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Gaza, symbole de persévérance et de patience

Mercredi, 17 avril 2024

Six mois se sont écoulés depuis le début de l’épopée de la résistance palestinienne à Gaza.

Dès le début, les partisans de la libération nationale et ceux qui lisent bien l’Histoire sont convaincus que la victoire finale reviendra à la résistance. Le mot « finale » signifie que les mouvements de libération nationale peuvent connaître des défaites sur leur chemin, mais ce ne sont que des débâcles passagères après lesquelles les peuples retournent à leur résistance pour atteindre la libération complète. Pour prouver cette logique, il suffit de se référer à l’histoire de la résistance contre l’occupation coloniale des Blancs en Afrique du Sud, débutée au XVIIIe siècle, ainsi qu’à l’histoire de la résistance algérienne contre l’occupation française depuis les années 30 du XIXe siècle.

En raison d’un déséquilibre massif entre la puissance matérielle de la résistance palestinienne et celle d’Israël, les partisans de la résistance, malgré leur croyance en la force et le courage de celle-ci, pensaient qu’elle allait finalement perdre ce dernier combat dans la bande de Gaza, même s’ils croyaient dans la logique du mouvement de l’Histoire. Ils sont même allés jusqu’à penser que la défaite aura lieu quelques semaines après le début du combat, d’autant plus que la réaction israélienne a dépassé toutes les limites juridiques et humaines, tout en étant totalement convaincus que la défaite sera suivie par d’autres rounds de résistance. Effectivement, une résurgence de la résistance a lieu à Gaza après chaque agression israélienne depuis le retrait forcé des forces d’occupation en 2005, lesquelles ont également dû démanteler les colonies proches de Gaza par crainte d’attaques de la part de la résistance.

Après chaque défaite, la résistance est revenue encore plus forte. Par exemple, examinons comment elle a réagi après l’agression de 2008-2009 par rapport à ses actions actuelles. Ses missiles d’alors peuvent apparaître aujourd’hui comme des jeux d’enfants. Bien qu’une défaite ponctuelle ne signifie pas une défaite totale dans la guerre de libération, la résistance a surpassé toutes les attentes ; sa lutte a duré plus de la moitié d’une année malgré les pertes humaines importantes, ayant dépassé les 100 000 Palestiniens tués et blessés, et les dégâts énormes volontairement infligés par Israël à Gaza.

La guerre menée actuellement par la résistance se prolonge depuis six mois, s’approchant de la durée de la plus longue guerre arabo-israélienne qui a duré un peu moins de 10 mois, de mai 1948 à mars 1949. Après six mois, la résistance tient toujours bon, infligeant des pertes aux forces israéliennes, revenant dans des zones où Israël pensait en avoir fini avec la résistance.

Israël réitère sans cesse son intention de lancer une opération militaire à Rafah sans pour autant oser le faire. Il est évident que les dirigeants israéliens savent que cette opération ne serait qu’une répétition de ce qui se produit depuis six mois, c’est-à-dire détruire et tuer sans obtenir une victoire décisive, avec des pertes humaines et matérielles douloureuses, en plus d’accentuer la division au sein d’Israël et de perdre de plus en plus rapidement le soutien international, tant populaire qu’officiel. En effet, il est fort probable que l’opération de Rafah soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase en Israël. En plus, la résistance reste active et continue de lutter lors des négociations en défendant ses revendications équitables sans se précipiter vers un cessez-le-feu qui risquerait de la priver de ses atouts essentiels.

A Gaza, une autre forme de résistance mérite d’être soulignée, celle de la population. Aucun habitant de Gaza n’a critiqué ouvertement la résistance, même si tous ne soutiennent pas le Hamas. En réalité, environ la moitié des habitants de Gaza sont en désaccord politique avec le Hamas, mais ils mettent leurs divergences de côté et s’unissent face à l’ennemi commun. Les personnes âgées, les femmes, les enfants, avant les hommes et les jeunes, font preuve de patience face aux difficultés inédites engendrées par les déplacements dans le nord de Gaza, vers le centre et le sud, tout en restant attachés à leur terre. Les médecins et les équipes médicales de Gaza fournissent un exemple extraordinaire de persévérance en continuant d’assumer leurs devoirs dans des conditions de bombardement terribles et de manque d’équipements médicaux. Les habitants de Gaza endurent les conditions difficiles dans des camps de fortune depuis tout un hiver, passant les fêtes modestement, démontrant une patience et une résilience exceptionnelles.

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