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Bons résultats

Gilane Magdi , Jeudi, 21 septembre 2023

Les secteurs économiques égyptiens ont globalement fait de bonnes performances pendant le premier semestre de l’année, malgré les difficultés. Explications.

Bons résultats
Les entreprises pharmaceutiques ont réalisé des résultats modestes pendant le premier semestre de l’année. (Photo : Reuters)

La publication des résultats financiers des entreprises cotées en Bourse égyptienne pendant le premier semestre de cette année a révélé de bonnes performances globales. « La performance varie d’un secteur à l’autre selon certains critères tels que la croissance des profits nets, la distribution des dividendes et leurs parts des échanges en Bourse », a expliqué à l’Hebdo Hanan Ramsès, membre du conseil d’administration de la société de courtage Al-Horriya Securities. Elle a noté que 3 secteurs principaux ont réalisé de fortes croissances au cours des 6 premiers mois de l’année : bancaire, pétrochimique et l’immobilier. Pour le secteur bancaire, les 8 banques ayant publié leurs résultats financiers ont connu une forte croissance des profits nets pendant le premier semestre de 2023 variant entre 290 % et 134 %. La Banque publique d’urbanisation et de logement vient en tête de liste, suivie de celle du Canal de Suez et de la Banque égyptienne de développement des exportations. La CIB vient à la 4e place avec une croissance des profits de 81 %. « Toutes les banques ont profité de la hausse des intérêts bancaires, entraînant ainsi l’augmentation des revenus de leurs investissements dans les titres gouvernementaux et les intérêts provenant des crédits à la consommation », explique Hany Amer, analyste du secteur financier au sein de la société Arab African Securities, en prévoyant le ralentissement du taux de croissance des crédits au cours de la prochaine période à la suite de la hausse du coût d’emprunt.

Dans le secteur de l’immobilier, les grands promoteurs qui ont annoncé leurs résultats financiers (Talaat Moustafa Group, Sodic, Orascom Development, Palm Hills et Nasr City for Housing and Development) ont connu une forte hausse des profits nets variant entre 13 % et 151 %. Selon le site Mubasher, Nasr City for Housing and Development s’est classée première en termes de croissance des bénéfices nets (151 %), suivie de Talaat Moustafa (40 %), Orascom Development (17,2 %), Sodic (15 %) et, enfin, Palm Hills (13,7 %). « La croissance des profits tient en premier lieu à l’augmentation des revenus résultant des livraisons d’unités sous contrat conclus en 2018-2019. Ces sociétés ont lancé de nouveaux projets au cours des dernières années, et ces unités réservées ont été livrées pendant les six premiers mois de l’année, entraînant la hausse des revenus », explique Mahmoud Gad, analyste du secteur immobilier au sein de la société Arab African Securities, ajoutant que les craintes accrues de récession et d’inflation ont contribué à accroître l’appétit des Egyptiens pour les biens immobiliers, afin de contracter aux prix actuels avant que ceux-ci n’augmentent en raison de la hausse continue des prix des matières premières et des matériaux de construction. Pour le secteur des produits pétrochimiques et d’engrais, la société Sidi Kreir a réalisé une hausse des profits nets de 158 % pendant la période de janvier jusqu’à juin 2023. Les profits nets des entreprises de production d’engrais, Abouqir et Mobco, ont augmenté de 61 % et 6 % respectivement. « La hausse des prix de l’urée au niveau mondial et la hausse des exportations des engrais azotées, profitant ainsi de la dévaluation de la monnaie nationale face au dollar, justifient la hausse des profits des entreprises », explique Hanan Ramsès. Les trois secteurs n’ont pas réalisé seulement de bonnes performances au niveau des résultats financiers, mais aussi au niveau des échanges boursiers. Selon les deux rapports trimestriels de la Bourse égyptienne, ces secteurs ont représenté presque le tiers de la valeur totale des échanges, ce qui reflète l’intérêt des investisseurs à acheter les actions de leurs entreprises.

Les secteurs moins performants

Le secteur pharmaceutique vient en tête des secteurs les plus touchés par la dévaluation de la monnaie nationale, ayant connu une performance modeste par rapport aux estimations des analystes. Selon le site Mubasher, les entreprises pharmaceutiques Alexandrie et Memphis ont connu une hausse des profits nets de 7,6 % et de 22 % respectivement. Quant à la société Cairo Pharmaceuticals, ses profits nets ont reculé de 38,4 % pendant l’année financière 2022-2023 pour se situer à 102 millions de L.E. contre 165 millions durant l’année précédente.

« Les entreprises qui dépendent de l’importation des matières premières ont vraiment fait des résultats en dessous de leurs prévisions, malgré les bénéfices réalisés en raison de la hausse du coût de production après la dévaluation de la monnaie nationale face au billet vert », a noté à l’Hebdo le directeur des recherches au sein de Mubasher, Ahmed Abdel-Naby, en donnant l’exemple du secteur de l’alimentation et des boissons qui fait face à des défis multiples malgré la réalisation des grands profits. « Les deux principales composantes du coût de production des deux grandes entreprises opérantes dans ce secteur (Juhaynna et Domty) ont augmenté en raison de la dévaluation de la monnaie égyptienne face au dollar. Ce qui a incité les entreprises à augmenter les prix de vente de leurs produits de 7 % à 10 %, afin de ne pas faire des pertes », a-t-il noté. Selon les communiqués de presse envoyés par les deux entreprises à la Bourse égyptienne, les profits nets de Domty et de Juhaynna ont augmenté de 127 % et de 74 %.

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