Mercredi, 29 mai 2024
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Hania Cholkami : On espère un consensus sur la définition de la justice sociale

Salma Hussein , Mercredi, 24 mai 2023

Entretiens croisés avec Hania Cholkami, secrétaire adjointe de la commission de la société, et Hanaa Ebeid, experte à la commission de la protection sociale, sur les questions de la justice sociale abordées dans le Dialogue national.

Hania Cholkami

Al-Ahram Hebdo : Comment évaluezvous le premier jour des discussions ?

Hania Cholkami : Le conseil des organisateurs a estimé qu’il fallait commencer par un sujet qui a récemment suscité le débat public et l’intérêt des Egyptiens, à savoir le droit de tutelle sur enfants mineurs dont le père est décédé. Ainsi, ce sujet a été ajouté aux thèmes que nous avons préparés au courant de l’année écoulée. Le premier jour a ainsi vu un dialogue se plier à la volonté populaire. De plus, les débats ont concerné l’éducation, la santé et l’identité égyptienne. En ce qui concerne l’égalité des chances, il n’y a pas de différends sur les grands objectifs : toutes les parties veulent installer un système d’éducation inclusif moderne, et la même chose pour la santé. Mais les participants diffèrent entre eux sur les étapes à prendre pour y aboutir.

— Pouvez-vous résumer les trois messages essentiels que vous voudriez passer au sein de votre commission ?

— Le premier message est qu’il faut lancer le débat sur la mobilisation des ressources. Comment on peut augmenter les ressources nécessaires à financer chaque objectif de développement. Et quels sont les meilleurs moyens de mobilisation. Par exemple, comment augmenter le nombre de classes, comment financer cet objectif. Le second message est la gouvernance et la gestion des institutions administratives. Par exemple, tout le monde appelle à la formation des professeurs. Quelles sont les institutions et les meilleurs outils qui vont permettre cette formation ? Qui est responsable de la formation ? Le ministère ? Ou bien chaque gouvernorat sera-t-il responsable de la formation de ses professeurs ? Le troisième message est qu’il faut mettre en ordre les rapports entre les institutions qui travaillent sur le même sujet. Ces messages s’appliquent sur les dossiers de la commission de la société : la femme comme sur la santé et ainsi de suite. Ce sont plutôt des approches qui nous aident à aborder ces dossiers controversés.

— Quels sont les critères de réussite minima que vous attendez à la fin du dialogue ?

— J’espère répliquer le principe de ce dialogue dans toutes nos institutions d’administration publique. Le scénario exemplaire serait de découvrir — au cours du dialogue — des agents nouveaux dans tous les courants politiques, et qu’ils soient consultés par les institutions publiques lors des processus des politiques publiques. J’aimerais par exemple que le parlement s’inspire du modèle du dialogue pour être plus inclusif. Il ne faut plus « éliminer » les autres. En ce qui concerne les transferts aux familles pauvres, j’aimerais bien ouvrir le débat sur une nouvelle génération de programmes, non seulement l’augmentation du nombre de bénéficiaires, mais plutôt comment les bénéfices sociaux sont accommodés à une scène sociale dynamique. Au minimum, un consensus créé sur la définition de la justice sociale, ses objectifs et les politiques principales qui devront faire partie de ces objectifs.

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