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Vers une meilleure résilience de l’économie

Marwa Hussein , Mercredi, 24 avril 2024

La dette publique dans les pays développés et émergents a été au centre des discussions aux Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington. L’Egypte devrait connaître, dès 2025, une baisse substantielle de sa dette par rapport au PIB. Explications.

Vers une meilleure résilience de l’économie

La dette publique dans les pays développés et émergents a été au centre des discussions aux Réunions de printemps du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM) cette semaine à Washington.

La hausse de la dette publique est un phénomène global, le FMI prévoit que la dette mondiale atteindra près de 100 % du Produit Intérieur Brut (PIB) d’ici 2029, principalement en raison de l’augmentation des niveaux d’endettement dans les grandes économies, notamment la Chine, l’Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, selon le rapport Moniteur des finances publiques, lancé par le FMI en marge des Réunions de printemps.

Tandis que l’Egypte multiplie les efforts pour réduire son ratio dette/PIB, les institutions monétaires internationales prévoient une baisse substantielle des niveaux de la dette de l’Egypte sur le court et le moyen termes. Le ministre égyptien des Finances, Mohamed Maait, a évoqué la question cette semaine à Washington. « L’Egypte réduira son ratio dette/PIB en dessous des 80 % d’ici 2027 grâce à une série de mesures. Parmi celles-ci, l’allongement de la maturité moyenne de la dette de 3,2 ans en juin 2023 à 4,5 ans ou 5 ans d’ici juin 2028. Ces mesures visent à alléger le coût du service de la dette en réduisant les dettes à court terme et en augmentant la proportion des obligations à moyen et à long termes », a affirmé Maait. Le ministre des Finances a également déclaré que l’Egypte avait l’intention de diversifier ses sources de financement et d’explorer des instruments alternatifs moins coûteux, tels que les obligations vertes, les sukuk (obligations islamiques) et d’autres options non conventionnelles comme les obligations Samouraï et Panda. « Ce changement stratégique permettra de réduire progressivement la facture du service de la dette à moyen terme tout en renforçant la résilience financière », a affirmé Maait. Le FMI partage la même vision. « La dette globale de l’Egypte devrait diminuer à 82,6 % du PIB en 2025, contre plus de 90 % en 2024, la tendance est clairement à la baisse », a déclaré Jihad Azour, directeur du département du Moyen-Orient et de l’Asie centrale du FMI, lors d’une conférence de presse. Il a expliqué que la réduction de la dette est l’un des principaux fondements du programme de réforme mené par l’Egypte en accord avec le FMI. Il devrait permettre à l’Egypte de réduire progressivement le montant de la dette par rapport au PIB, mais aussi le service de la dette. « La hausse des taux d’intérêt à l’échelle mondiale a entraîné une augmentation du service de la dette pour les économies émergentes et à revenu intermédiaire. Et nos recommandations, en particulier pour les pays de la région, sont qu’ils doivent résoudre ce problème de manière décisive et avancer dans les réformes qui permettront de réduire les risques et le fardeau que la dette pourrait faire peser sur le système financier local », a ajouté Azour.


L’Egypte a l’intention de diversifier ses sources de financement et d’explorer des instruments alternatifs moins coûteux. (Photo : AFP)

Accélérer le programme d’offres publiques

Pour redresser ses finances et assurer un flux de devises, l’Egypte entend accélérer son programme d’offres publiques (IPO). Dans des déclarations à Asharq News, Maait a révélé que le gouvernement égyptien envisageait d’achever son programme IPO d’ici 3 à 5 ans. Il a ajouté que la Société financière internationale (IFC), conseiller stratégique du programme égyptien d’offres publiques et bras financier du Groupe de la BM, est chargée d’examiner toutes les entreprises et d’explorer les options appropriées pour leur vente. Maait avait précédemment déclaré que le programme vise à générer 6,5 milliards de dollars de rendement en 2024, en plus des 3,1 milliards de dollars déjà obtenus grâce aux offres gouvernementales entre mars 2023 et février de cette année. En plus, 2,5 milliards de dollars supplémentaires ont été générés grâce au désinvestissement des actifs gouvernementaux en 2022. « Les nouveaux projets comme Ras Al-Hikma et la hausse des Investissements Etrangers Directs (IED) contribueront à la baisse de la dette », explique Doha Abdel-Hamid, ancienne conseillère aux ministres des Finances et de la Planification et experte internationale, rappelant que depuis 2023, le gouvernement impose des restrictions sur l’endettement des institutions publiques. Elle souligne, en outre, l’importance d’accorder la priorité à l’industrialisation, notamment pour les secteurs qui créent des emplois, développent les capacités de la main-d’oeuvre égyptienne, créent de la valeur ajoutée et qui sont aussi orientés vers l’exportation, ce qui permet de soutenir la consolidation fiscale sur le moyen et le long termes et de créer un développement durable. « Nous sommes au seuil d’une nouvelle phase après la prestation de serment du président Abdel Fattah Al-Sissi. Selon la Constitution, le nouveau gouvernement doit être formé dans un délai de 30 jours après la prestation de serment et présenter son programme pour la période à venir », rappelle l’experte en économie, qui souligne l’importance des réformes structurelles comme l’amélioration de l’environnement des affaires et de l’efficacité des organismes étatiques, ainsi que l’industrialisation et pas seulement les réformes monétaires et fiscales. Il faut aussi, selon elle, développer le secteur agricole pour assurer la sécurité alimentaire, et les différents secteurs industriels comme la haute technologie, la programmation, les industries pétrolières et minières et l’industrie automobile. « Nous pouvons lier ces industries à l’Afrique, pas seulement au niveau des exportations, mais aussi au niveau des chaînes d’approvisionnement », note Doha Abdel-Hamid, assurant que l’Egypte a les moyens de devenir l’un des marchés émergents les plus forts et que de nombreuses institutions internationales envisagent d’investir en Egypte.

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