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Causeries autour du oud

Névine Lameï, Mercredi, 20 mars 2024

Les jeunes luthistes Saad Al-Oud et Michael Onsy jouent différemment au oud. Saad s’est donné pour mission de revivifier l’héritage musical arabe dans un style moderne, alors qu’Onsy use de cet instrument comme moyen de faire face aux maux de la vie.

Causeries autour du oud
Une séance de luth animée par Saad Al-Oud dans une ambiance conviviale.

« Le luth est l’instrument le plus aimé du public égyptien, arabe et autres. On aime se rassembler autour de cet instrument », affirme le jeune luthiste et interprète égyptien autodidacte Saad Al-Oud, qui se prépare à animer une soirée musicale ramadanesque le 27 mars, au théâtre ouvert de l’Opéra du Caire. « Capable de séduire le public par sa sonorité riche et veloutée, raffinée et délicate, et aussi par son allure exotique de bijou oriental, le luth a eu une grande influence sur ma carrière artistique. Instrument soliste et facilement transportable, objet d’art unique au son doux et moelleux, le luth est capable d’interpréter différentes mélodies orientales et occidentales à la fois et de s’adapter aux traditions musicales égyptiennes et arabes. Le luth est lié à mes souvenirs d’enfance, à ma vie », déclare Saad Al-Oud, qui joue pour la première fois à l’Opéra du Caire. « C’est un honneur pour moi de jouer dans ce grand édifice culturel. Mon rêve est devenu réalité », ajoute celui qui s’est donné pour mission de promouvoir et de revivifier le patrimoine musical classique arabe, notamment auprès des jeunes qui n’ont pas l’habitude d’écouter ce genre de musique. Saad aime créer un public au-delà des frontières. Il vient de rentrer d’une tournée en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Koweït. Et il se lancera prochainement dans une autre tournée en France et en Espagne.

Le luth de Saad se veut différent. D’où son projet intitulé « Qaëdet Saad Al-Oud ». Il s’agit de séances mensuelles de luth en Egypte et en dehors du pays, animées dans une ambiance musicale conviviale, interactive et légère. Dans ces séances, Saad joue un répertoire musical riche : Mohamad Abdel-Wahab, Baligh Hamdi, Sayed Mekkawi, Abdel-Halim Hafez, Mohamad Fawzi et Mohamad Abdel-Motteleb. Ce sont les compositeurs-chanteurs les plus proches de son coeur et les plus joués dans ses concerts. « Qaëdet Saad Al-Oud a commencé par des réunions familiales, puis entre amis. Et ce, avant de passer à des rassemblements à plus grande échelle. L’essentiel pour moi c’est de rapprocher mon auditeur de la musique classique arabe et orientale », exlique-t-il.

Saad joue au luth de manière simple et narrative, incrustée de diverses mélodies. « Mon jeu de luth se fait dans le cadre de contes narrés en arabe classique et en dialectal. J’aime parler de la condition de chacune de mes compositions, de son parolier, de son compositeur ou de son chanteur. Une manière de témoigner de l’histoire de l’Egypte », affirme Saad.

Une musique de fusion

Le jeu de luth de Saad s’inscrit dans le cadre d’une réflexion sur la musique « fusionnelle ». Par cette expression, Saad désigne le foisonnement et le déferlement de plusieurs éléments et genres musicaux provenant d’un ensemble de cultures musicales différentes : hip-hop, jazz, blues, rap, house, techno, rock, etc. « J’essaie à travers mon jeu stylistique moderne et proprement autonome de diffuser un langage musical équilibré qui représente un esprit d’ouverture, une incitation à la création libre, à de nouveaux regards sur les autres cultures musicales. Et ce, tout en affirmant l’authenticité de mon identité musicale arabe ».

Saad Al-Oud a l’ambition de se frayer un chemin, aidé par son intuition. Il parcourt le monde d’une manière ludique et constructive, comme une véritable rock star. Il explore avec son luth différents styles musicaux. D’ailleurs, Saad est un luthiste chevronné qui sait mêler un son grave et puissant à un autre délicat et raffiné. « C’est là où réside l’ampleur du luth ».

Né à Al-Mahalla, dans le gouvernorat de Gharbiya, d’un père luthiste et d’une mère chanteuse, Saad est habitué dès sa tendre enfance à écouter Mohamad Abdel-Wahab. Après l’obtention d’un diplôme de commerce, Saad apprend à jouer au luth en autodidacte. Et c’est à Sakiet El Sawy qu’il fait sa première apparition sur scène. D’ailleurs, c’était le premier espace cairote qui a serré le talent de Saad.

Après un grand succès auprès du public de Sakiet El Sawy, le nom de Saad Al-Oud résonne dans différents espaces et sur les réseaux sociaux. A l’époque du confinement, Saad a invité ses fans à une écoute live de son projet musical intitulé Mazzika Min Ala Al-Rouf (musique sur la terrasse). Cet artiste multidisciplinaire propose à ses fans d’élargir leur champ d’écoute pour apprécier sa musique.

Le 27 mars, à 21h, au théâtre ouvert de l’Opéra du Caire, Guézira.

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