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Egypte-Inde : La diplomatie du développement

Jeudi, 06 juillet 2023

La première visite du premier ministre indien, Narendra Modi, en Egypte reflète la particularité des relations égypto-indiennes et du partenariat stratégique entre les deux pays, se basant sur des assises solides qui remontent à des décennies.

Les relations égypto-indiennes constituent un modèle important de gestion des relations internationales et diplomatiques basées sur l’exploitation d’une politique étrangère sage, vitale et effective. Et ce, à travers des partenariats économiques variés visant le renforcement du développement de l’Egypte à travers l’attraction des investissements étrangers et l’ouverture de nouveaux horizons face aux produits et articles égyptiens sur les marchés étrangers.

Au niveau économique, les relations entre l’Egypte et l’Inde ont connu un grand essor pendant les dernières années. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint 7,25 milliards de dollars. Les investissements indiens en Egypte dépassent 3 milliards de dollars dans 52 projets qui garantissent 35 000 opportunités d’emploi. L’Inde est la 5e plus grande économie mondiale. Elle a réussi à réaliser un grand essor économique, en particulier dans le secteur de la technologie, de la connaissance et de la programmation. Il est donc possible de profiter de la technologie indienne dans l’industrie technologique en Egypte. L’Inde est également un grand marché pour les produits égyptiens. L’Inde est considérée comme le portail de l’Egypte vers les marchés du centre et de l’ouest de l’Asie. L’Inde soutient par ailleurs l’adhésion de l’Egypte au groupe des BRICS, en plus elle a invité l’Egypte en tant que partenaire principal en dehors du groupe des G20 à son prochain sommet qui sera tenu en Inde en septembre prochain.

L’économie égyptienne est une économie émergente prometteuse qui réalise des taux de croissance élevés malgré les défis et les crises mondiales. De même, l’Egypte constitue un portail important de l’Inde vers le Proche- Orient et l’Afrique en plus de la coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie propre et renouvelable en électricité, énergie solaire et énergie éolienne, et l’élargissement dans l’économie verte et l’hydrogène vert. L’Egypte et l’Inde adoptent la tendance mondiale vers la diminution des émissions carboniques et l’élargissement dans l’économie verte.

Au niveau politique, entre l’Egypte et l’Inde existe une longue histoire d’action commune et de coordination politique en ce qui concerne la défense des causes des pays en développement et des pays du Sud dans le cadre de la stratégie de non-alignement concrétisée en 1955 à travers la Conférence de Bandung, et aujourd’hui à travers le G77. C’est pour cela que le rôle des deux pays est clairement apparu dans les dernières crises mondiales, dont la guerre entre la Russie et l’Ukraine et l’état de polarisation aiguë dans l’ordre mondial entre les superpuissances. Dans ce contexte, l’Egypte et l’Inde ont adopté une politique d’impartialité positive, refusant l’alignement à un côté ou à un autre, et ont opté pour les solutions diplomatiques tout en restant dans le cadre du respect des règles de la loi internationale et de la souveraineté des Etats. Par ailleurs, l’Egypte et l’Inde soutiennent le concept d’un ordre mondial multipolaire qui contribue à renforcer la sécurité et la stabilité mondiales, contrairement à l’ordre mondial unipolaire qui a régi pendant les dernières décennies, menant à l’instabilité et à la militarisation des relations internationales. La coopération entre l’Egypte et l’Inde contribue à renforcer la défense des causes des Etats du Sud, en particulier en ce qui concerne la justice du système économique international et les tentatives de parvenir à une nouvelle charte monétaire mondiale, comme le Sommet pour un nouveau pacte financier récemment tenu à Paris.

En outre, les deux pays s’entendent sur la nécessité de réformer le Conseil de sécurité, que ce soit pour intégrer de nouveaux Etats tels que l’Egypte ou l’Inde, ou bien pour réformer le système du veto, afin que le Conseil de sécurité récupère son rôle effectif dans la sauvegarde de la paix et de la sécurité internationales.

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