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Le « bras de fer » égyptien sort de l’ombre

Marianne Youssef , Mercredi, 03 avril 2024

La sélection égyptienne de bras de fer a dominé la discipline aux Jeux Africains (JA) qui se sont déroulés la semaine dernière au Ghana.

Le « bras de fer » égyptien sort de l’ombre
Le bras de fer égyptien est sorti de l’ombre grâce à ses récents exploits aux JA.

La sélection égyptienne de bras de fer a été la révélation des récents Jeux Africains (JA) qui se sont conclus au Ghana la semaine dernière. L’Egypte, avec une équipe composée de 10 athlètes (8 hommes et 2 femmes), a réalisé les meilleures performances en se classant en tête du tableau de la discipline avec un total de 19 médailles : 14 d’or, 4 d’argent et une de bronze. C’était la première participation de cette discipline aux JA en 50 ans d’histoire, bien qu’elle soit déjà présente aux Championnats d’Afrique et du monde. « L’Egypte est championne d’Afrique dans cette discipline depuis 2015, mais elle est restée relativement méconnue et peu médiatisée malgré ses succès sur la scène africaine et internationale. Les derniers JA ont été une réelle occasion pour l’équipe égyptienne de se faire connaître », explique Mahmoud Barakat, président de la Fédération égyptienne de la force (qui comprend deux disciplines : bras de fer et Powerlifting).

Alors qu’auparavant, le bras de fer sportif, connu sous le nom de « Wrest », se limitait à des défis entre amis, il est devenu ces dernières années un sport de compétition réglementé par la World Armwrestling Federation (WAF). Cette fédération a été fondée en 1977 aux Etats-Unis. Elle compte plus de 85 pays membres, dont l’Egypte, et est présente sur tous les continents, organisant avec les autres fédérations continentales les Championnats d’Asie, d’Afrique et d’Europe. Le bras de fer est très populaire dans des pays tels que les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Malaisie.

La Fédération égyptienne de la force a été créée au début des années 1990 par des passionnés de la discipline devenus professionnels. Depuis sa création, la fédération organise des compétitions nationales et participe aux Championnats africains et internationaux. En 2016, le bras de fer égyptien a commencé à obtenir de bons résultats aux niveaux africain et international. Le joueur Alaa Eldine Ayman a atteint la 6e place aux Championnats du monde et la 1re place aux Championnats d’Afrique. En 2019, Mariam Mohamed a remporté une médaille d’argent aux Championnats du monde en Roumanie.

La fédération déploie de grands efforts pour promouvoir la discipline auprès des jeunes dans différents clubs afin de la sortir de l’ombre. « Le bras de fer est encore méconnu du grand public. Les derniers exploits de l’équipe égyptienne aux JA ont permis de donner de la visibilité à cette discipline, grâce notamment aux réseaux sociaux qui jouent un rôle important et suscitent la curiosité des jeunes. La professionnalisation en cours contribuera progressivement à sa popularité », ajoute Barakat.

Le bras de fer est un sport qui se pratique sur une table spécifique, en utilisant diverses techniques. Il combine force et stratégie, ressemblant à un combat de lutte. Les tournois sont divisés en catégories de poids, ainsi qu’en catégories gauchers et droitiers. « Le bras de fer nécessite un entraînement intensif pour renforcer l’avant-bras et vaincre son adversaire. Cela exige des techniques spécifiques au niveau du poignet, de l’épaule et du coude, ainsi qu’une force mentale », explique Amy Hashem (75 kg), médaillée d’or dans l’épreuve de la main droite.

Les responsables de la Fédération égyptienne de bras de fer rêvent d’intégrer cette discipline aux Jeux Olympiques (JO). « Pour que le bras de fer soit reconnu comme une discipline olympique, certains critères doivent être respectés, ce que ce sport remplit au niveau international. La Fédération internationale répond aux critères requis : présence sur tous les continents, nombre suffisant de personnes qui la pratiquent dans le monde et adhésion de plusieurs pays à la fédération. Nous espérons voir cette discipline aux JO de Los Angeles en 2028 », conclut Barakat.

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