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Mahmoud Fawzy : L’essentiel est de parvenir à un consensus dans l’intérêt de la patrie et des citoyens

Malak Mostafa , Vendredi, 28 juillet 2023

Le conseiller Mahmoud Fawzy, chef du secrétariat technique du Dialogue national, revient sur les recommandations les plus importantes du dialogue et explique en quoi consiste la nouvelle phase.

Mahmoud Fawzy

Al-Ahram Hebdo : Avec l’envoi des premières recommandations à la présidence de la République, le Dialogue national entre dans une nouvelle phase. Comment évaluez-vous le déroulement des sessions du Dialogue national ?

Mahmoud Fawzy : Le Dialogue national a réussi jusqu’à présent à réaliser d’importants progrès. Nous avons témoigné de résultats concrets au niveau des trois axes traités, à savoir économique, politique et social, et ce, à pied d’égalité. Ces résultats concrets ont été traduits en des recommandations bien étudiées et profondément discutées.

Nous pouvons par exemple citer, dans l’axe politique, la question du contrôle judiciaire sur les élections, la loi sur la liberté d’information et la création de la commission pour la non-discrimination. En ce qui concerne l’axe social, d’importantes recommandations ont été envoyées pour modifier au plus vite les dispositions de la tutelle sur l’argent. Les recommandations portant sur l’axe économique ne manquent non plus pas d’importance. Par exemple, il a été convenu de la nécessité d’apporter des modifications sur la loi du travail pour assurer l’octroi de primes d’encouragement, de primes périodiques et de primes exceptionnelles pour les employés.

— Pourquoi les recommandations sont-elles présentées à la présidence avant l’achèvement du Dialogue national ?

— Toutes les recommandations qui ont été envoyées à la présidence répondent à un certain nombre de critères fondamentaux. D’abord, le facteur temps, car certaines recommandations ne doivent pas tarder à être approuvées, notamment le contrôle judiciaire sur les élections. D’autres recommandations ont été sujet d’un consensus total, comme la tutelle sur l’argent des mineurs, ou encore des recommandations dont l’approbation représente une nécessité sociale importante, comme certaines questions économiques. Dans tous ces cas, il n’y avait aucune raison d’attendre la fin du Dialogue national pour envoyer les recommandations.

— En quoi cette phase transitoire va-t-elle changer le déroulement des sessions du Dialogue national ?

— Il faut savoir que le Dialogue national est passé par plusieurs étapes préparatoires, et non une seule. Et nous commençons aujourd’hui une nouvelle phase du dialogue. Dorénavant, deux différentes sessions seront tenues en même temps. L’une sera publique et diffusée en direct, comme cela a toujours été le cas depuis le début du dialogue. En parallèle, d’autres sessions spécialisées se tiendront pour rapprocher les points de vue sur les questions déjà discutées, mais qui sont restées sujet de désaccord. Celles-ci renferment principalement un groupe d’experts et de spécialistes et y participeront moins d’orateurs. Ils ont pour principale mission de parvenir à un consensus et de rédiger des résultats techniques des différents comités.

— Quelle étape suivra l’approbation des recommandations par le président de la République ?

— Cela dépend de la nature de chaque recommandation. Certaines d’elles nécessitent la promulgation d’une nouvelle loi ou des amendements sur des lois déjà existantes, et seront donc envoyées au parlement. D’autres nécessitent une action gouvernementale et seront donc renvoyées aux ministères ou aux instances concernés. Et enfin, d’autres nécessitent simplement un ordre présidentiel pour leur mise en oeuvre.

— Est-il possible que certaines recommandations soient rejetées ?

— Les résultats que le conseil d’administration conclura sont des recommandations qui expriment un consensus ou un désaccord dans la société. Nous avons dit à plusieurs reprises que le Dialogue national ne se substitue pas aux institutions, et ne les remplace non plus. Toutes ses recommandations ne sont pas contraignantes. Les participants au dialogue n’ont pas l’autorité de prendre des décisions exécutives ou de promulguer des lois. C’est seulement le gouvernement et les ministères concernés qui sont constitutionnellement chargés d’assumer ces rôles. Par conséquent, il est bien possible qu’il y ait de nouvelles discussions sur certaines recommandations présentées, en cas de leur rejet.

Cependant, j’imagine que les institutions constitutionnelles tiendront compte du fait que ces résultats ont été obtenus grâce à des discussions approfondies et un dialogue intégral qui a inclus tous les spectres de la société. Mais en fin de compte, tous les points de vue sont respectés, l’essentiel c’est qu’on puisse parvenir à un consensus qui verse dans l’intérêt de la patrie et des citoyens.

— Le président Sissi a gracié cette semaine deux militants politiques, le chercheur Patrick Zaki et l’avocat Mohamad Al-Baqer. Comment voyez-vous cette décision ?

— Cette décision est intervenue suite à l’appel du conseil d’administration du Dialogue national au président Abdel-Fattah Al-Sissi, qui y a très rapidement répondu. En effet, ce n’est pas la première réponse de la part du président. Il faut avouer que depuis le lancement du Dialogue national, une atmosphère positive s’est imposée en termes de libération massive de détenus politiques, par le biais de la réactivation du Comité de grâce présidentielle. Plus de 1 500 prisonniers ont été libérés jusqu’en mai 2023, selon les statistiques du Comité de grâce.

Ces réponses rapides de la part du président sont évidemment en faveur du succès du Dialogue national, car elles contribuent à l’instauration de la confiance entre toutes les parties pour construire un avenir meilleur et cristallisent le sérieux des objectifs du dialogue.

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