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Galal au pari de faire jouer les Pharaons … et de gagner !

Karim Farouk , Mercredi, 20 avril 2022

Ihab Galal a été nommé nouveau sélectionneur national après que la double défaite en finale de la CAN et en qualification au Mondial avait eu raison de Carlos Queiroz. Il aura à insuffler un nouvel élan en prévision de la CAN 2023.

Ihab Galal

Il aura fallu deux sélectionneurs et plus de deux ans après avoir été présenté comme favori au poste pour que Ihab Galal devienne sélectionneur d’Egypte. Le nom de Galal (54 ans) circulait déjà en 2019, après l’échec des Pharaons lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) à domicile, mais les négociations avaient alors échoué en raison de différends avec les dirigeants de la fédération. L’ancienne gloire d’Ahli, Hossam Al-Badri, avait alors été nommée à la barre avant que le technicien portugais, Carlos Queiroz, ne prenne la relève en septembre 2021. Mais les Pharaons ont essuyé un grand échec en 2022, en perdant la finale de la CAN contre le Sénégal en février avant de rater la qualification à la Coupe du monde en mars contre leur bête noire, Les Lions de la Téranga. Al-Badri et Queiroz, bien qu’ils aient parfois obtenu de bons résultats, ont présenté une pâle figure.

C’est ainsi que les regards se sont tournés vers Galal pour relever le groupe et lui donner des couleurs. « Je suis extrêmement fier de ma nomination pour la sélection d’Egypte. La prochaine période sera difficile, mais j’ai une grande confiance dans les joueurs et je veux remercier les membres de la fédération de m’avoir donné cette chance », a-t-il dit suite à l’annonce officielle de sa nomination le 12 avril.

Un élégant milieu qui orchestrait le jeu d’Ismaïli dans les années 1990, Galal a conservé son style lorsqu’il s’est installé sur la touche. Après quelques expériences en deuxième division, Galal a forgé sa réputation en présentant la meilleure version du club de Maqassa (2014-2017) pour réaliser l’exploit de terminer deuxième du championnat en 2017 derrière le champion Ahli. Il a vite grimpé dans la hiérarchie et passé à la barre des grandes équipes du championnat, comme Masri, Ismaïli, Zamalek et Pyramids FC. Sa marque de football est maintenant bien reconnue. Galal à une philosophie de jeu tournée vers l’attaque, en adoptant un jeu de possession et une volonté de confisquer le ballon à son adversaire grâce à un haut pressing.

Abandonner les méthodes défensives

Au niveau tactique, il préfère un schéma en 4-3-3, tout comme son prédécesseur Queiroz, mais pour lui, ce ne sont que des chiffres. « 4-3-3, 4-2-3-1 et 4-4-2 sont différentes nominations et différents schémas. Ce qui compte vraiment, c’est ce que les joueurs font sur le terrain et comment. On altère entre différents schémas durant le même match, parfois même à un espace de minute, mais le plus important comme je le dis c’est ce que les joueurs font et non pas la formation », avait-il dit lors d’un entretien à la chaîne On Sport en janvier dernier.

Son visage calme et son sang-froid sur la ligne de touche ne sont surtout pas à confondre avec son autorité et son exigence, que ce soit technique ou concernant son atmosphère de travail. Il a déjà résisté à la tentation de la sélection en 2019, en raison d’un désaccord avec les dirigeants de la fédération concernant la composition de son staff technique, et il a quitté Ismaïli, en raison des promesses non tenues de l’administration.

Il n’aura pas besoin de faire une révolution au sein des Pharaons, car le groupe comprend de nombreux jeunes joueurs, comme Ahmad Fattouh (23 ans), Mohamad Abdel-Moneim (22 ans), Moustapha Mohamad (23 ans) et Omar Marmoush (23 ans), tandis que les cadres, tels que Mohamad Salah, Ahmad Hégazi, Mohamad Al-Nenni et Mahmoud Hassan « Trezeguet », sont tous sous la barre de 30 ans.

Son objectif est de hisser le collectif en abandonnant les méthodes défensives adoptées lors de la dernière décennie par ses prédécesseurs, notamment Hector Cuper et Carlos Queiroz, en contraste au football spectaculaire déployé par Hassan Chéhata dans les années de gloire des Pharaons entre 2006 et 2010.

Galal possède certes cette inspiration et a montré qu’il savait tirer les ficelles de la touche grâce à un savoir-faire de football moderne. « Je participe autant que possible aux séminaires des entraîneurs au niveau mondial. J’ai voyagé aux Etats-Unis, en Allemagne et en Angleterre pour assister à des ateliers de travail préparés par des instructeurs internationaux et entraîneurs expérimentés. J’essaie de rester en contact avec eux et avec toutes les nouveautés qu’ils présentent dans le monde de football », avait-il dit.

Question d’efficacité

Et pourtant, les doutes sont là. La question qui se pose reste : Galal est-il l’homme qui peut récolter des gloires avec les Pharaons qui n’ont pas savouré de titres depuis leur triplé de CAN historique entre 2006 et 2010 ? Il a déjà montré qu’il peut faire le spectacle mais les Egyptiens veulent un jeu qui donne des résultats aussi.

Or, Galal est toujours resté fidèle à ses principes et méthodes même si cela venait à un coût cher. Lors de sa première expérience dans la cour des grands avec Zamalek en 2018, il a concédé une humiliante défaite de 3-0 face au rival classique Ahli, qui a gravement affecté son futur chez les Blancs réduit éventuellement à six mois seulement. Aux commandes d’une excellente équipe de Pyramids FC depuis le début de la saison avec une palette de joueurs à envier, tels Abdallah Al-Saïd, Ramadan Sobhi et Fagrie Lakay, Galal a réalisé un excellent départ pour se trouver au coude-à-coude avec le leader Ahli. Mais lors des grandes épreuves, Ahli et Zamalek ont exploité les failles dans son système pour lui infliger deux sévères défaites consécutives 3-0 et 3-2 respectivement qui ont fait chuter l’équipe à la troisième place.

« Je pense qu’on doit posséder le ballon le plus de temps possible, car si on a le ballon cela veut dire qu’on prive l’adversaire du jeu. Et si on a le ballon c’est plus facile de défendre, et cela nous permet de mieux développer le jeu et ainsi créer des occasions. C’est un travail en progression mais cela a besoin de temps », avait-il dit.

Le temps, c’est justement un luxe qu’il ne possède pas, vu que les qualifications de la CAN 2023 débuteront très bientôt, en juin prochain. Mais son premier objectif sera de reconquérir le public ennuyé par le football de son onze national et surtout de dissiper l’incertitude autour de lui.

 Focus

Né le 14 août 1967 au Caire.

Carrière de joueur

Clubs : Al-Chams (1988-1990), Ismaïli (1990-1999), Masri (2000-2003), Canal (2003-2004).

Palmarès

Champion d’Egypte en 1991.

Vainqueur de la Coupe d’Egypte en 1997.

Entraîneur

Clubs : Kahraba Ismaïliya (2007-2008), Al-Hammam (2009-2011), Kafr Al-Cheikh (2012-2014), Téléphonate Béni-Soueif (2014), Maqassa (2014-2017), Enppi (2017), Zamalek (2018), Ahli Tripoli (Libye, 2018), Masri (2018-2020), Maqassa (2020-2021), Ismaïli (2021), Pyramids (2021-mai 2022), sélection d’Egypte (mai 2022).

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