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Dernier mot : Les qualités de Heikal

Mercredi, 04 octobre 2023

Un jeune journaliste m’a demandé : Qu’est-ce qui a permis à Mohamad Hassanein Heikal, dont nous célébrons le centenaire ces jours-ci, d’accéder à la position unique qu’il avait atteinte ?

J’ai répondu : ses qualités personnelles sans lesquelles il n’aurait pas tiré profit des circonstances historiques qu’il a vécues. Il jouissait d’une vive intelligence et d’une rare vitesse d’intuition. Ce sont des choses avec lesquelles il est né, mais c’est lui qui s’est acquis une énorme capacité d’instruction. Il a appris lui-même les langues étrangères sans que personne les lui enseigne. Il a lu une énorme quantité de livres et en a profité plus que quiconque. J’ai dit au jeune homme que Heikal possédait des qualités extraordinaires que peu de gens connaissaient, comme la rapidité de la lecture. Je lui ai raconté un incident que j’ai vu moi-même quand Heikal m’a dit, lors de la réunion de rédaction du matin, en tant que responsable du service des affaires étrangères, qu’Al-Ahram avait acheté au New York Times le droit de publier en arabe les mémoires du président américain Lyndon Johnson, et que le journal américain nous enverrait ce jour-là, sur le téléscripteur du service des affaires étrangères, les chapitres du livre qu’il a publié en épisodes. Il m’a demandé de les lui apporter dès qu’ils arrivent. Lors de la réunion de rédaction suivante de 14h, j’avais reçu tous les chapitres et les lui ai donnés. Il les a pris et est rentré chez lui pour prendre le déjeuner et se reposer un peu comme à l’accoutumée avant de revenir ensuite au journal pour assister à la dernière réunion de rédaction de 17h qui était consacrée à la une du journal. Je m’imaginais que la lecture de ces mémoires lui prendrait au moins quelques jours, mais j’ai découvert qu’il me rendait le livre en me disant qu’il avait marqué les parties à traduire, les parties à résumer et les parties à envoyer à Ahmad Bahaeddine après leur traduction pour leur ajouter un commentaire.

De retour à mon bureau, j’ai commencé à tourner les pages pour découvrir que chaque page portait des remarques écrites avec le crayon bleu que nous connaissions tous. Je me suis alors rendu compte qu’il avait lu chaque page et j’ai compris qu’il s’agissait d’une personne aux qualités exceptionnelles. J’ai attendu que le jeune journaliste me pose d’autres questions, mais il m’a dit : ça y est. Vous avez apporté des réponses à toutes mes questions.

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