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Quand la positivité nuit à notre bien-être

Hanaa Al-Mekkawi , Lundi, 09 octobre 2023

Considérée comme la force motrice qui nous aide à surmonter les défis et à retrouver le bonheur, la positivité peut parfois prendre une tournure négative et devenir toxique. Explications.

Quand la positivité nuit à notre bien-être

Beaucoup de personnes ne voient, dans chaque situation, que la moitié vide du verre. C’est ce que nous appelons la négativité toxique. Mais qu’en est-il de ceux qui voient la moitié remplie du verre, qui regardent le bon côté de chaque situation et qui incitent leur entourage à être optimistes, quels que soient les problèmes ? Ils sont certes positifs, mais leur positivité peut être nocive et toxique. C’est ce qu’explique Nermine Hazem, coach en santé émotionnelle. « La positivité toxique, c’est le fait de garder un état d’esprit positif, quelle que soit la gravité de la situation à laquelle nous sommes confrontés. Elle est tout aussi dangereuse que la négativité toxique », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Insister auprès d’une personne frustrée pour qu’elle reste forte et positive dans une situation difficile revient à lui demander de rejeter et d’ignorer toutes les émotions négatives qu’elle ressent et de se concentrer uniquement sur ce qui est positif dans sa vie. Cela peut lui causer plus de mal que nous ne le pensons ».

Accepter ses sentiments

En effet, si nous essayons de réprimer nos sentiments, ils ne disparaîtront pas, mais continueront à nous hanter directement ou indirectement jusqu’à ce que nous les traitions. On n’obtient pas le vrai bonheur en supprimant les émotions négatives et en faisant semblant de se sentir heureux, on l’obtient en acceptant nos sentiments, qu’ils soient positifs ou négatifs. La vie n’est pas toujours rose, et nous pouvons tous avoir des expériences douloureuses. Ces sentiments sont également importants et doivent être traités. « En aucun cas, il faut les rejeter et les enterrer derrière le masque de l’optimisme et de la positivité », explique Nermine Hazem. En refusant de reconnaître nos émotions négatives, on se prive de la possibilité de les comprendre, de les traiter et de les guérir. La positivité toxique crée également une sorte de pression sociale pour que l’on soit constamment heureux, ce qui peut nous épuiser et invalider les expériences légitimes de tristesse, de colère ou de frustration. La positivité toxique nous amène à vivre malhonnêtement avec nous-mêmes et le monde qui nous entoure.

  • La positivité toxique se manifeste lorsque l’on nie, réprime ou minimise les émotions négatives que l’on ressent au profit d’une apparence positive constante.

  • La positivité réfère à une attitude ou une perspective optimiste envers la vie. Elle implique de voir le bon côté des choses, de cultiver la gratitude et d’adopter une mentalité constructive. Les émotions positives, telles que la joie, l’amour, l’espoir et l’enthousiasme, jouent un rôle essentiel dans notre bien-être global. Elles améliorent notre humeur, renforcent notre système immunitaire, réduisent le stress et favorisent les relations sociales saines. Etre positif nous aide à faire face aux difficultés de la vie avec résilience.

Maintenir l’équilibre

Pour éviter de tomber dans le piège de la positivité toxique, Nermine Hazem conseille d’autoriser les émotions négatives sans les nier ou les réprimer, mais aussi sans les laisser dominer complètement notre vie. Lorsque nous faisons face à une situation difficile, il est normal de se sentir stressé, anxieux ou effrayé, et de ne rien attendre d’autre que nous-mêmes. Nous devons nous donner le temps d’éprouver les sentiments difficiles comme la déception, la trahison, la perte d’un emploi, la perte d’un être cher, la maladie ou d’autres situations difficiles.

Cela va nous apprendre à faire face aux problèmes de manière correcte et d’être capable de surmonter les difficultés et avancer dans la vie.

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