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BRICS: Les bénéfices des uns et des autres

Gilane Magdi , Mercredi, 30 août 2023

Les impacts économiques de l’adhésion des nouveaux pays aux BRICS seront significatifs et avantageux pour le commerce et les investissements mutuels. Explications.

BRICS: Les bénéfices des uns et des autres
L’Arabie saoudite est le plus grand partenaire commercial du groupe au Moyen-Orient. (Photo : AFP)

Bien qu’une quarantaine de pays aient demandé leur adhésion ou manifesté leur intérêt pour rejoindre le groupe des pays émergents BRICS, les cinq pays fondateurs (Russie, Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont approuvé la semaine dernière l’adhésion officielle à partir de janvier 2024 de six pays seulement. La liste rassemble l’Egypte, l’Argentine, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Iran et l’Ethiopie grâce à l’importance et au statut de chacun d’eux aux niveaux régional et mondial.

Une étude publiée par le Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques (ECSS) sur son site électronique résume les gains des nouveaux pays adhérents : l’accès à de vastes marchés qui regroupent plus de 40 % de la population mondiale, l’augmentation des opportunités de commerce et d’investissement avec des pays représentant environ 25 % de la production mondiale et le renforcement de la coopération dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et des infrastructures. « De même, les nouveaux pays auront des opportunités de transférer la technologie et l’expertise technique des pays avancés membres des BRICS », explique le chercheur à l’ECSS Ahmed Al-Sayed, en ajoutant que les fondateurs du groupe des BRICS ont décidé, à l’issue du 15e sommet, de former un groupe de travail pour adopter une monnaie commune des BRICS comme alternative au dollar, en chargeant les ministres des Finances des pays membres de discuter de la question de la coopération en monnaies locales dans leurs transactions commerciales. « Et donc, cela contribue en fin de compte à renforcer les monnaies nationales des nouveaux adhérents », renchérit-il.

Briser l’isolement de l’Iran

En effet, l’adhésion des six nouveaux pays au groupe des BRICS a été félicitée par les experts et les responsables en notant l’importance économique de cette adhésion pour chacun des nouveaux pays adhérents selon leur poids économique au niveau mondial. Pour l’Egypte, cette adhésion porte des gains multiples à son économie.

Pour ce qui est de l’Iran, ce pays possède les troisièmes plus grandes réserves confirmées de pétrole (12 % des réserves mondiales) et les deuxièmes plus grandes réserves mondiales de gaz (17 %). Le secteur le plus important de l’économie iranienne est celui des services, qui représente 51 % du PIB, suivi par la production pétrolière (23 %), l’industrie manufacturière et minière (13 %) et l’agriculture (10 %). L’Iran est membre de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP). Son adhésion à l’Organisation de coopération de Shanghai a été annoncée en juillet 2023. Tout cela est de nature à lui permettre de briser son isolement, alors que le pays subit d’importantes sanctions occidentales.

Arabie saoudite : Hausse prévue des échanges commerciaux

L’Arabie saoudite est le deuxième producteur de pétrole en 2022 avec une production quotidienne de 11,8 millions de baril/jour. Selon la Banque mondiale, le PIB du pays en 2022 s’élève à 1,1 milliard de dollars, ce qui en fait la plus grande économie de la région du Moyen- Orient. Elle entretient également de solides relations économiques et commerciales avec certains pays des BRICS, tels que la Chine et l’Inde, et elle cherche à ouvrir de nouveaux marchés pour le commerce et l’investissement. « Le Royaume est le plus grand partenaire commercial du groupe au Moyen-Orient. Les échanges commerciaux avec les BRICS dépasseront les 160 milliards de dollars en 2022 », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, lors du 15e sommet tenu du 22 au 24 août. Les statistiques préparées par Mubasher, basées sur les données officielles de l’Autorité saoudienne des statistiques, ont montré que le Royaume avait enregistré un excédent de sa balance commerciale avec les pays des BRICS s’élevant à 14,93 milliards de dollars au premier semestre 2023 contre 34,21 milliards de dollars au cours de la même période de l’année dernière, en baisse de 56,4 %. Pour sa part, l’expert économique saoudien Fayaz El Olemi a noté à la chaîne Al-Arabiya que « Les Etats membres des BRICS bénéficieront de l’adhésion de l’Arabie saoudite car elle ouvrira son marché à ces pays et ouvrira également ces marchés aux exportations saoudiennes ». Le volume des exportations de l’Arabie saoudite vers les pays des BRICS a diminué de 26,3 % au premier semestre 2023 sur une base annuelle. Il s’élève à 44,65 milliards de dollars contre 60,57 milliards de dollars pour la même période de 2022. D’autre part, la valeur de la facture des importations de l’Arabie saoudite en provenance des BRICS a augmenté de 12,76 % au cours du premier semestre 2023, pour atteindre 29,72 milliards de dollars contre 26,36 milliards de dollars au cours de la même période de 2022.


(Source : BRICS, FMI, BM)

Nouvelles opportunités pour les Emirats

Les Emirats arabes unis sont considérés comme l’un des centres financiers et commerciaux les plus importants au monde. Selon la Banque mondiale, le volume du PIB en 2022 s’élevait à 507,53 milliards de dollars, ce qui fait du pays la troisième économie de la région du Moyen-Orient. La base de l’économie est l’extraction et l’exportation de pétrole brut et de gaz. « Les gains les plus importants de l’adhésion de l’Etat aux BRICS sont l’activation accrue des échanges commerciaux en monnaies locales, ce qui donne une position économique internationale supplémentaire aux Emirats arabes unis », a noté Waddah Al-Taha, membre du conseil consultatif national du British Institute for Investments and Securities aux Emirats. Il explique que le dirham est considéré parmi les monnaies les plus importantes dans les échanges commerciaux en raison du système à faible risque de l’Etat et de la stabilité du système politique et économique. Al-Taha a souligné que les Emirats arabes unis sont un membre associé de la Banque de développement des BRICS, qui a été créée par les cinq Etats membres du groupe, et qu’ils devraient donc jouer un rôle important dans la banque après avoir effectivement rejoint le groupe. Selon lui, les avantages les plus importants sont également représentés dans l’augmentation du commerce intra-communautaire avec les pays du groupe en monnaies locales, car les accords commerciaux seront à moindre coût, compte tenu de la réduction des dépenses de transferts financiers.

L’Argentine, une occasion pour remonter la pente

Avec près de 46 millions d’habitants, l’Argentine est la troisième économie d’Amérique latine après le Brésil et le Mexique, mais elle a connu un passé de crises économiques et se trouve au milieu de l’une des pires crises jamais connues par elle. Sa monnaie s’est dépréciée, le taux d’inflation a oscillé autour de 113 % au cours des douze derniers mois et près de 40 % de la population souffrent de pauvreté. Le pays a également du mal à rembourser une dette de 44 milliards de dollars envers le Fonds monétaire international. Alberto Fernandez, président de l’Argentine, a déclaré en mai dernier que les BRICS constituaient une excellente alternative de coopération pour son pays face à un ordre mondial qui profite à quelques pays. L’étude de l’ECSS a noté que son adhésion aux BRICS pourrait ouvrir la porte à un renforcement de la coopération économique dans des domaines tels que le commerce, l’investissement et le développement des infrastructures. Selon l’étude, « l’Argentine est également membre du G20 et joue un rôle dans les affaires économiques et politiques internationales. Sa présence renforcera donc la coopération et la coordination entre les pays participants ».

Ethiopie, un gros marché potentiel

L’Ethiopie est un pays essentiellement agricole, l’un des plus grands exportateurs de café. La part de l’agriculture dans le PIB est de 37,6 %, celle de l’industrie de 22,7 % et celle des services de 36,6 %. Le pays est membre de l’Union africaine et du Marché commun de l’Afrique orientale et australe. Il dispose d’un grand marché avec une population dépassant les 100 millions d’habitants. D’où l’importance de son adhésion aux BRICS, une étape importante pour l’équilibre régional et la coopération en termes d’agriculture.

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