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Moyen-Orient : Renforcement attendu de la croissance

Mercredi, 24 avril 2024

Le conflit à Gaza et les troubles en mer Rouge ont pesé sur les perspectives économiques de la région du Moyen-Orient en 2024. Mais les prévisions sont plus optimistes pour 2025. Décryptage.

Moyen-Orient : Renforcement attendu de la croissance
En Egypte, le taux d’inflation devrait diminuer progressivement à mesure que la pénurie de devises s’atténue. (Photo : AFP)

Selon le dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales du Fonds Monétaire International (FMI), la croissance économique dans la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale devrait se renforcer en 2024 et 2025 (2,8 % et 4,2 % respectivement) contre 2 % en 2023. Ces perspectives sont cependant inférieures de 0,2 % par rapport aux précédentes prévisions du FMI en janvier 2024, et de 0,7 % par rapport aux projections d’octobre 2023. « L’économie mondiale a besoin d’une pause face aux chocs externes consécutifs dans la région », affirme le FMI dans son rapport, soulignant que « l’incertitude et les risques persistent dans le contexte des conflits en cours, des perturbations du transport maritime et de la baisse de la production pétrolière. Une reprise se dessine cependant, avec en perspective une croissance à des vitesses variables dans la région ».

Selon le FMI, les nouveaux défis régionaux, notamment le conflit à Gaza et les perturbations en mer Rouge, ainsi que la réduction de la production de pétrole ont affecté les perspectives pour 2024. Il faut aussi ajouter les vulnérabilités dues aux niveaux élevés d’endettement et la hausse des coûts de l’emprunt. Le FMI a lié les perspectives positives pour 2025 à l’atténuation de ces défis. En gros, le FMI note dans son rapport sur les perspectives économiques au Moyen-Orient et en Asie centrale, intitulé Reprise inégale dans un contexte de forte incertitude, que « le niveau d’incertitude reste élevé » et que « la croissance à moyen terme devrait rester inférieure aux moyennes historiques d’avant la pandémie ».

Incertitudes géopolitiques

Les pays voisins de la Palestine courent plus de risques en raison des incertitudes géopolitiques. « Les principaux secteurs impactés sont le tourisme et le commerce, l’impact variera d’un pays à l’autre », a commenté Jihad Azour, directeur du département du Moyen-Orient et d’Asie centrale au FMI, lors d’une conférence de presse. « Cet impact persistera si la crise persiste. L’impact majeur portera sur le mouvement commercial. Les tensions que nous observons en mer Rouge ont eu des conséquences sur le commerce, qui a diminué de plus de moitié, ce qui a entraîné une baisse des revenus de certains secteurs. Par exemple, les revenus de l’Egypte provenant du Canal de Suez ont baissé d’environ deux tiers », a souligné Azour, confirmant que les événements dans la région auront des implications sur les pays qui possèdent des ports sur la mer Rouge. « C’est pourquoi le titre de notre rapport note que c’est une période d’incertitude et que cela a également un impact », a ajouté Azour.

Ralentissement de l’inflation

L’inflation enregistre des records dans la région comme de par le monde depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, ce qui a mis fin au cycle de resserrement monétaire selon le prêteur international. Ce dernier prévoit que l’inflation dans la région ralentira à 15,4 % en 2024 et à 12,4 % en 2025. « Les chiffres reflètent une inflation élevée en Egypte et au Soudan. A l’exclusion de ces deux pays, l’inflation devrait atteindre en moyenne 8,8 % en 2024 et 7,8 % en 2025 », souligne le rapport du FMI. Le rapport indique que, dans le cas de l’Egypte, le taux d’inflation devrait diminuer progressivement à mesure que la pénurie de devises s’atténue et que le resserrement de la politique monétaire s’installe. L’Egypte est l’un des pays les plus touchés par le conflit à Gaza et les troubles en mer Rouge, le FMI prévoit pour le pays le plus peuplé de la région un taux de croissance de 3 % en 2024, qui devrait augmenter à 4,4 % en 2025. Quant à l’inflation, elle devrait passer de 32,5 % en 2024 à 25,7 % en 2025, selon le FMI. Le ministre des Finances, Mohamed Maait, a dit lors des Réunions de printemps, tenues cette semaine à Washington, que l’un des objectifs principaux du gouvernement est de collaborer avec la Banque Centrale d’Egypte (BCE) pour réduire les taux d’inflation et les rapprocher de l’objectif d’environ 7 % (±2 %), ainsi que pour réduire les taux d’intérêt, que le ministre considère comme étant le défi le plus important dans la gestion du budget. La BCE vise une inflation à 7 % (±2 %) au 4e trimestre 2024.

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