été transformée en théâtre. Et la partie consacrée à la gestion et aux laboratoires du développement et de l’impression est devenue actuellement les sièges qui accueillent l’école de cinéma (depuis 2005), l’école de théâtre social Nas (depuis 2016), l’école d’animation (depuis 2014), le salon culturel et autres activités », explique Sameh Samy.

Cet intérêt pour les arts visuels adopté par l’association est né chez les Jésuites après une longue pratique dans la culture livresque et écrite. « L’idée de créer l’association remonte à 1995. La première réunion s’est tenue à l’invitation du président régional de l’ordre des Jésuites, à l’époque, le père Paul Sarkis, avec des représentants d’Egypte, du Liban et de Syrie, à Beyrouth. Le président régional a exprimé son désir que les Jésuites s’intéressent aux arts visuels et à l’image en produisant des films destinés aux jeunes et en tenant un rôle primordial dans ce domaine, tout comme le rôle qu’ils ont tenu auparavant en créant la Presse catholique et la maison d’édition Al-Mashreq, afin de contribuer à la diffusion de la culture arabe », raconte Samy.

Selon la pensée jésuite, former des artistes contribue donc au changement et à la perception d’un monde meilleur.


Ali Al-Helbawi lors de la cérémonie de réouverture du théâtre.

Avoir un oeil pour le cinéma

Au départ, les activités de l’association Al-Nahda étaient limitées au cinéclub et à la bibliothèque. Vers 2003, le père William Sidhom a décidé d’accorder un intérêt particulier au cinéma indépendant ou plutôt au cinéma alternatif. Car il trouvait que l’art et le cinéma ne sont jamais loin des gens. Il voulait permettre à ces derniers de s’exprimer par le cinéma et par la création de films à budgets limités. Pour ce faire, plusieurs ateliers de cinéma ont été organisés avec l’aide du réalisateur Karim Hanafi. Puis en 2005, la première école de cinéma indépendant « Cinéma jésuites » a été fondée. « Nous pouvons compter jusqu’à 13 promotions diplômées de cette école. La formation dure deux ans et demi et les diplômés ont le privilège de joindre le syndicat des Métiers du cinéma. L’école propose un programme de 530 heures qui s’étendent à 35 matières. S’ajoute à l’école de cinéma au Caire une autre installée à Louqsor depuis 2019 », souligne le directeur exécutif d’Al-Nahda.

L’association octroie une formation à travers ses écoles artistiques, et ce, outre les activités culturelles, comprenant des ateliers libres, le salon culturel, le club du livre pour enfants, la revue Al-Film, le cinéclub, ainsi que les colloques et les conférences thématiques.

Le 23 mai à 19h, projection des oeuvres de l’école d’animation.

Le 24 mai à 19h, spectacles de rue par l’école de théâtre social, Nas. A l’association Al-Nahda, 15 rue Al-Mahrani, Faggala.

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