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Cap sur les énergies renouvelables

Sabah Sabet , Mardi, 08 février 2022

L’Agence internationale pour les énergies renouvelables et la Banque africaine de développement viennent de publier un rapport sur la transition énergétique en Afrique. Un élément majeur susceptible de booster les économies africaines.

Cap sur les  nergies renouvelables

« La transition énergétique pourrait améliorer l’économie africaine de 6,4 % d’ici 2050 », c’est ce que révèle le rapport publié récemment par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) et réalisé conjointement avec la Banque Africaine de Développement (BAD), intitulé « Analyse du marché des énergies renouvelables : Afrique et ses régions ». Selon ce rapport, la transition énergétique pourrait également créer 26 millions d’emplois et générer d’importants investissements dans l’énergie durable. Grâce à cette transition énergétique en Afrique, alignée sur les projets climatiques à l’échelle mondiale, le nombre d’emplois créés au continent peut être quatre fois plus grand que celui des pertes d’emploi liées aux combustibles fossiles, ce qui représenterait un profit net conséquent pour les économies régionales. Environ 2 millions de personnes travaillent actuellement dans l’industrie des combustibles fossiles en Afrique.

D’après le rapport, on demande trop souvent aux gouvernements et aux peuples africains de s’appuyer sur des combustibles fossiles non durables pour alimenter leur développement, alors que les solutions d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique offrent des alternatives économiques socialement avantageuses.

« Grâce à des ensembles de politiques créées sur mesure, les pays africains peuvent exploiter leurs forces et leurs ressources pour surmonter les dépendances structurelles établies depuis longtemps », a laissé entendre Francesco La Camera, directeur général de l’Irena. Cette organisation intergouvernementale, fondée en 2009, est chargée de faciliter la coopération, de faire progresser les connaissances et de promouvoir l’adoption et l’utilisation durable des énergies renouvelables à l’échelle mondiale. Dr Kevin Kariuki, vice-président de l’électricité, de l’énergie, du climat et la croissance verte à la BAD, explique que l’Afrique a d’abondantes sources d’énergies renouvelables, des sources sur lesquelles elle peut durablement fonder son ambitieux développement socioéconomique. Toutefois, un engagement politique fort, un cadre de transition énergétique juste et équitable et des investissements massifs sont nécessaires.

En fait, la BAD s’engage à soutenir la transition énergétique du continent en facilitant la hausse des investissements du secteur privé grâce à sa vaste gamme d’instruments de financement vert, notamment le Fonds pour l’énergie durable en Afrique.

Investissements Insuffisants

Pourtant, si l’Afrique regorge de richesses, elle n’en a pas tiré suffisamment profit jusqu’à présent. Le charbon, le gaz naturel et le pétrole représentent ensemble actuellement environ 70 % de la production totale d’électricité en Afrique, et l’énergie conventionnelle attire beaucoup plus de financement que les énergies renouvelables, en raison d’un processus établi qui favorise une production thermique à moins forte intensité de capital. Et sur les 2,8 milliards de dollars investis dans les énergies renouvelables dans le monde entre 2000 et 2020, seuls 2 % sont allés à l’Afrique, malgré l’énorme potentiel d’énergie renouvelable du continent et la nécessité d’apporter de l’énergie moderne à des milliards de citoyens qui n’y ont toujours pas accès. Alors que le taux d’accès à l’énergie en Afrique subsaharienne est passé de 33 à 46 % au cours de la dernière décennie, dû à une croissance démographique rapide, 570 millions de personnes n’avaient toujours pas accès à l’électricité en 2019, soit 20 millions de plus qu’il y a 10 ans.

Des efforts coordonnés doivent être déployés pour encourager les investissements dans ce domaine et garantir que les dépenses publiques, principale source de financement de la transition énergétique en Afrique, se concentrent clairement sur les énergies renouvelables. « Il est impératif de permettre aux pays africains, qui ont peu contribué aux émissions historiques de gaz à effet de serre, de se développer, tout en reconnaissant la nécessité de faire face à l’urgence climatique. La coopération internationale, y compris la coopération Sud-Sud, sera essentielle pour mobiliser des ressources et un savoir-faire à une échelle et à une vitesse proportionnelles aux besoins des économies d’Afrique, de ses communautés et de sa population », a conclu le directeur général de l’Irena. Le rapport de cette dernière a insisté sur le fait qu’avec des politiques, une réglementation, une gouvernance et un accès aux marchés financiers appropriés, les énergies renouvelables pourraient représenter jusqu’à 67 % de la production d’électricité en Afrique subsaharienne d’ici 2030, surtout que la demande énergétique s’accroît en raison de la croissance démographique, de l’urbanisation croissante, de l’industrialisation et du commerce, et du changement climatique.

 
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