Samedi, 13 juillet 2024
Opinion > Dernier Mot >

Dernier mot : Brouille entre Paris et Rome

Mercredi, 13 septembre 2023

L’ancien premier ministre italien Giuliano Amato a fait des déclarations retentissantes qui ont ébranlé les relations entre l’Italie et la France.

Celui-ci a annoncé que c’était la France qui avait fait tomber en Méditerranée en 1980 l’avion italien de l’Itavia qui voyageait entre Bologne et Palerme avec 81 passagers à bord, croyant que l’ancien dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi était dans l’avion. L’ancien premier ministre a déclaré, dans un entretien publié la semaine dernière dans le journal italien La Repubblica, que des ordres avaient été donnés à l’armée de l’air français de tirer un missile sur l’avion civil lors de son vol n° 870.

Amato a également déclaré que c’était son prédécesseur, Bettino Craxi, qui avait informé les autorités italiennes de la présence de Kadhafi à bord de l’avion et qu’un plan avait été élaboré pour frapper l’avion et tuer le dirigeant libyen. A l’époque, le crash de l’avion était demeuré un mystère que l’enquête n’a pas pu élucider, car ni l’épave de l’avion, ni sa boîte noire n’ont été trouvées. Les déclarations d’Amato sont donc les premières explications de la cause du crash de l’avion qui est demeuré un mystère pendant plus de 4 décennies. La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a réagi aux déclarations d’Amato en disant qu’elles devaient être prises au sérieux, appelant l’ancien premier ministre à présenter toutes les preuves dont il dispose. Les relations entre la France et l’Italie s’étaient déjà détériorées au cours de l’été dernier après que le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, avait annulé sa première visite à Paris après les déclarations du ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, critiquant la politique migratoire de l’Italie, alors que Giorgia Meloni avait farouchement critiqué la politique de la France en Afrique et l’exploitation de ses ressources naturelles.  

Cette brouille entre la France et l’Italie coïncide avec l’annonce récente par la Libye de son rejet du représentant italien de l’Union européenne, expliquant qu’elle préfèrerait un représentant de nationalité française. Ceci représente un coup dur pour la politique de rapprochement que suit l’Italie avec les pays d’Afrique du Nord, notamment la Libye, qui dispose d’énormes ressources pétrolières et qui représente la plaque tournante de la migration africaine vers l’Italie. Jusqu’où ira donc la brouille diplomatique entre les deux pays européens ?

Mots clés:
Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique