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Une initiative amendée pour faire rentrer des devises

Gilane Magdi , Vendredi, 17 novembre 2023

Le ministère des Finances annonce l’engouement des expatriés à s’inscrire dans la deuxième phase de l’initiative d’importation de voitures, une semaine après sa mise en application.

Une initiative amendée pour faire rentrer des devises
Le ministère des Finances a décidé de nouvelles mesures pour faciliter l’importation des voitures des expatriés. (Photo : Ahram Auto)

Avec la mise en application fin octobre de la deuxième phase de l’initiative relative à l’importation des voitures des expatriés, le ministre des Finances, Mohamed Maait, a confirmé que l’initiative avait connu une forte demande au cours de la première semaine après sa prolongation de 3 mois. « Environ 100 000 citoyens résidant à l’étranger ont enregistré leurs demandes électroniquement. Nous souhaitons fournir toutes les facilités douanières afin d’élargir la base des bénéficiaires parmi les expatriés », a déclaré le ministre le 7 novembre.

Le 16 octobre dernier, le parlement a approuvé un nouveau projet de loi soumis par le gouvernement visant à reconduire l’initiative d’importation des voitures des expatriés pendant une période de 3 mois, du 29 octobre 2023 au 30 janvier 2024. Cette initiative autorise les Egyptiens à l’étranger à importer leurs propres voitures. Ils sont exonérés des divers frais, douanes et taxes, pendant une période de 5 ans à compter de la date d’achat de la voiture en échange du dépôt d’un montant en devises étrangères égal à la valeur de ces frais.

Au lendemain de l’application de la deuxième phase, le ministre des Finances a annoncé une série de mesures afin de faciliter les procédures aux expatriés. Il s’agit notamment de consacrer pour la première fois un numéro de téléphone qui reçoit les appels internationaux pour répondre aux demandes des résidents à l’étranger, de créer un comité permanent dans les ports pour régler les éventuels problèmes et faciliter les démarches de dédouanement. « De même, les Egyptiens à l’étranger peuvent choisir n’importe quelle voiture et la remplacer à tout moment pendant une période de 5 ans. Les listes de voitures sont mises à jour en fonction de leur année de fabrication en janvier de chaque année », a declaré Maait le 31 octobre. L’initiative de « dédouanement zéro » fait partie des efforts plus larges du gouvernement pour renforcer les entrées en devises étrangères en réaction à l’importante pénurie de liquidités en devises fortes sur le marché.

Le président de l’Association des commerçants d’automobiles et membre de l’Union des Chambres de commerce, Ossama Aboul-Naga, a exprimé son optimisme à l’égard de la mise en application de la deuxième phase de l’initiative. « La nouvelle phase va réaliser les objectifs escomptés. Il existe 14 millions d’Egyptiens résidant à l’étranger. Si 2 % seulement vont participer à l’initiative, cela signifie l’importation de 280 000 véhicules. Ce qui aura un impact positif sur le marché automobile et sur la rentrée de devises étrangères », a-t-il indiqué dans une note envoyée à l’Hebdo, ajoutant que la deuxième phase de l’initiative comprenait les modifications nécessaires à son succès, qui étaient les raisons principales de la faible participation à la première phase de l’initiative. « La première phase, qui a expiré le 14 mai dernier, a réalisé un succès limité. Elle n’a attiré que 860 millions de dollars seulement alors que le gouvernement avait ciblé 5 milliards de dollars », note-t-il en attribuant cela à deux raisons principales. La première est liée au manque de distinction entre les résidents aux pays du Golfe et ceux dans l’Union européenne qui sont déjà exonérés des droits de douanes. « Pour remédier à cette lacune, toute personne travaillant dans les pays du Golfe peut faire entrer sa voiture en Egypte avec une réduction de 70 % de la valeur de douane, elle récupérera cette somme après 5 ans selon le taux de change du moment », explique-t-il. La deuxième raison porte sur l’exigence de déposer à la banque une somme en dollar, 3 mois avant le transfert. « Cette condition a été annulée. Il suffit simplement à l’expatrié de présenter un compte bancaire prouvant qu’il avait fait des transferts au cours des 6 derniers mois », explique-t-il. Le lancement de la première phase de l’initiative a attiré 763 millions de dollars déposés par 151 000 expatriés, selon les données fournies par le ministère des Finances.

Malgré l’optimisme du gouvernement et des commerçants quant au succès de la deuxième phase de l’initiative après l’introduction des modifications nécessaires, certains députés au parlement ont minimisé les chances de réussite de la nouvelle phase. « Le gouvernement prévoit de collecter 1,1 milliard de dollars de la deuxième phase. A mon avis, il va collecter la même somme très faible réalisée au cours de la première phase », assure à l’Hebdo le représentant Abdel-Moneim Imam, secrétaire de la commission de la planification et du budget du Conseil des députés, en estimant que le produit total des deux phases de l’initiative ne dépasserait pas 1,5 milliard de dollars. Imam était parmi les opposants à la mise en application de cette loi dès le début en assurant à l’Hebdo que « l’initiative est problématique, et nous aurions pu prévoir des exemptions supplémentaires comme forme de simplification, ce qui entraînerait une augmentation des flux en devises étrangères », assure Imam. Il estime que les Egyptiens à l’étranger méritent une loi permanente et non une loi à durée déterminée.

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