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Retour à la case départ

Abir Taleb , Mercredi, 06 décembre 2023

La guerre a repris de plus belle à la suite de l’expiration de la trêve humanitaire qui a duré sept jours et qui a permis l’échange de détenus. Israël concentre désormais ses opérations dans le sud de la bande de Gaza.

Retour à la case départ
(Photo : AP)

« Un éclair … puis la nuit ». La trêve n’aura été que de courte durée. Une petite semaine avant que la bande de Gaza ne se retrouve à nouveau sous les bombes. Depuis vendredi 1er décembre, date de l’expiration de la trêve en vertu de laquelle un échange de détenus a eu lieu entre Israël et le Hamas, avec en contrepartie un arrêt des hostilités et une entrée d’aides humanitaires en plus grand nombre, les hostilités ont repris avec force. Un déluge de feu s’abat quotidiennement sur l’ensemble de la bande de Gaza, à nouveau coupée du monde. Lundi soir, la principale société de télécommunications de la bande de Gaza a déclaré que les services de téléphonie mobile et d’Internet avaient été coupés sur l’ensemble du territoire. Les raids ciblent tout et n’importe quoi. Lundi, 50 Palestiniens ont été tués dans le bombardement de deux écoles de la ville de Gaza où des déplacés avaient trouvé refuge, a rapporté l’agence de presse palestinienne WAFA, citant l’un de ses correspondants sur place, portant à près de 16 000 le nombre de morts depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont 70 % des femmes et des personnes de moins de 18 ans.

Des dizaines de chars, de transports de troupes et de bulldozers israéliens sont entrés lundi 4 décembre dans le sud, au niveau de la ville de Khan Younès, selon des témoins cités par les agences de presse. L’armée israélienne a indiqué que les opérations dans cette région ne seraient pas « moins fortes » que celles qui ont été menées dans le nord. Plusieurs chaînes Telegram palestiniennes, dont celle des Brigades Al-Qods, branche armée du Jihad islamique, et de la télévision locale ont font état lundi soir d’intenses bombardements et de tirs d’artillerie à Khan Younès, dont l’armée israélienne a ordonné l’évacuation.

Khan Younès en ligne de mire

Mais évacuer pour aller où ? Le sud de l’enclave est surpeuplé, il a déjà vu l’arrivée des habitants du nord de Gaza. L’ordre d’évacuation de Khan Younès a « semé la panique, la peur et l’anxiété », a déploré lundi Philippe Lazzarini, commissaire général de l’Agence de l’Onu pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), précisant qu’« au moins 60 000 personnes supplémentaires ont été contraintes de se déplacer vers des abris déjà surpeuplés de l’UNRWA et davantage ont demandé à être hébergées. Beaucoup de personnes ont déjà été déplacées à plusieurs reprises, fuyant la guerre dans d’autres régions de Gaza. L’ordre d’évacuation pousse les gens à se concentrer dans ce qui représente moins d’un tiers de la bande de Gaza. Ils ont besoin de tout : de nourriture, d’eau, d’un abri et surtout de sécurité. Les routes vers le sud sont bloquées. Un scénario encore plus infernal », auquel les opérations humanitaires pourraient être incapables de répondre, se profile dans la bande de Gaza, a de son côté alerté Lynn Hastings, coordinatrice humanitaire de l’Onu pour les territoires palestiniens.

Dans le même temps, en Cisjordanie, la tension est extrême. Lundi, l’armée israélienne a mené des opérations dans plusieurs secteurs de la Cisjordanie occupée, notamment à Jénine où une trentaine de véhicules militaires sont déployés.

Comment donc imaginer une issue à cette guerre ? Alors que juste après l’expiration de la trêve, des informations faisaient état de tractations menées par les différents médiateurs pour la relancer, la réalité sur le terrain a imposé un changement de ton des acteurs internationaux ces derniers jours. Les Etats-Unis ont simplement appelé les Israéliens à laisser davantage de carburant entrer dans la bande de Gaza et leur ont demandé de faire plus d’efforts pour limiter le nombre de victimes civiles. Du côté des médiateurs, rien n’a été dit depuis le 1er décembre, jour de l’expiration de la trêve, après les premières déclarations sur la poursuite des efforts pour la prolonger. Quant aux belligérants, ils se sont mutuellement renvoyé la faute : Israël a accusé le Hamas de ne pas avoir « rempli son obligation de libérer toutes les femmes otages », alors que le Hamas a accusé Israël d’avoir refusé l’offre d’un « échange de prisonniers et de personnes âgées » et d’avoir « pris la décision de reprendre son agression ». La situation est d’autant plus critique que l’objectif affiché d’Israël, à savoir détruire le Hamas, est tout simplement impossible à réaliser.

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