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L’économie sur la bonne voie

Gilane Magdi , Mercredi, 03 avril 2024

Après les première et deuxième revues du programme de réforme, l’Egypte devrait recevoir une partie du prêt de 8 milliards de dollars accordé par le FMI. Après une période difficile, l’économie égyptienne semble se rétablir et est désormais sur les rails.

L’économie sur la bonne voie
Le FMI s’est félicité du plan de stabilisation de l’économie égyptienne basé sur un taux de change libre du dollar. (Photo : Reuters)

Après une longue attente, l’Egypte va enfin obtenir, la semaine prochaine, une tranche du prêt accordé par le Fonds Monétaire International (FMI). C’est ce qu’a annoncé le premier ministre, Mostafa Madbouly, au lendemain de la conclusion des première et deuxième revues du prêt Facilité Elargie de Crédit (FEC) accordé à l’Egypte par l’institution internationale. Le conseil d’administration du FMI a aussi approuvé le 29 mars une augmentation du programme initial d’environ 5 milliards de dollars (3,76 milliards de DTS), permettant ainsi aux autorités de tirer l’équivalent d’environ 820 millions de dollars (618,1 millions de DTS) en plus d’autres sources de financement. « L’approbation du prêt FEC donne à l’Egypte le droit de postuler auprès du FMI pour l’option Résilience et durabilité afin d’obtenir un financement à long terme et à faible coût d’une valeur de 1,2 milliard de dollars en faveur des projets climatiques », a déclaré le ministre des Finances, Mohamed Maait, dans un communiqué publié le 30 mars. Le ministre a souligné que le programme de réforme économique, soutenu par le FMI, bénéficie aussi du soutien d’autres institutions financières et de partenaires internationaux de développement. Ce soutien s’élève à environ 20 milliards de dollars. « Il y a aussi les 35 milliards de dollars du projet de Ras Al-Hikma », a expliqué Maait.

Le 6 mars, l’Egypte a signé avec le FMI un accord pour obtenir un prêt supplémentaire de 5 milliards de dollars, faisant passer son programme de financement avec l’institution internationale de 3 à 8 milliards de dollars. Cette signature fait suite aux décisions de la Banque Centrale d’Egypte (BCE) d’augmenter ses taux d’intérêt directeurs de 6 % et de libéraliser le taux de change, faisant passer le prix officiel du dollar de 30 L.E. début mars à 46,6 L.E. actuellement. La libéralisation du taux de change fait partie des réformes recommandées par le FMI qui avait reporté ses deux revues du programme de réforme égyptien initialement prévues pour mars et septembre 2023. Jusqu’ici, l’Egypte n’a reçu que la première tranche du prêt d’un montant de 347 millions de dollars.

La mission du FMI a félicité, dans un communiqué publié sur son site officiel, le plan solide de stabilisation économique mis en place par les autorités égyptiennes et basé sur un taux de change libre, un resserrement significatif de la politique monétaire et une réduction des investissements publics. De même, cette mission a indiqué que tous les objectifs de performance déterminés fin juin 2023 ont été atteints sauf celui des réserves internationales. « Même si le récent accord d’investissement de Ras Al- Hikma a atténué les pressions sur la balance des paiements à court terme, l’Egypte doit utiliser judicieusement ces ressources pour faire face aux chocs futurs », recommande le FMI. Hany Amer, co-responsable du département des recherches au sein de la société de courtage Arab Africain International Securities, insiste sur l’importance de cette recommandation pour reconstruire les réserves internationales qui ont atteint 35 milliards de dollars en février 2024. « La conclusion des deux premières revues avec le FMI montre que l’Egypte est sur la bonne voie après avoir appliqué toutes les recommandations de l’institution monétaire. Cela va rétablir la confiance des investisseurs étrangers en l’économie égyptienne », souligne-t-il.

Mesures nécessaires

Selon le communiqué du FMI, les conditions macroéconomiques depuis l’approbation du programme fin 2022 ont été difficiles, notamment avec une hausse de l’inflation et des pénuries de devises étrangères, ainsi que des niveaux élevés d’endettement et de besoins de financement. L’environnement extérieur difficile généré par la guerre en Ukraine a été aggravé par la guerre lancée par Israël à Gaza, ainsi que par les tensions en mer Rouge. Ces évolutions ont accru la complexité des défis macroéconomiques et ont nécessité un programme de financement extérieur robuste, notamment de la part du FMI. Les chocs externes ont pesé sur l’activité économique. La croissance a ralenti à 3,8 % au cours de l’exercice 2022-23 en raison de la pénurie de devises et devrait ralentir encore à 3 % au cours de l’exercice 2023-24 avant de revenir à 4,5 % au cours de l’exercice 2024-25. L’inflation reste élevée mais devrait diminuer à moyen terme en raison du resserrement politique.

Pour surmonter ces défis, la directrice exécutive du FMI, Kristalina Georgieva, a estimé essentiel que la BCE se concentre sur la réduction de l’inflation pour empêcher une nouvelle érosion du pouvoir d’achat des ménages. « La poursuite de l’assainissement budgétaire va placer la dette sur une trajectoire descendante et fournira des ressources pour étendre le parapluie de la sécurité sociale », a-t-elle indiqué. Et d’ajouter qu’il est important de remplacer les subventions non ciblées sur les carburants par des dépenses sociales ciblées dans le cadre d’un programme d’ajustement durable des prix des carburants.

Le ministre des Finances a expliqué, lui, que le nouveau budget 2024-25 vise à rationaliser les dépenses en matière d’investissement avec un plafond de 1 000 milliards de L.E. afin de permettre au secteur privé de travailler, de produire, d’exporter et d’accroître sa contribution à l’activité économique. « Nous prévoyons de réduire le déficit budgétaire à moyen terme à 6 % et de mettre les dettes sur une courbe descendante pour représenter 80 % du PIB en 2027 », a déclaré le ministre. Quant à Georgieva, elle a souligné l’importance d’uniformiser les règles du jeu pour les secteurs public et privé afin d’accroître les investissements, qu’ils soient nationaux ou privés.

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