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Dernier mot : Divulguer les agent

Mercredi, 20 septembre 2023

D’habitude, les services secrets assurent la protection de leurs agents. Et lorsqu’ils sont arrêtés, ou bien condamnés à l’emprisonnement ou à la peine de mort, ils tentent toujours de les libérer par le biais d’accords d’échange contre des prisonniers de l’autre Etat.

Dans le cas d’Achraf Marwan, divers organes d’Israël ont uni leurs forces pour confirmer à maintes reprises que le gendre de Gamal Abdel-Nasser, et l’un des proches collaborateurs de Sadate, était un espion au service d’Israël. Après avoir fait la propagande de ces informations tout au long des dernières années, un livre est paru en Israël en 2017 titré L’Ange, qui les réaffirme. L’année suivante, le livre s’est transformé en film. Enfin, il y a quelques jours, nous avons été surpris d’un acte sans précédent de la part du Mossad, qui est la publication d’un livre intitulé Un jour où les mots deviennent permis. Dans cet ouvrage, le Mossad a indiqué que Marwan n’était ni le héros revendiqué par l’Etat égyptien, qui l’avait honoré des plus hautes décorations pour les services rendus pendant la guerre d’Octobre, ni un double agent ; mais qu’il travaillait au service d’Israël.

Nous n’avons jamais vu chez un service secret une telle insistance à divulguer ses agents. Ce qui remet en question la véracité de sa version des faits. Le livre attribue à Marwan une influence extraordinaire, affirmant que le courrier du président égyptien passait par son bureau avant d’arriver à Sadate. Marwan était également responsable de la transmission des instructions présidentielles à tous les organes gouvernementaux, et de la remise au président des rapports et des informations de toutes les agences de renseignement.

Marwan était aussi présent à toutes les conférences des chefs d’Etat arabes tenues en Egypte et à toutes les réunions du premier ministre égyptien, et entretenait des relations personnelles avec les secteurs de l’armée. Si cela est vrai, toute information fournie par une personne dans cette position aurait dû être prise au sérieux, mais la défaite infligée à Israël prouve en soi que le récit israélien n’est pas juste. Si les agents d’Israël avaient été aussi forts, il n’aurait pas été surpris par la guerre et aurait évité la défaite qu’il a subie. D’ailleurs, le comité Agranat, formé par Israël après la guerre, a confirmé que le manque d’informations était l’élément décisif de la défaite.

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